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Encore une chute fatale pour Primoz Roglic, le Monsieur Poisse du peloton

Tour de France 2024 : « Une part d’habileté qu’il n’a pas »… Primoz Roglic, le malheureux Monsieur Poisse du peloton

Chute sur le bas-côté !Parti de l’équipe Visma pour pouvoir jouer à fond sa propre carte chez Red Bull BORA-hansgrohe, Primoz Roglic a perdu ses derniers espoirs de monter sur le podium du Tour de France ce jeudi à cause d’une énième chute
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Primoz Roglic est tombé ce jeudi dans le final de la 12e étape du Tour de France.
  • Quatrième du classement général au départ, le champion olympique du contre-la-montre a perdu plus de deux minutes.
  • Venu pour se mêler à la lutte avec Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel, le Slovène a définitivement lâché le bon wagon, encore une fois sur un coup du sort.

Une étape sans relief, mais une addition salée. Impliqué dans une chute à 11 kilomètres de l’arrivée ce jeudi, Primoz Roglic a franchi la ligne avec 2'27'' de retard sur le peloton. Même attendu par ses coéquipiers, le leader de l’équipe Red Bull BORA-hansgrohe, touché à l’épaule, n’a pas réussi à sauver les meubles. Un débours qui acte très certainement la fin de ses derniers espoirs pour le podium du Tour de France. L’ancien sauteur à ski glisse à la sixième place du classement général, à 4'42'' de Tadej Pogacar et à plus de trois minutes du podium.

Foutu terre-plein

La journée aurait pourtant dû se terminer tranquillou, en roue libre dans les cinq derniers kilomètres, où les temps étaient gelés par l’organisation. Et Primoz Roglic y serait arrivé sans le numéro d’équilibriste totalement raté d’Alexey Lutsenko, qui a envoyé une partie du peloton sur le goudron. La faute à pas d’chance… mais peut-être pas complètement. « Je savais qu’il y avait des ''meubles'' au milieu de la route dans les 15 derniers kilomètres, c’était important d’être devant », soulignait Remco Evenepoel. Le Belge s’était placé en conséquence, comme Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Mais pas Roglic, un peu plus en retrait et donc un peu plus exposé à un éventuel incident collectif.

Le Slovène accumule les lignes sur son CV de grand blessé : il était déjà tombé le mois dernier sur le Dauphiné, et en avril sur le Tour du Pays basque. En 2020, il chute et quitte le Dauphiné lors de l’ultime étape alors qu’il portait le maillot jaune. En 2021, il tombe à deux reprises lors de la dernière étape de Paris-Nice, repart avec une épaule luxée et perd logiquement la course alors qu’il était à nouveau en tête du général. Sur le Tour de France, une chute le prive du match retour face à Pogacar en 2021. Bis repetita en 2022, quand il perd toutes ses chances en mordant la poussière lors de l’étape Lille-Arenberg.

« Une part d’habileté qu’il n’a pas »

Une propension à la chute qui attriste autant qu’elle interpelle. « Il est vraiment en forme, je le voyais progresser d’étape en étape. C’est très triste de le voir tomber aujourd’hui. J’espère qu’il va bien », commentait Pogacar, souhaitant à son compatriote de se refaire la cerise et, pourquoi pas, d'aller chercher une étape. « Il tombe quand même régulièrement. Aujourd’hui il n’y est pour rien, mais on sait qu’il a commencé tard le vélo, exposait Jérôme Coppel sur RMC. Il n’est sûrement pas habile comme quelqu’un qui a commencé très tôt, qui est passé par le cyclo-cross ou le VTT. Il y a une grande part de malchance dans beaucoup de ses chutes, mais je pense qu’il y a aussi une part d’habileté qu’il n’a pas. »

Cette 12e étape acte pour de bon ce que l’on sentait venir, à savoir que le vainqueur du Dauphiné étant un cran en dessous des autres « Fantastiques » voués à se partager le podium final. Le Slovène avait déjà frôlé la correctionnelle dimanche sur l’étape des chemins blancs : en difficulté, il avait profité du manque de collaboration de ses rivaux pour ne pas perdre de temps. Mercredi, il est parti à la faute dans une descente et a concédé trente secondes à Remco Evenepoel, son principal rival dans la course à la troisième place… avant d’être reclassé dans le même temps que le Belge grâce à la règle des trois derniers kilomètres.

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Cette fois, rien pour lui sauver les miches, pas même son équipe, globalement décevante depuis le départ de Florence. Son boss Rolf Aldag n’était pas vraiment préoccupé par la course à l’arrivée. « C’était une lourde chute. Le médecin va l’examiner et nous verrons. Le plus important, c’est de savoir comment il se sent et s’il peut continuer ou non. » Il pourra toujours se consoler en allant chercher sa quatrième Vuelta…