Tour de France 2024 : En suivant l’attaque de Pogacar, Vingegaard est-il déjà rentré dans le crâne du Slovène ?
MAILLOT JAUNE•Comme sur le Giro, Tadej Pogacar prend le maillot de leader du général du Tour de France, et ce après seulement deux étapesWilliam Pereira
L'essentiel
- Tadej Pogacar est le nouveau maillot jaune du Tour de France au terme de la 2e étape, remportée par le Français Kévin Vauquelin.
- Jonas Vingegaard a réussi à suivre l’attaque violente de Tadej Pogacar dans la côte de San Luca, et a semé le doute chez son rival qui ne s’attendait pas à voir le Danois en si bonne forme.
- Remco Evenepoel a quant à lui bien réagi après avoir perdu du terrain dans l’attaque du Slovène. Le Belge est dans la même seconde que les deux autres favoris du Tour.
A défaut d’autoriser les conclusions hâtives, la première explication entre leaders de ce Tour de France 2024 dans les derniers mètres de la côte de San Luca a permis de dissiper les doutes sur la forme de Jonas Vingegaard. Plus encore que Tadej Pogacar, à qui le sort taquin a offert le maillot jaune dès la 2e étape comme au Giro quelques semaines en arrière, le Danois était très attendu sur ce départ canon du Tour. Sa terrible chute sur le tour du Pays basque l’avait forcément affectée : un pneumothorax et on ne sait combien d’os fracturés, ça laisse bien des traces. Il faudrait être un surhomme pour se pointer sur une course de trois semaines comme si de rien n’était.
Honte sur nous d’avoir oublié que le leader de la Visma était fait d’un autre bois. Non seulement il a réussi à suivre la violente attaque de Tadej Pogacar lors de la 2e ascension de la côte de San Luca, là où Primoz Roglic craquait et où Remco Evenepoel payait un mauvais placement, mais il a en plus réussi à jouer avec les nerfs de son plus grand rival (en lui refusant notamment certains relais), qui s’attendait à tout sauf à ça.
« Honnêtement, j’aurais préféré partir seul, soufflait le Slovène au micro de France TV. Vingegaard a réussi à prendre ma roue, ça se voit qu’il est en forme, ça va être intéressant. » Pour nous oui. Pour le vainqueur du Giro 2024, un peu moins. C’est que derrière ces paroles, le visage inhabituellement fermé de Pogi semblait trahir une certaine inquiétude, comme si la bonne forme du double-vainqueur sortant n’entrait pas dans ses calculs. S’attendait-il à survoler la Grande boucle comme il a plané sur le Tour d’Italie ? Tout Pogacar qu’il est, c’eut été un poil prétentieux. Au contraire, anticipe-t-il un croisement des courbes entre lui, quoi qu’on en dise usé par trois semaines de Giro et Vingegaard, parti pour monter en puissance ?
Evenepoel 2,5 kg en moins, de la confiance en plus
N’enterrons d’ailleurs pas trop vite la concurrence. « Là on est quatre [dans la même seconde], rappelle Pogi. Primoz sera là dans le Galibier, c’est le spécialiste des courses de trois semaines. Peut-être qu’aujourd’hui il faisait trop chaud mais il ne faut pas le sous-estimer. » Surtout, et s’il a répondu à contretemps, Remco Evenepoel semble dans une bien meilleure forme que sur le Dauphiné. Il a zappé les championnats de Belgique pour remettre une dernière couche d’entraînement et dit avoir perdu deux kilos et demi sur la balance.
Dimanche, le maillot blanc a de son point de vue plus souffert d’une erreur tactique que de l’attaque à proprement parler du favori. « J’étais pas hyper bien placé au pied de la bosse, ensuite il y a eu une petite cassure, commente le Belge au micro de France 2. J’ai dû fermer le trou et quand je suis revenu sur le groupe de tête, Tadej a attaqué. Il fallait que je souffle pour reprendre. Malheureusement, Carapaz ne travaille pas avec moi sinon on serait revenu plus vite. »
Le leader des Quick-Step a encore de la marge. L’enjeu sera pour lui de survivre à la première semaine pour faire parler son diesel. « Je suis content de retrouver ma forme au bon moment. J’espère avoir des bonnes jambes sur la 7e étape [le contre-la-montre de Gevrey-Chambertin], et même sur la 4e. » Celle du Galibier, où Tadej Pogacar serait bien inspiré, s’il en est capable, de prendre une revanche psychologique sur la concurrence.


















