Tour de Lombardie : « Lui faire boire un peu de bière… » Les fans de Thibaut Pinot en route pour sa dernière danse
CYCLISME•De nombreux supporteurs de Thibaut Pinot font le déplacement jusqu’à Bergame, en Italie, pour la dernière course de la carrière du coureur françaisAdrien Max
L'essentiel
- Le coureur français Thibaut Pinot va disputer la dernière course de sa carrière, ce samedi, sur le tour de Lombardie, en Italie.
- Pour l’occasion, de nombreux supporteurs du Français, dont le Collectif Ultra Pinot, se rendent à Bergame pour honorer sa carrière.
- Ils espèrent reproduire l’ambiance du « virage Pinot », même si cette fois la fête sera un peu plus intimiste.
Après avoir réussi l’exploit de créer le « virage Pinot » dans le col du petit ballon d’Alsace lors du dernier Tour de France 2023, devenu depuis « une attraction touristique », les supporteurs de Thibaut Pinot vont-ils rééditer l’exploit de l’autre côté des Alpes ? C’est en tout cas ce qui se trame à Bergame, dans le nord de l’Italie, où quelques centaines de fans vont se rassembler ce samedi pour la dernière course de la carrière de « Tibopino », sur le Tour de Lombardie.
Comme Paul, qui va parcourir pas moins de 1628 kilomètres depuis Dijon pour rejoindre la Lombardie entre vendredi soir et samedi matin. D’abord en train, avec un ami, de Dijon à Toulouse, avant de filer vers l’Italie en récupérant un cinquième larron du côté de Montpellier et un passage par Grenoble. « Je n’avais pas pu être au virage Pinot, parce que je ne l’ai découvert que la veille. Et comme je suis du sud de la France, c’était trop compliqué. J’étais déçu, mais quand j’ai entendu qu’il y allait avoir un deuxième virage Pinot, j’ai sauté sur l’occasion », explique-t-il.
Une fête plus intimiste
Il s’est empressé de rejoindre le groupe Discord créé pour l’occasion par des membres du CUP, le Collectif Ultra Pinot, à l’origine du virage Pinot pendant le Tour de France, bien aidé par la Fédération Française de la Loose, la fameuse page Twitter. « Il se trame ce qu’on a fait sur le Tour de France, mais en comité plus restreint. On devrait être quelques centaines. On a organisé ça avec RPC [l’équivalent d’ASO en France] qui était ravi qu’on fête Thibaut. Ils nous ont réservé un emplacement en collaboration avec la FDJ, qu’on révélera au dernier moment pour des questions d’organisation », confie Guy-Laurent, l’un des membres fondateurs du CUP.
Et même si le virage Pinot italien ne devrait pas rassembler autant de monde que son homologue français, où plusieurs milliers de fans s’étaient amassés pour le dernier Tour de Thibaut Pinot, Guy-Laurent espère pouvoir compter sur les Italiens. « Ça va être une belle réunion de famille, avec une quinzaine d’anciens coéquipiers, ses potos. On ne sera pas 3.000 ou 4.000 comme au ballon d’Alsace, mais on sera quelques centaines. Et je compte aussi sur les Italiens qui sont tombés amoureux de Thibaut avec ses exploits de 2016, 2017 et 2018. Beaucoup m’appellent », prévient le supporteur.
« Lui faire boire un peu de bière »
En juillet dernier, Guy Laurent « ne s’attendait à rien, on n’avait même pas de réseau, on ne savait même pas qu’il était en tête », avant de « tout se prendre en pleine face » : « J’en ai fait des événements sportifs, j’ai fait 4 ou 5 Coupes du monde. Mais ce moment-là dans le petit ballon, ces 6 secondes durant lesquelles il est devant… ça restera gravé à tout jamais », se remémore-t-il avec émotions.
Ce week-end, il aimerait presque voir Thibaut Pinot se faire lâcher plutôt que de faire l’effort d’arriver en tête où ils l’attendront. « Il n’est pas au top ces derniers temps, donc s’il peut être largué comme Benoît Cosnefroy sur la 14e étape du Tour. Et qu’on lui fasse une fête de fou, comme les potes de Benoit lui ont fait. Avec des fumigènes, porté en triomphe et même lui faire boire un peu de bière, je suis très chaud pour ça », espère Guy Laurent.
« On va retrouver pas mal de potes »
Antoine et Louis, de la FFL, avaient organisé le virage Pinot aux côtés du CUP l’été dernier. Cette fois, ils vont en Lombardie en mode touristes. « On va retrouver pas mal de potes qu’on avait rencontrés sur le virage Pinot. Il va y avoir une bonne ambiance, ça va faire partie de l’histoire. On y va dans cet esprit, retrouver des potes avec moins de pression parce qu’on se greffe au truc, on n’organise rien cette fois. Ce sera peut-être plus calme, je dis ça mais je n’ai pas trop d’infos, et avec le CUP on peut s’attendre à tout », imagine Louis.
Parce que si la figure de Thibaut Pinot draine des milliers de supporteurs le long des routes, elle a aussi fait évoluer la façon de célébrer les coureurs, et les courses cyclistes plus globalement. « Sur le dernier Tour on a vraiment eu cette impression de hype sur les bords de route. Le vélo avait encore un côté ringard il y a cinq ou six ans, il y a maintenant une nouvelle ferveur et on peut faire le lien avec Pinot. Mais pas que. Le virage Pinot est un exemple mais beaucoup de personnes se sont rendu compte que le mieux était de vivre le Tour sur depuis le côté des routes. Ça a amené une nouvelle ferveur et tant mieux. Le vélo est un des seuls sports dans lequel tu peux voir les mecs sans payer », se réjouit Louis.
La fête avant la nostalgie
Si Paul « suit le Tour de France » et « adore Thibaut Pinot », il va engloutir les 1.600 bornes « plus pour l’ambiance que pour Thibaut ». « Je suis un grand fan de foot, je supporte l’OM. On est un peu des ultras, avec cette ambiance beauf, on rigole, c’est les copains, ça m’a tout de suite parlé. J’ai vu qu’ils dormaient tous ensemble, un peu comme dans une tribune de foot. Le concept est marrant, je ne pouvais pas rater ça », compare-t-il.
Et lui aussi estime que cette passion pour Thibaut Pinot a donné un bon coup de jeune au cyclisme : « Avant on voyait le cyclisme pour les vieux, qui font la sieste. Mais là des jeunes reprennent le flambeau, c’est exactement comme dans un stade de foot, surtout les étapes de montagnes, avec le folklore, les déguisements, les rigolades, les jeux de mots », estime celui qui espère que tout le beau petit monde réuni pour la der de Thibaut poursuivra la fête toute la nuit. « Je n’ai pris qu’un sac de couchage, et je n’ai prévu aucun hébergement », prévient-il.
Mais au-delà de la fête qui sera belle de toute évidence, la nostalgie devrait aussi pointer le bout de son nez du côté de la Lombardie. « Je ne l’avais pas jusqu’à il y a un jour ou deux parce que j’étais beaucoup sollicité, avec plein de choses en préparation, et rester en contact avec tout le monde. Là, ça fait 2-3 jours que j’ai cette chamade et cette nostalgie qui montent. Parce qu’après c’est le vide », confie Guy-Laurent. Mais le CUP devrait perdurer, au moins pour les anniversaires. Tout comme cette nouvelle façon de célébrer les cyclistes restera.


















