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La Russie va-t-elle aussi succomber au clapping islandais?

Coupe du monde 2018: Après la France à l’Euro, la Russie va-t-elle aussi succomber au clapping islandais? (pitié, non)

FOOTBALLLa surprise du dernier Euro entame sa Coupe du monde avec moins de supporters mais encore plus de certitudes contre l’Argentine…
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial à Moscou,

Toujours amusant de voir les collègues arriver sur le même sujet avec deux ans de retard. Conférence de presse des Islandais à la veille de leur entrée en lice contre l’Argentine au Spartak Stadium. Pour une fois, on est en avance, et on a l’impression de s’être trompés d’endroit. Salle pleine à craquer et regards empamoisonnés de l’assistance (oui, on réinvente la langue française). Question d’un confrère de Radio Caracol, Colombie. On a retenu le nom parce que c’est chez eux qu’on allait piocher les infos au moment du crash de l’avion des joueurs de Chapecoense.

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« L’Islande est l’équipe qu’il faut aimer »

Bref, la question. Enfin plutôt la courbette. « Bonjour, je voulais d’abord vous dire bravo pour ce que vous avez déjà réalisé et ajouté que vous avez conquis beaucoup de supporters avec votre parcours à l’Euro. Beaucoup de Colombiens seront derrière vous, et pas juste parce que c’est l’Argentine ». Sourire complice du sélectionneur islandais qui comprend qu’il va jouer sur du velours.

« On ressent l’amour de tout le monde. Je pense que les gens aiment qu’un pays avec aussi peu d’habitants puissent aller au Mondial. Qu’il y ait autant de journalistes ici, ça veut bien dire que l’Islande est l’équipe qu’il faut aimer. Je comprends, on n’a jamais été en guerre avec qui que ce soit, et en plus nos filles sont très jolies ». »

Allez hop, une blague un peu lourdaude pour enrober le paquet cadeaux qu’on connaît par cœur. L’Islande, ses 350.000 habitants, son président de la République next door qui vient au match en maillot et en virage, ses 100 joueurs professionnels qui se battent en duel pour faire d’un pays de volcan un quart de finaliste de championnat d’Europe, puis participant à la Coupe du monde. Heimir Hallgrimsson, qui n’était qu’adjoint en France, enfin adjoint ++, est désormais le seul maître à bord. Il a encore mastérisé le concept, si c’était possible : finir premier d’un groupe d’éliminatoires comprenant la Croatie, l’Ukraine, ou la Turquie, respect monsieur.

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On hume un peu l’air des jours précédents l’Islande-Angleterre d’il y a deux ans. Le petit Poucet contre le favori, favori par l’histoire plus qu’autre chose. L’Argentine ne sait pas à quoi elle joue sous Sampaoli, et sans Messi, cette équipe serait gentiment apparentée à un grand nom sur le déclin plutôt qu’à une menace durable. Tout l’inverse de l’Islande, qui sait parfaitement à quoi elle joue, aux touches longues devant, aux coups de pied arrêtés au milieu, et aux échecs derrière. Ça pue l’exploit, qui n’en serait même pas vraiment un.

« L’Euro n’a pas été un miracle. L’équipe est restée très stable ces quatre dernières années : on a gagné des matchs importants, je ne crois pas que ce soit un miracle de jouer contre l’Argentine. On peut faire le meilleur match de notre vie et perdre quand même, mais l’objectif, c’est de sortir des poules ». »

Les supporters sont restés chez eux, cette fois

Une sale nouvelle pour tous ceux qui avaient enfin à oublier l’existence du clapping viking, qui est rentré jusque dans le cerveau des développeurs de Fifa 2018 ? Pas si sûr. « Cela va être compliqué, nous souffle Haucur Haradarson, journaliste pour la télé publique islandaise. C’était beaucoup plus facile de se rendre en France qu’en Russie. Il devrait y avoir entre 3.000 et 4.000 supporters maximum, à peine de quoi remplir un virage ». Ça suffit au bonheur du capitaine Aron Gunnarson : « Quand on a commencé, on ne vendait pas toutes les places. Et puis les fans ont commencé à venir avec les résultats, ils ont grandi avec nous. Si vous me posez la question, on a les meilleurs fans du monde ».

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Au cas où leur petit nombre ne suffise pas à transcender ses gars, Heimir Hallgrimsson a frotté très fort sur la brosse à reluire en préambule : « Je voulais féliciter la Russie pour sa victoire et remercier le pays pour son accueil. Les gens très gentils, l’hôtel est formidable et le camp de base est largement à la hauteur de ce que nous attendions.. On espère rendre aux Russes l’amour qu’ils nous ont donné depuis qu’on est arrivés ». Poutine en rougit d’ici.

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Pour finir : si jamais on n’a rien à écrire sur les fans islandais, il nous restera toujours le commentateur fou, celui qui a décroché le million sur YouTube après son monologue guttural sur la qualif contre les Anglais. On a essayé de lui mettre la main dessus pour lui rafraîchir la mémoire, mais Gudmundur Benediktsson ne débarque à Moscou que samedi, et à ce qu’on dit, c’est la seule diva du pays avec Björk.k. Ca nous donne encore plus envie d’être placé pas trop loin du stentor sur le but vainqueur d’Albert Gudmundsson à la 85e. Pourquoi Albert ? C’est son fils. Imaginez un peu l’explosion des cordes vocales si jamais.