Euro 2016: Le jour où l’Islande a failli nous empêcher de gagner l'Euro

FOOTBALL – L’équipe de France championne du monde s’était fait une grosse frayeur contre l’Islande  en 1999…

Julien Laloye

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Zidane et Trezeguet lors de France-Islande en 1999.
Zidane et Trezeguet lors de France-Islande en 1999. — JACK GUEZ / AFP

Ce n’est pas pour filer la scoumoune aux Bleus avant dimanche, mais le souvenir pourrait leur servir de paratonnerre en cas de catastrophe au Stade de France. Une autre équipe de France aux références beaucoup plus établies avait failli connaître la plus grande désillusion de son histoire contre l’Islande.

Back in Octobre 99. Après deux années d’éliminatoires plus laborieuses que festives, les champions du monde en titre jouent leur qualification pour l’Euro 2000 face aux coéquipiers de Gudjohnsen, le seul rescapé de l’époque.

Pour resituer le contexte, les Bleus ne font pas les malins plus que ça : il faut gagner pour être au moins barragiste, et le match aller n’avait pas été une franche réussite. Un petit match nul deux mois après le 12 juillet, avec un but égalisateur de Dugarry un peu chanceux, si l’on en croit les images assez floues retrouvées dans les entrailles du net. On en arrive au match. Le décor est le même, le stade de France, et l’équipe de départ a de la gueule. 

Que des champions du monde sur le terrain, sauf Lilian Laslandes, titulaire à l’aller et au retour: « L’Islande à l’époque, on ne connaît pas trop. Il y a toujours le travail vidéo effectué par les vidéos du staff, mais au vu de ce que j’ai aperçu furtivement au cours de cet Euro, l’équipe avait déjà les mêmes qualités : Un bloc difficile à bouger et l’impression que les types portent un pays entier sur leurs épaules. Ça défendait à huit derrière, les défenseurs étaient très physiques, il ne fallait pas les prendre à la légère. Exactement comme aujourd’hui ». Le scénario semble ficelé à la mi-temps. 2-0 pour la France, et aucun danger sur le but de Lama.

La composition du France-Islande de 1999.
La composition du France-Islande de 1999. - capture d'écran/uefa.com

Puis après le repos, les câbles qui se croisent en moins de 10 minutes. Un coup-franc en lucarne improbable et une grosse erreur d’alignement de la défense tricolore, l’Islande revient à 2-2. La France est alors éliminée de la course à l’Euro et Jean-Michel Larqué en avale son micro de rage sur TF1. C’est le moment que choisit Roger Lemerre pour sortir Laslandes au profit de Trezeguet, encore considéré comme un joker à l’époque. L’ancien bordelais se souvient de l’ambiance particulière quand il s’assoit sur le banc. « On ne pensait pas à l’élimination mais on sentait une grosse tension dans l’équipe et dans le tout le stade. Après on se dit qu’il reste 20 minutes à jouer et qu’il y a encore le temps de marquer ».

Et d’en prendre un qui enterrerait définitivement les Bleus aussi. Lama doit d’ailleurs sortir une parade compliquée avant que Trezeguet ne délivre le Stade de France. Corner joué en deux temps par Zidane, tête de Desailly, et le Monégasque qui surgit pour la pousser au fond, huit mois avant de crucifier Toldo en finale d’un Euro qui n’était donc pas loin de nous passer sous le nez. « David avait soulagé tout le monde, poursuit Laslandes. Je ne me souviens pas de tout, mais la réaction du public sur son but, ça m’avait marqué. On n’avait pas vraiment douté. Mais c’est vrai qu’en y repensant l’Islande proposait déjà un jeu cohérent. Bon, on était quand même meilleurs qu’eux et c’est toujours le cas. Avec une demi-finale au bout , j’espère que l’équipe de France saura faire ce qu’il faut pour passer ». Si elle pouvait aussi éviter de nous faire flipper autant qu’à l’époque, on prend.