Coupe du monde 2018: Champs-Elysées à 100 à l'heure, Crillon zappé… Les Bleus ont-ils raté leur célébration du titre?

FOOTBALL C'est la grogne chez les supporters français…

Antoine Huot avec C.Pol.

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Une barrière de la réserve nationale entourait le bus des Bleus
Une barrière de la réserve nationale entourait le bus des Bleus — Bertrand GUAY / AFP

Une aventure merveilleuse, mais un épilogue qui tourne mal. Non, ce n’est pas le résumé du passage d’un candidat de Koh Lanta qui chute lamentablement sur les poteaux à quelques encablures de la fin de l’émission. On parle bien de l’équipe de France de football : cinq semaines de folie en Russie qui débouchent sur le titre suprême, puis des célébrations, lundi, qui viennent tout gâcher.

« Ça y est, on est champion du monde, on a vécu notre Everest. Des années pour y accéder, des galères, de la souffrance, des joies, des larmes. Des années pour y accéder mais quelques secondes pour en redescendre. » Comme les Irrésistibles français, le groupe de supporters qui suit les Bleus un peu partout sur le globe, ils sont des milliers de Tricolores à avoir été déçus par le retour de l’équipe de France dans l’Hexagone.

Un passage express sur les Champs-Elysées, une réception qui s’éternise à l’Elysée, une absence sur le balcon du Crillon, un hôtel place de la Concorde à Paris… Et voilà comment l’euphorie qui régnait en France a laissé place à une certaine déception, voire une petite colère contre les doubles champions du monde.

Pourquoi une descente si rapide des Champs-Elysées ?

Tout le monde se souvient de cette folie ambiante sur la plus belle avenue du monde en 1998. Un bus à impériale qui ne parvient pas à se frayer un chemin au milieu des plus de 600.000 supporters venus sur les Champs fêter ce premier titre mondial. Pas de barrières, pas de policiers à côté du bus… Pendant de longues heures, les 22 Bleus d’Aimé Jacquet prennent un bain de foule et d’amour fou.

Rien à voir avec ce qui s’est passé lundi. Les coéquipiers de Paul Pogba ont descendu les Champs-Elysées « en 17 minutes, à une allure de 6,5 km/h », indique à 20 Minutes la préfecture de police de Paris, dans un couloir imposé par les autorités, avec un bus entouré d’un cordon de six compagnies de la réserve nationale. « Le barriérage et le jalonnement de sécurité ont évité l’envahissement de ce couloir qui aurait empêché la progression du bus, mis en danger la sécurité des joueurs mais aussi celle du public avec le mouvement de foule qui en aurait résulté », ajoute la préfecture.

Alors pourquoi ne pas avoir passé un peu plus de temps sur les Champs, pour partager ce trophée avec les milliers de spectateurs qui étaient venus depuis de nombreuses heures attendre le retour des héros ? « Le retard pris [près de deux heures de retard sur le planning], les impératifs de sécurité, et l’attente beaucoup plus longue que prévue imposée au public », selon la préfecture, pourraient expliquer cette vitesse.

Pourquoi autant de temps à l’Elysée ?

Après la descente des Champs-Elysées, les Bleus ont rejoint directement le palais de l’Elysée où ils ont été reçus par Brigitte et Emmanuel Macron, en compagnie de 3.000 invités dont 1.500 enfants issus des clubs de foot de la région parisienne. Sur le programme, les Bleus devaient arriver vers 18 heures… Avec le retard accumulé, ils ne sont arrivés sur le perron de l’Elysée qu’à 19h40.

Après un discours du président de la République et les quelques facéties de Paul Pogba et Benjamin Mendy dans les jardins présidentiels, tout ce beau monde est entré dans l’Elysée, et y a passé une bonne partie de la soirée. Du coup, le chef de l’Elysée, Guillaume Gomez, a dû préparer le repas pour les champions du monde.

Pourquoi les Bleus ne sont-ils pas allés au Crillon ?

Après leur passage à l’Elysée, les Bleus devaient, en toute vraisemblance, rejoindre l’hôtel du Crillon, place de la Concorde à Paris, pour montrer le trophée au public. Si les supporters s’étaient déplacés en masse devant l’établissement, aucune trace de l’équipe de France restée à l’Elysée. « J’attends qu’on me dise – je n’ai pas d’éléments actuellement – qui, quand, comment, au nom de qui a été annoncé officiellement qu’il y aurait quelque chose au Crillon », a indiqué ce mardi matin Philippe Tournon, le chef de presse des Bleus, sur FranceInfo.

Même son de cloche du côté de la préfecture de police de Paris, qui assure à 20 Minutes que « le dispositif de sécurité mis en place ne comportait en aucun l’hypothèse d’une présentation des joueurs et du trophée au Crillon ». Pourtant, selon nos informations, l’hôtel parisien avait bien prévu de recevoir les Bleus dans la soirée, et tout avait été organisé pour qu’ils puissent venir au balcon présenter le trophée, comme l’équipe de France en 1998.