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Coupe du monde 2018: Préparez-vous, la hype Lucas Hernandez est en train de monter
FOOTBALL•Roublard, hargneux, le latéral gauche a un côté tête brûlée qui le rend unique en équipe de France...Nicolas Camus
De notre envoyé spécial à Istra,
Ça semble être un cliché un peu couillon, mais dans le cas de Lucas Hernandez, ça saute tellement aux yeux que c’est compliqué de commencer autrement. Ce joueur est tout plein de fraîcheur. Et présente un côté très atypique dans cette équipe de France. Après deux semaines de conférences de presse à Clairefontaine et une autre à Istra, on commence à savoir quand on a vécu un moment qui ne ressemble pas aux autres. C’était le cas ce dimanche matin avec le latéral gauche des Bleus, dans la continuité de l’impression laissée face à l’Australie, où il a été l’un des rares novices à faire son match.
On s’explique. Ce côté « frais », on pourrait dire ça de Mbappé aussi. Sauf que ce n’est pas du tout la même chose. Le Parisien est plaisant à écouter parler, mais il tout en maîtrise. Il a une capacité bluffante à faire passer des messages sans jamais aller trop loin, comme s’il avait été programmé depuis sa naissance à répondre à des journalistes pendant une Coupe du monde. Hernandez, 22 ans, débarque de nulle part dans cette équipe, a grandi loin de la France et des regards puisqu’il vit en Espagne depuis l’âge de 6 ans. Il ne ressemble à personne dans cette équipe, et n’en a pas les codes.
Exemple en conf, tout à l’heure. Lucas répond aux questions, en toute décontraction. Et lâche des infos sans s’en rendre compte, quand les autres font semblant de ne pas avoir compris. On apprend que Giroud était encore gêné par son coup reçu à la tête, alors qu’il était officiellement « apte » selon le sélectionneur. Il n’hésite pas à dire que le 4-3-3 est compliqué à gérer pour les latéraux, alors qu’officiellement « on n’a pas à s’inquiéter tout va bien on bosse ». Le tout avec un accent qui nous fait dire que quand il lâche des jurons, ça ne doit pas être en français.
Gratter des fautes ? « Ça fait partie de moi »
On a aussi aimé sa réponse cash, l’œil filou, à une question sur sa manière de gratter des fautes contre l’Australie. « Ouais, y’a eu des moments ou j’ai exagéré un peu. Ça fait partie du jeu et du spectacle. Ça fait partie de moi, aussi. Je suis habitué à faire ça quand on mène, ça permet à moi et à l’équipe de souffler, de gagner un peu de temps ».
On sent que les sifflets des supporters australiens à son encontre lui ont fait plaisir, dans le fond. Et c’est là qu’il est unique dans cette équipe. On se faisait la réflexion samedi après le match. Cette hargne, cette roublardise, ce côté tête brûlée… En fait, il est tout ce qu’on aime détester chez les défenseurs espagnols. Il assume complètement.
« Ça, c’est moi. J’ai toujours eu ça. Ça fait 11 ans que je suis à l’Atlético, on m’a appris ça. Et je suis avec Diego Simeone depuis 4 ans, il a encore amélioré ce point. Je ne vais jamais rien lâcher dans un match. Quand je rentre sur le terrain, je sais quel est mon objectif. Je suis un joueur très agressif, en Coupe du monde ou en amical contre une équipe de National, pour moi c’est pareil. »
Un profil qui le rend indispensable ? On n’en est pas encore là, mais en tout cas on voit très bien pourquoi il plaît tant à Deschamps, qui l’a appelé pour la première fois en mars à la surprise générale. « Beaucoup de Français ne me connaissaient pas, et vous non plus. C’est normal. Petit à petit, vous allez me connaître mieux », assure le joueur. On espère ne pas s’être trompé sur ces premières impressions.


















