Coupe du monde 2018: «L’Uruguay va gagner, c’est sûr»… Pour Mauro Goicoechea (TFC), la Céleste va mater la France

INTERVIEW Le gardien uruguayen du Toulouse Football Club n’a pas de doute sur l’issue du premier quart de finale de la Coupe du monde russe entre son pays et la France, ce vendredi…

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Le gardien uruguayen Mauro Goicoechea avec Edinson Cavani lors de la Coupe du monde U20 au Canada, en 2007.
Le gardien uruguayen Mauro Goicoechea avec Edinson Cavani lors de la Coupe du monde U20 au Canada, en 2007. — M.-J. Sanchez / AP / Sipa
  • Mauro Goicoechea a côtoyé Edinson Cavani et Luis Suarez avec les moins de 20 ans de l’Uruguay.
  • Le second gardien du TFC voit une victoire de son pays 2-1 avant, peut-être, un troisième titre mondial.

Un grand sourire, du début à la fin de l’entretien. Jeudi après-midi dans les entrailles du Stadium de Toulouse, Mauro Goicoechea s’est penché avec plaisir sur le France – Uruguay qui se profile en quart de finale de la Coupe du monde russe.

Arrivé au TFC en 2015, le second gardien des Violets (30 ans) n’a jamais joué avec la Céleste. Mais l’ancien portier de l’AS Rome, formé comme Edinson Cavani au Danubio de Montevideo, a évolué avec le Parisien et Luis Suarez chez les moins de 20 ans. Et l’Uruguayen se montre résolument confiant pour son pays, avant ce qu’il annonce, à contre-courant, comme « un très joli match ».

Mauro Goicoechea aujourd'hui. Il a davantage changé que Cavani.
Mauro Goicoechea aujourd'hui. Il a davantage changé que Cavani. - N. Stival / 20 Minutes

Avant ce quart de finale, y a-t-il du chambrage entre vous et vos coéquipiers toulousains ?

On rigole un peu, mais il y a beaucoup de respect. Bon, bien sûr, il y a des mecs qui disent que la France va gagner, alors que c’est l’Uruguay qui va l’emporter (sourire).

Si Cavani n’est pas rétabli, c’est un souci pour la Céleste tout de même…

Oui bien sûr. C’est l’un des plus grands joueurs uruguayens. Mais la sélection, ce n’est pas que Cavani. Il est très, très important, mais on a de très bons attaquants qui peuvent évoluer à sa place, comme (Christian) Stuani.

Chez les U20, Cavani et Suarez étaient déjà au-dessus ?

Oui. A cette époque, ils étaient déjà partis en Europe, Cavani à Palerme et Suarez à Groningue (Pays-Bas). On voyait qu’ils allaient devenir de grands joueurs.

Peut-on parler de leaders à leur sujet ?

Cavani, c’est un mec qui ne parle pas trop, même sur le terrain. Mais il court et travaille beaucoup pour l’équipe. Dans son attitude, c’est un grand leader. Suarez parle peut-être un peu plus mais pas trop non plus. Il est davantage blagueur également.

Fernando Muslera à l'entraînement, jeudi à Nijni Novgorod.
Fernando Muslera à l'entraînement, jeudi à Nijni Novgorod. - P.-D. Josek / AP / Sipa

On ne parle pas trop du gardien Fernando Muslera, pourtant inamovible à Galatasaray comme en sélection depuis des années…

On parle peu de lui, c’est vrai, mais il fait très bien ce qu’il a à faire. Il donne de la sécurité à l’équipe. Il dispute sa troisième Coupe du monde, il est expérimenté. Il est arrivé jeune en sélection, quand l’Uruguay se cherchait un gardien. Il a pris la place et depuis, il fait son travail.

On insiste souvent sur le duo d’attaque et la défense de la Céleste. Mais quelles sont les forces de la sélection selon vous ?

Le point fort, c’est la solidarité de l’équipe. Les joueurs travaillent ensemble tout le temps. Ils courent ensemble, ils défendent ensemble…

C’est ça, la fameuse « garra charrua » ?

On en parle beaucoup ces temps-ci. Dans notre histoire, on a toujours fait des résultats que personne ne nous voyait réussir. A chaque compétition, l’Uruguay est une équipe solide, qui lutte tout le temps. Nous sommes un pays de trois millions d’habitants… Le foot, c’est très important pour nous. Actuellement, c’est le Mondial, tout le monde regarde. Mais je me souviens, quand je suis parti en Europe et qu’on me demandait d’où je venais, je répondais « Uruguay » et on me disait « c’est où ? ». C’est un petit pays à côté de grands.

Avec un gros palmarès aussi, comme le prouvent les quatre étoiles sur le maillot…

Ce n’est pas seulement ça. L’Uruguay, c’est la sélection qui a gagné le plus de Copa América (15). C’est énorme, quand tu penses qu’il y a l’Argentine ou le Brésil à côté.

Vous les voyez champions du monde, comme en 1930 et 1950 ?

Oui, pourquoi pas ?

Et pour demain, quel résultat ?

2-1 ou 1-0 pour l’Uruguay… Bon, je vais dire 2-1 car la France a de grands joueurs et va peut-être marquer. Mais l’Uruguay va gagner, c’est sûr.

Mauro Goicoechea lors d'un match amical du TFC contre la Real Sociedad à Saint-Jean-de-Luz, le 25 juillet 2015.
Mauro Goicoechea lors d'un match amical du TFC contre la Real Sociedad à Saint-Jean-de-Luz, le 25 juillet 2015. - N. Tucat / AFP

Un petit mot sur vous, pour terminer. Le TFC a engagé Baptiste Reynet pour remplacer Alban Lafont (parti à la Fiorentina) comme gardien titulaire. Quelle est votre situation ?

Il me reste un an de contrat. On va travailler et voir ce qu’il se passe. Chaque année, je veux jouer et je bosse pour ça. Après, c’est au coach (Alain Casanova) de décider. Quand je suis arrivé, c’était pour jouer. Cela n’a pas été trop le cas. Je dois montrer que je suis prêt.