Tour de France 2024 : Ayuso, Almeida, Yates… Les UAE de Pogacar encore plus forts que la Visma à son « prime » ?
tyrannie•L’équipe de Tadej Pogacar a mis le peloton au supplice sur les pentes du col du Galibier, dernière ascension de la 4e étape qui menait à Valloire. Un tremplin idéal pour l’envol de Pogi, et une question : UAE est-elle la nouvelle Visma ?William Pereira
L'essentiel
- Tadej Pogacar et son équipe UAE Emirates ont impressionné lors de la 4e étape du Tour de France, remporté en solitaire par le Slovène, qui récupère le maillot jaune.
- L’équipe UAE, comparée aux grandes équipes dominantes du passé, semble supérieure à celle de l’année précédente, de l’avis même des coéquipiers de Pogacar.
- La victoire d’étape de Pogacar, grâce à une attaque explosive dans les derniers mètres, lui redonne confiance en sa supériorité après avoir été accroché par Vingegaard lors de l’étape de dimanche.
C’est une démonstration de force plutôt originale dont João Almeida a fait preuve sur les pentes du col du Galibier à l’occasion de la 4e étape du Tour de France. Alors que la concurrence, en manque d’oxygène, peinait à suivre le train démoniaque imprimé par le Portugais, ce dernier se redressait sur sa selle pour se lancer dans un improbable numéro de gesticulations à l’intention de Juan Ayuso, le numéro 2 des UAE de Tadej Pogacar. Se plaignait-il du manque de participation aux tâches collectives de l’Espagnol ? La réponse restera sans doute dans le bus de l’équipe émiratie. Toujours est-il que pour s’embrouiller à 2.000 m d’altitude pendant 20 secondes sur un vélo, il faut être fort. Très fort. Trop ? C’est un autre débat.
Où situer les UAE – quatre fois présents dans le Top 15 du jour – sur l’échelle des équipes indécentes, en excluant pour des raisons évidentes l’US Postal d’Armstrong mais en comptant les Ineos-Sky de Froome, la Visma de Jonas Vingegaard et donc, les UAE de Pogacar ? Sur le papier, probablement tout là-haut, même s’il y a match avec les Jumbo-Visma de 2022 – Roglic, Kuss, Van Aert, Vingegaard – qui avaient fait péter Pogi sur l’infâme col du Granon. Rappel du casting des équipiers cinq étoiles du champion slovène cette année.
Juan Ayuso : vainqueur du Tour du Pays basque 2024, 2e de Tirreno Adriatico 2024
João Almeida : Double-vainqueur d’étape sur le Tour de Suisse 2024 et 2e du général du Tour de Suisse 2024
Adam Yates : Vainqueur du Tour de Suisse 2024, vainqueur du Tour d’Oman 2024
« On est meilleurs que l’année dernière »
Et ça, c’est sans mentionner les Pavel Sivakov, Nils Politt, Tim Wellens et Marc Soler, premières rampes de lancement d’une machine émiratie réglée comme une horloge suisse. Le premier cité ne cachait pas son enthousiasme au micro de France TV après la victoire de Tadej Pogacar, ce mardi. « C’était une étape qu’on avait cochée, et on a fait ce qu’il fallait. » Ce qu’il fallait étant ici rouler comme des cochons dans le Galibier pour tuer l’échappée puis dégoûter de la vie ceux dont les jambes pesaient trois tonnes, à commencer par le maillot jaune éphémère Richard Carapaz, qui n’aura pas fait long feu.
Et puis tant qu’à faire, mettre un peu Jonas Vingegaard dans le rouge, même si le maillot jaune jurerait le contraire. « Je ne le vois pas comme ça, balaye-t-il sur France 2. On ne doit pas travailler pour le fatiguer, mais on a une bonne marge et on est en super forme, mieux que l’année dernière, je pense que ça se voit. »
Le reste appartient au talent de Tadej Pogacar, qui a attendu la fin de la montée pour produire un effort court mais intense qui sied particulièrement à ses qualités de puncheur, à l’opposé de celles du Danois, qui a cru tenir bon jusqu’à un dernier coup de reins de son rival, et surtout de Remco Evenepoel, le maillot blanc et nouveau dauphin du cyborg. « J’avais des bonnes jambes, mais l’attaque de Tadej était assez sévère, regrette le Belge chez nos confrères de France TV. On connaît ses qualités quand il attaque, c’est toujours explosif. J’ai essayé d’y aller mais je n’ai pas la même vitesse dans les jambes. Jonas non plus. Tadej était meilleur aujourd’hui. »
Pogacar en confiance
En reprenant 35 secondes à tout le monde – 18 de plus grâce aux bonifications – sur la ligne d’arrivée, il s’est également rassuré sur sa supériorité, remise en cause dimanche quand le double-vainqueur sortant avait tenu sa roue dans la côte de San Luca, chose qui n’était plus arrivée depuis le Tour précédent et dont Pogi avait perdu l’habitude sur le Giro où la concurrence ne lui arrivait même pas à la chaussette.
Ne ratez rien du Tour de France 2024« Ça me donne beaucoup de confiance en moi. J’en avais déjà beaucoup, je me disais que je pouvais gagner l’étape et reprendre quelques secondes, mais le faire de cette manière c’est vraiment spécial. Je suis très heureux et motivé pour continuer comme ça sur tout le Tour. » Il pourra compter sur la Lamborghini qui lui sert d’équipe pour arriver à ses fins.


















