Coupe du monde 2018: Vous devriez le savoir, on n'en a jamais fini avec Olivier Giroud

FOOTBALL L’avant-centre des Bleus devrait être titulaire contre le Pérou, après avoir démarré le Mondial sur le banc…

Nicolas Camus

— 

Et ouais les mecs, va falloir finir par s'y faire.
Et ouais les mecs, va falloir finir par s'y faire. — Touchstone / AFP / Montage
  • L'équipe de France affronte le Pérou jeudi pour son deuxième match dans la Coupe du monde.
  • Remplaçant face à l'Australie, Olivier Giroud devrait faire son retour à la pointe de l'attaque.
  • L'histoire est un éternel recommencement avec l'avant-centre des Bleus, toujours décrié, souvent remplacé, mais finalement toujours indispensable à cette équipe. 

De notre envoyé spécial à Iekaterinbourg,

On n’en est plus aux sifflets et aux pancartes de gosses réclamant sa blessure comme avant l’Euro, et heureusement. Mais il reste toujours avec Olivier Giroud un petit quelque chose de doute/circonspection/agacement, vous rayerez les mentions inutiles. Quand Didier Deschamps l’a mis sur le banc face à l’Australie, la plèbe a sauté au plafond. Mais DD est un génie. Elle voulait voir Dembélé avec Mbappé et Griezmann dans un match qui compte, elle a vu. Ça n’a pas fonctionné, il va maintenant pouvoir remettre son numéro 9 titulaire pendant toute la compétition sans que personne n’y trouve à redire. Et ça commence contre le Pérou, jeudi.

On ne pense pas sérieusement que le sélectionneur aille jusque-là dans ses réflexions, mais la tournure des événements doit bien le faire sourire quand même. « Olivier, quand il joue, c’est dans son registre, qui n’est pas le même que celui des autres », a-t-il encore dit mercredi. Sous-entendu, il fait moins de passements de jambes et d’exter’ du pied que les petits jeunes d’à côté, et vous adorez le souligner. « Quand il n’est pas là, on se rend compte encore plus de son utilité ». « On l’a senti. Son entrée a fait du bien », a même débriefé le très honnête Lucas Hernandez après l’Australie.

"Je te l'avais déjà faite avant, c'est ça ?" - Kirill KUDRYAVTSEV / AFP / Montage

Voilà résumée l’histoire du Grenoblois sous le maillot bleu, longue depuis près de sept ans maintenant. Elle a bien sûr été marquée par le long épisode Benzema. Une partie du public lui a fait payer la mise à l’écart du Madrilène, comme si c’était lui qui avait tourné la fameuse sextape. Au moins autant de monde estime qu’il n’a pas le niveau pour être l’avant-centre titulaire des Bleus. Ni le style. Ou les deux à la fois.

L’intéressé le sait très bien. Avant le départ en Russie, il s’était confié sur son cas personnel. « Ça m’a suivi tout au long de ma carrière. C’est mon destin. Quelque part, c’est comme ça, philosophait-il depuis Clairefontaine. Je m’en suis bien servi, je me suis nourri de tout ça pour grandir. Aujourd’hui, ma force de caractère est liée à toutes ces péripéties. »

On peut lui reconnaître ça, c’est sûr. Pendant qu’on le critiquait, lui plantait. Avec son 31e but en Bleu, inscrit fin mai contre l’Irlande, il a égalé Zidane et pourrait bientôt dépasser Trezeguet (34) pour s’installer sur le podium, derrière Platini (41) et Henry (51). Depuis l’Euro, il a scoré 11 fois, et sans sa caboche ou sa patte gauche qui traîne, on ne serait peut-être en Russie à parler de tout ça. On ne connaît pas le fond de sa pensée, mais jamais il n’a publiquement estimé que c’était « une revanche » sur qui ou quoi que ce soit. Giroud en introspection, deuxième :

Dans la vie d’un sportif de haut niveau, ces moments difficiles sont importants. Ils vous font soit évoluer et passer un cap, soit baisser la tête. Moi j’ai décidé d’accueillir ça comme un défi, un challenge. Je m’en suis servi pour m’améliorer, et j’ai toujours gardé la tête haute.

A 31 ans, il fait partie des tauliers. Les jeunes louent son état d’esprit, ses discours tournés vers le collectif et la prise de responsabilité. Même quand il n’est pas sur le terrain. De toute façon, quand c’est le cas, ça ne dure jamais bien longtemps. Les Bleus bafouillent sans lui, sans qu’on sache vraiment si c’est une coïncidence ou pas du tout.

Lui semble avoir la réponse. En zone mixte après le match contre l’Irlande fin mai, on écoutait d’une oreille sa réponse à une question sur son transfert à Chelsea quand la révélation est apparue. « J’ai toujours pensé, moi qui suis très croyant, que j’avais une bonne étoile au-dessus de ma tête », a-t-il glissé. On ne s’y attendait pas, à ce moment-là. Et puis on s’est dit que ça collait pas mal à Olivier Giroud.