Coupe du monde 2018: A nous le dernier carré! Les Bleus ont joué le match parfait face à l'Uruguay

FOOTBALL L'équipe de France s'est imposée en se montrant très solide face à l'Uruguay...

Nicolas Camus

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La joie des Bleus après le but de Varane lors de France-Uruguay, le 6 juillet 2018.
La joie des Bleus après le but de Varane lors de France-Uruguay, le 6 juillet 2018. — Dimitar DILKOFF / AFP

De notre envoyé spécial à Nijni Novgorod,

Un immense bonheur, au moins aussi grand que le combat livré pour passer ces quarts. L’équipe de France est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde, après sa victoire contre l’Uruguay vendredi (2-0). Dans un match âpre, fermé comme on s’y attendait, aux antipodes des grands défilés dans les boulevards laissés par les Argentins en huitièmes de finale, les Bleus ont su répondre au défi et marquer quand il le fallait, par Varane puis Griezmann. Oh que c’est bon !

On va le dire tout de suite, parce que c’est une donnée importante. L’absence de Cavani a pesé lourd pour l’Uruguay, amputée de la moitié de son potentiel offensif. Si ce n’est plus. On ne sait pas bien sûr ce qu’il en aurait été avec le buteur du PSG sur la pelouse, mais en tout cas sur ce match la défense française a été relativement tranquille. Elle a concédé un peu trop de fautes dans ses 30 mètres en première période, ce qui a offert aux Uruguayens les seules munitions qu’ils pouvaient espérer. Heureusement, ils n’en ont pas profité. Et on saluera ici l’énorme parade réalisée par Hugo Lloris  juste avant la pause sur une tête de Caceres (44e). Le gardien français, qui confirme sa très grande forme, est allé chercher un ballon impossible pour laisser son équipe devant, assurément un tournant de ce match.

Avant ça, la France avait plutôt bien commencé, mais s’était ensuite enlisée peu à peu. Contre ce genre d’équipe, il faut être très juste techniquement dans les petits espaces. Et Griezmann, notamment, ne l’a pas été assez. Toutes les actions ont avorté aux abords de la surface uruguayenne, la faute à une déviation pas dans le bon tempo ou pas dans la bonne direction. Ce n’est pas la faute de Mbappé, qui a rendu fou son adversaire direct Laxalt et même tous les autres autour à chaque prise de balle. Sa vitesse d’exécution est un véritable délice, à savourer sans modération. Enfin, quand on est Français.

Ça n’a toutefois pas suffi à débloquer la rencontre. Les Bleus ont alors fait ce que les grandes équipes savent faire quand il faut : marquer sur coup de pied arrêté. Ce coup de tête de Varane, sur un coup franc de Griezmann, on s’en souviendra longtemps (40e). Le défenseur du Real aussi, lui à qui on parlait encore quatre ans après de son duel perdu face à Hummels en quart de finale au Brésil. Il a choisi le moment parfait pour prendre sa revanche.

En tête à la pause, les Bleus avaient fait le plus dur. On ne voyait pas bien, en effet, comment ils allaient réussir à prendre un but avec N’Golo Kanté au milieu. Ce sacré petit bonhomme a encore été immense, explosant en première période le record du nombre de ballons interceptés sur ce Mondial (15). Toujours en mouvement, toujours sur la trajectoire du ballon lors des contres adverses sans qu’on sache comment, il a le don de faire respirer tout le monde quand l’air commence à se faire rare.

Bien dans leur match, les Bleus ont ensuite fait le break par Griezmann, qui n’a pas fait un grand match mais dont la frappe de 20 mètres a priori sans danger a poussé Muslera à commettre une énorme cagade (61e). Dommage pour lui, tant mieux pour la France, qui a ensuite pu gérer ça à l’ancienne. Pogba ​aurait pu prendre un carton qui l’aurait privé de la demi-finale mais s’est arrêté juste à temps, alors qu’une échauffourée avait éclaté autour de Mbappé. Au final, tout le monde sera bien là mardi, et il faudra bien ça pour faire face au Brésil ou à la Belgique.

Ce match à Saint-Pétersbourg, on a déjà hâte d’y être. Mais savourons tout de même un peu. Cette équipe de France n’a peut-être pas d’identité de jeu forte, mais elle est sans doute la meilleure dans sa capacité d’adaptation. Brillante pour profiter des grands espaces laissés par l’Argentine, impeccable dans le combat pour se défaire de la rugueuse Uruguay, qu’elle a battu à son propre jeu, elle trace sa route. C’est ça son style, avec des talents à tous les coins du terrain pour mettre tout ça en musique. Les demies sont là, et tous les rêves sont possibles.