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Jean-René Bernaudeau veut rapatrier Alaphilippe chez TotalEnergies

« Il aimerait notre esprit de famille »... Bernaudeau veut rapatrier Alaphilippe chez TotalEnergies

mercatoLe manager de TotalEnergies, l’équipe française de cyclisme actuellement en difficulté sur le World Tour, aimerait faire de Julian Alaphilippe sa nouvelle tête de pont après Peter Sagan
Nicolas Camus

N.C.

Ce serait dommage de ne pas tenter, après tout. Alors que Julian Alaphilippe est dans le viseur de son patron chez Quick-Step Patrick Lefevere, le manager de l’équipe française TotalEnergies, Jean-René Bernaudeau, lui lance clairement un appel du pied. « Julian a sa place chez nous, il sait qu’il pourrait être notre nouveau Peter Sagan, surtout avec l’arrivée d’une nouvelle vague de jeunes coureurs talentueux, estime le dirigeant dans une interview accordée à L’Equipe. Il aurait cette place de leader, de meneur car c’est un exemple pour beaucoup de gamins. »

Bernaudeau, 67 ans dont plus de 20 passés à diriger une équipe cycliste, sait bien ce dont le coureur français a besoin en ce moment. « Il aimerait notre esprit de famille, assure-t-il. On revendique notre façon de vivre, à l’écart des standards du cyclisme actuel. On vit bien chez nous. »

Jean-René Bernaudeau a longtemps été le manager de Thomas Voeckler chez Bonjour, Brioches La Boulangère, Bouygues Telecom puis Europcar, de 2001 à 2017.
Jean-René Bernaudeau a longtemps été le manager de Thomas Voeckler chez Bonjour, Brioches La Boulangère, Bouygues Telecom puis Europcar, de 2001 à 2017.  - AFP

Suffisant pour convaincre Alaphilippe, dont le contrat se termine en fin de saison ? Tout dépend des aspirations du double champion du monde. TotalEnergies est actuellement en difficulté sur le circuit, naviguant à la frontière du World Tour et de la Deuxième Division à cause de résultats insuffisants.

Le pari Peter Sagan s’est révélé perdant ces deux dernières saisons, la machine à gagner slovaque (triple champion du monde, vainqueur de 12 étapes du Tour de France, de Paris-Roubaix, du Tour des Flandres…) ne levant que deux fois les bras avant de quitter l’équipe cet hiver. « Il nous a beaucoup apporté par son expérience et son mental. Il nous a amené une fierté qui nous manquait peut-être, relève toutefois Bernaudeau. Mais aujourd’hui on voudrait plus se recentrer sur les Français. »

Regagner en visibilité

Non invitée sur les classiques flandriennes, absentes des prochains Tours d’Italie et d’Espagne, la formation vendéenne va devoir d’abord compter sur un sursaut de ses leaders actuels, Anthony Turgis et Pierre Latour, pour amasser des points UCI et regagner en visibilité.

« Je vais peut-être choquer les gens, mais à la limite, le World Tour ne m’intéresse pas, affirme Bernaudeau. Le plus important c’est d’être premier ou deuxième de la deuxième division, c’est-à-dire à la 19e ou 20e place du classement mondial parce que là, on a l’avantage de ne pas être dépendant des invitations des organisateurs, ces deux places permettent d’être qualifiées directement pour les grandes épreuves sans être dans le World Tour. C’est une situation qui est financièrement viable mais là on est 21e, et ça nous coûte cher. »