Coupe du monde 2018: «Il n'y aura pas d'amis», ça y est le duel contre le voisin belge est lancé

FOOTBALL Lucas Hernandez et Raphaël Varane ont longuement évoqué la demi-finale à venir, ce samedi midi...

Nicolas Camus

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Raphaël Varane en conférence de presse à Istra, le 7 juillet 2018.
Raphaël Varane en conférence de presse à Istra, le 7 juillet 2018. — David Vincent/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Istra,

Ça aurait pu être le Brésil et les souvenirs de quelques-uns des plus grands matchs de l’histoire de l’équipe de France en Coupe du monde. Ce sera la Belgique, ce si proche voisin qu’on a longtemps pris de haut et qui déboule totalement décomplexée. Cette demi-finale s’annonce très ouverte, et elle va venir très vite. Au lendemain de leur qualification, les Bleus sont déjà dedans. « On a un peu profité à la fin du match hier [vendredi], mais on sait que ça va être beaucoup plus court qu’après l’Argentine, dit Lucas Hernandez, sur le pont à peine rentré à Istra pour la conférence de presse du jour. Là, on y pense déjà, ça va être un match très difficile. »

« On est voisins, on s’aime bien, mais sur le terrain ce sera autre chose »

Cette rencontre aura des airs de derby, avec tout ce que cela comporte. « On est voisins, on s’aime bien, mais sur le terrain ce sera autre chose, dit le Nordiste Raphaël Varane, également venu devant les médias au lendemain de son but si important. Il y a un rapport affectif, quand j’étais petit j’ai fait des tournois en Belgique, j’ai des amis qui viennent de là-bas aussi. C’est particulier, mais pas plus que ça non plus. De toute façon, en Coupe du monde, il n’y a pas d’amis. Il va falloir rester concentrés sur nos objectifs, faire abstraction du contexte, se focaliser sur ce qu’on doit faire. »

« C’est vrai que c’est toujours bizarre de jouer contre des gens qu’on connaît bien, ajoute Hernandez. On n’est pas habitués à voir l’autre dans l’équipe d’en face, mais il n’y aura pas de cadeau bien sûr, chacun va défendre son pays pendant 90 minutes, ou plus si besoin. » L’avantage en tout cas, c’est que ces joueurs belges, les Français les connaissent très bien. « C’est une très grande sélection, avec de belles individualités, comme Hazard ou Lukaku, observe le latéral gauche des Bleus. Il va falloir être très attentif défensivement car ils se projettent très vite. Ça ne va pas être facile, mais pour eux non plus ça ne va pas être facile. »

« Il n’y a pas de favori dans une demi-finale »

L’équipe de France, qui a montré dans cette compétition qu’elle était capable de serrer les dents en défense comme de profiter de son talent offensif, se présente avec de bonnes références. Lucas Hernandez n’a pas manqué de le rappeler aux journalistes belges présents à Istra, qui laissaient entendre que la Belgique arrivait peut-être, pour une fois, en position de favori. « Pas du tout, coupe-t-il. C’est du 50-50. Il n’y a pas de favori dans une demi-finale. » Et quand il a été relancé sur la menace Eden Hazard, sa réponse a été savoureuse. On essaye de vous retranscrire ça :

- Il va falloir être hyper concentrés face à lui. Bon, on a déjà éliminé le meilleur joueur du monde en huitièmes [Messi], il a pas touché un ballon…

- Rires qui se lèvent dans la salle

- Nan mais c’est la vérité !

- Eclats de rire

- Bon, on va tout faire pour que lui aussi touche le moins de ballons possible.

Ah, on l’aime bien, ce Lucas. Interrogé lui aussi sur le capitaine et leader de la Belgique, Raphaël Varane a été plus linéaire. « Il a un immense talent, qu’il est en train d’exploiter au maximum. C’est un très bon dribbleur, très vif, très rapide. Pour le contrer, il n’y a pas de solution miracle, il faudra lui laisser très peu d’espaces, et essayer de couper les connexions des autres joueurs avec lui. Ce sera un travail collectif. »

Rendez-vous mardi à Saint-Pétersbourg pour cet indécis duel. « Il va falloir sortir une grosse performance pour arriver en finale », résume le vice-capitaine des Bleus. Ce n’est que dans trois jours, mais là tout de suite ça semble encore très (trop) loin.