Coupe du monde 2018: On n’a pas été bons contre l'Australie, ok, maintenant qu’est-ce qu’on fait?

FOOTBALL Il y a mille et une petites choses à améliorer dans cette équipe de France... 

Nicolas Camus

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Faites sortir Olivier Giroud par la porte, il reviendra par la fenêtre.
Faites sortir Olivier Giroud par la porte, il reviendra par la fenêtre. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP / Montage

L'équipe de France a gagné sans convaincre contre l'Australie, c'est peu de le dire.

Elle cherche toujours des repères collectifs, après les nombreux changements de ces derniers mois.

Didier Deschamps a trois jours avant le prochain match face au Pérou pour apporter des ajustements à son équipe.

De notre envoyé spécial à Istra,

Parce que ça ne fait jamais de mal de placer le mot litote au début d’un article, commençons par là. L’équipe de France n’a pas fait un grand match contre l’Australie (2-1), samedi. On attendait les Bleus joueurs, faisant valser une défense qu’ils savaient d’avance hargneuse mais pataude grâce au trio Greizmann-Mbappé-Dembélé. « Frissons garantis », pensait-on. On a plutôt eu la frousse.

Les Bleus en ont conscience, sans non plus en avoir fait des cauchemars toute la nuit. « C’était un premier match », qu’ils nous ont tous dit. C’est vrai, et il n’est pas question d’en tirer des conclusions pour la suite. On peut en revanche se demander ce qu’il faut changer pour retrouver de l’allant et ressembler à une vraie équipe, jeudi, face au Pérou.

Qu’est-ce qu’il a manqué à Kazan, d’abord ?

  • « Du liant, pour Deschamps. Ce qui est important, ce sont les transmissions rapides, les prises de balle, les courses, et là-dessus, ça a été compliqué »
  • « Plus d’envie et d’agressivité », pour Matuidi
  • « On doit faire beaucoup mieux dans la maîtrise et le pressing », pour Lloris
  • « Ça s’est vu qu’on hésitait entre aller les chercher ou rester derrière, du coup on laissait des trous au milieu », pour Hernandez

« Le talent, on l’a. On doit progresser sur le mental, le collectif, le mouvement », résume Paul Pogba, venu travailler son leadership en zone mixte après la rencontre. Vaste chantier, tout de même, alors que la Coupe du monde a commencé. On aurait aimé être un peu plus avancé dès l’entame, mais il faut faire avec ce qu’on a : une équipe qui a beaucoup bougé ces derniers mois, et organisée différemment depuis le début de la préparation.

C’est tout ça qu’il faut désormais assimiler. Ce qui ressortait des réactions des joueurs après la rencontre, c’était principalement le manque de repères collectifs. « Quand on a onze joueurs sur le terrain qui pensent le même football, ça favorise le jeu et la performance », avance Hugo Lloris, sous-entendant que ce n’était pas le cas.

Dimanche matin, avec un peu de recul, on a demandé à Lucas Hernandez ce qu’il fallait bosser avant le Pérou. « La communication, a-t-il répondu. Les anciens, comme Raph [Varane], Paul [Pogba] ou Antoine [Griezmann] vont nous apprendre à mieux nous parler sur le terrain. S’il faut aller chercher haut, c’est tout le monde, pas que les attaquants. Il faut faire choses ensemble, que tout le monde voit qu’on est une équipe. »

Giroud ? « Quand il n’est pas là, on le sent »

Ce n’est pas un hasard si c’est le reproche fait à ces Bleus par les glorieux anciens qui donnent leur avis sur la Coupe du monde, comme Xabi Alonso. Pour remettre un peu d’ordre, Deschamps pourrait être tenté de ressortir les grognards du banc. On pense à Giroud à Matuidi, évidemment, qu’on voit bien suppléer Dembélé et Tolisso d'entrée de jeu, cette fois. Ils semblaient d’ailleurs les deux plus impliqués lors du petit match d’entraînement de dimanche après-midi, disputé au petit trot entre les remplaçants du premier match et l’équipe des moins de 19 ans du Spartak Moscou.

Giroud crève d’envie, ça saute aux yeux. DD pourrait revenir à une animation autour de lui qui a fait ses preuves. « C’est un joueur très important, quand il n’est pas là on le sent », estime Hernandez. « C’est un buteur, et puis il est toujours là à parler pour tirer groupe vers le haut, rappeler combien c’est une fierté de jouer une Coupe du monde, ajoute N’Golo Kanté. Mais peu importe le système ou les joueurs, c’est ce qu’on met nous sur le terrain qui est important. » Un Griezmann plus en jambes et un Mbappé plus inspirés aideraient aussi, c'est vrai. 

Lundi, les Bleus vont débriefer le match de samedi dans le détail. Et commencer à préparer celui qui arrive. Une victoire les qualifierait ou presque, selon le résultat du Danemark face à l’Australie. C’est là l’essentiel, mais avec un petit truc en plus qui ferait dire qu’on avance, ce serait encore mieux. « Il faut construire la confiance et la dynamique », annonce Lloris.