Coupe du monde 2018: «C’est pas un arrêt, c’est presque un but», la parade magique de Lloris a tout changé

FOOTBALL Le gardien tricolore a sorti une tête de Caceres qui paraissait impossible à aller chercher à 1-0…

Julien Laloye

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Hugo Lloris est en train de nous sauver la mise à cet instant précis.
Hugo Lloris est en train de nous sauver la mise à cet instant précis. — Johannes EISELE / AFP

De notre envoyé spécial à Nizhny Novgorod,

C’était une petite musique lancinante qui commençait à s’installer à l’oreille des suiveurs et des supporters. Lloris, un gardien somme toute moyen qui ne sortirait jamais les Bleus du pétrin. Lloris, un gardien infoutu de plonger du bon côté sur les penaltys. Lloris, un gardien qui n’a jamais sorti un arrêt décisif en dix ans d’équipe nationale. Peu importe ce que soit un ramassis de bêtises (son arrêt en ouverture de l’Euro 2016 contre la Roumanie, son match énorme contre l’Allemagne en demie), c’était l’image qu’on voulait bien croquer du capitaine de l’équipe de France.

Le plus bel arrêt de sa carrière internationale ?

Espérons désormais qu’on nous joue un autre air de violon. On serait peut-être à chialer après les tirs au but si Lloris n’avait pas sorti une horizontale MONSTRUEUSE sur une tête de Caceres que tout le monde avait vu au fond juste avant la mi-temps. Mbappé en rigole encore : « Je suis limite en train d’aller chercher le ballon [pour aller donner le coup d’envoi à 1-1], franchement c’est impressionnant cette parade ». Il faut aller voir chez les autres pour les adjectifs dithyrambiques. Loris ramène toujours les exploits individuels au groupe, et c’est tout à son honneur de ne pas tirer la couverture à lui par facilité. Voilà donc ce qu’on a réussi à tirer du bonhomme en s’y prenant à plusieurs.

« C’est un fait de jeu déterminant. A partir du moment où on avait pris l’avantage, il fallait le garder avant la mi-temps. C’est bien, j’ai pu prendre le bon appui au bon moment, et me relever vite pour gêner celui qui arrivait sur le deuxième ballon. J’ai pu faire cet arrêt qui permet à l’équipe d’arriver à ce résultat final. C’est très bien sur le plan personnel, mais surtout sur le plan collectif ».

Extraordinaire. Lloris nous apprend en fait que le plus dur dans l’action, c’était de se relever assez vite pour forcer Godin à envoyer une chiche dans la Volga. Une sorte de double arrête décisif, donc. Deschamps : « A part le superbe arrêt de Hugo Lloris - ce n’est pas un arrêt, c’est presque un but - l’Uruguay n’a pas une occasion dans le jeu ». Pas plus ? Puisqu’on ne se résout pas à ne pas accorder à Lloris la lumière qu’il se refuse, on lance tout le monde sur le thème. Intéressant d’écouter Griezmann : « Ca me rappelle un peu l’arrête qu’il fait en demie [contre l’Allemagne], quand il va la chercher en bas. C’est un grand gardien, voilà, il a peu de choses à faire mais à chaque fois il répond présent ».

« Il restera dans l’histoire du foot français »

On saisit au vol. Si les fans des Bleus ont la mémoire courte, les joueurs savent reconnaître le talent avant tout. Celui de Lloris est unanimement reconnu en interne, la preuve, tous les mecs peuvent se rappeler d’une parade qui date de deux ans. Ecoutez Mbappé pour les lauriers définitifs : « C’est un gardien qui restera dans l’histoire du foot français ». Barthez est encore loin devant ? C’est une affaire de deux matchs.