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Les dix questions qui entourent la saison 2 de Wembanyama avec les Spurs

NBA : Les dix questions qui entourent la saison 2 de Victor Wembanyama avec les Spurs

BASKETLe phénomène tricolore de 20 ans va débuter, dans la nuit de jeudi à vendredi à Dallas, sa deuxième saison en NBA. Statut de All-Star, course aux play-offs, titre de meilleur défenseur, les défis sont nombreux concernant « Wemby » et San Antonio
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • A 20 ans, Victor Wembanyama va débuter la deuxième saison NBA de sa jeune carrière avec les San Antonio Spurs, lors d’un court déplacement à Dallas dans la nuit de jeudi à vendredi (1h30).
  • Elu à l’unanimité meilleur rookie de la saison précédente, le pivot français de 2,24 m fait face à de nombreux défis pour sa saison 2 dans la meilleure ligue de basket au monde.
  • Statut de All-Star à aller conquérir, course aux play-offs, titre de meilleur défenseur, 20 Minutes se pose dix questions autour de « Wemby » et des Spurs.

Les superlatifs ont fini par manquer pour qualifier les débuts de l'« Alien » Victor Wembanyama en NBA. Comme on en rêvait, notre géant de 2,24 m a presque immédiatement été aussi dominant dans la plus grande ligue de basket au monde que la saison précédente en Betclic Elite avec Boulogne-Levallois.

Alors, après ce premier acte délicieux marqué par un statut de meilleur contreur NBA, un titre de rookie de l’année remporté à l’unanimité, et par des statistiques déjà stratosphériques (21,4 points, 10,6 rebonds et 3,6 contres), quelles peuvent être les prochaines étapes de sa folle ascension ? 20 Minutes vous propose dix questions autour de cette saison 2 de « Wemby » (20 ans) chez les San Antonio Spurs. Celle de la confirmation, qui débute dans la nuit de jeudi à vendredi (1h30) à Dallas.

Devra-t-il déjà être All-Star en février 2025 ?

Definitely ! Avec le recul, il était déjà presque injuste de ne pas voir notre géant prendre part à la fête lors du All-Star Game 2024 à Indianapolis. Dès ses premiers mois, Victor Wembanyama avait assez chamboulé la ligue avec son profil et son style de jeu révolutionnaires pour mériter d’en être.

On va dire que son temps de jeu alors très réduit, sa (trop) longue utilisation au poste 4 et non 5 par Gregg Popovich, et le bilan collectif désastreux des Spurs (10 victoires et 40 défaites alors) avait coûté sa place à l’intérieur tricolore. Mais il est désormais vu comme un visage majeur de NBA, bien au-delà du public français. Sa présence sur le parquet, le 16 février au Chase Center de San Fransisco, est donc incontournable, hormis en cas de première partie de saison désastreuse pour San Antonio.

Objectif play-offs pour les Spurs, vraiment ?

Calma calma ! Avant-dernier bilan de la conférence Ouest en 2024, avec 22 victoires et 60 défaites, les Spurs sont quasiment certains de faire grimper ce pâle ratio au vu de leur été. Car le prometteur arrière de 19 ans Stephon Castle, drafté en numéro 4, va apporter beaucoup de jus à cet effectif, et surtout que le fiable ailier Harrison Barnes (32 ans, ex-champion NBA avec Golden State en 2015), ainsi que Chris Paul (39 ans) qu’on ne présente plus à la mène vont apporter cette expérience/stabilité qui manquait tant à ce jeune effectif.

Ajoutez à cela le leadership de « Wemby » qu’on ne peut imaginer que grandissant dans le Texas, et vous êtes a priori à l’abri d’une série cata de 18 défaites consécutives comme fin 2023. Mais les six premières places directement qualificatives pour les play-offs semblent inaccessibles dans cette conférence Ouest tellement supérieure à l’Est. Phoenix (6e en 2024) comptait ainsi 49 victoires, et hormis les Clippers (départ de Paul George et Kawhi Leonard gravement blessé), on voit mal qui pourrait s’écrouler parmi les mastodontes de tête (OKC, Denver, Dallas…).

Reste à rêver d’accrocher la qualif via le play-in (de 7e à 10e sur 15), mais là aussi, les prétendants sont nombreux (Grizzlies, Kings, Lakers…), et les Warriors de Stephen Curry (10es en 2024) avaient remporté 46 matchs. Soit plus du double par rapport aux Spurs 2023-2024…

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Seul vrai objectif : la course à Cooper Flagg ?

Vu comment la course aux play-offs s’annonce tendue, le board des Spurs pourrait être tenté de la jouer comme Detroit et Washington en mode tanking. On parle de cette pratique courante en NBA de laisser filer certains matchs en n’alignant pas son équipe la plus compétitive dans les moments clés, afin d’augmenter ses chances d’hériter d’un haut choix lors de la Draft suivante.

Comme en 2025, une cuvée exceptionnelle est annoncée, avec l’ailier de Duke Cooper Flagg (17 ans) en tête, la question pourrait être dans l’air pour certaines franchises en reconstruction comme San Antonio. Mais les Hawks l’ont prouvé en 2024 : on peut avoir la bonne surprise d’hériter du numéro 1 de la Draft en effectuant une saison correcte (10e place et play-in).

Doit-il déloger Gobert comme meilleur défenseur ?

Le titre de « NBA Defensive player of the year » (DPOY) est carrément un objectif personnel atteignable pour Victor Wembanyama. Après tout, il tournait dès sa saison rookie à 3,6 contres, soit bien plus que les 2,1 de Rudy Gobert, élu meilleur défenseur de la ligue à quatre reprises sur les six dernières années. « Que Rudy le gagne maintenant car après, ça ne sera plus son tour », avait glissé dans un large sourire le jeune pivot au printemps.

Considéré comme le protecteur de cercle le plus intimidant de toute la NBA, « Wemby » est destiné à vite collectionner ce trophée individuel. A condition tout de même que son envie de défendre soit plus contagieuse que la saison passée. 22e défense de toute la ligue en 2023-2024, les Spurs n’avaient clairement pas aidé leur star à détrôner son compatriote, porté par des Wolves ayant la meilleure défense en NBA.

Peut-il améliorer son pourcentage à trois points ?

OK, ça n’est pas la priorité absolue pour cette saison 2 de « Wemby ». Mais il n’empêche que son 32,5 % d’adresse extérieure en 2023-2024 a pu pénaliser son jeu, surtout au vu de l’important volume de tirs tentés pour un intérieur (5,5 par match en moyenne). Après son année de découverte de la ligne à trois points NBA (7,25 m contre 6,75 m en Europe) puis des JO où il a parfois été en galère dans ce registre (0/6 face au Canada, 1/8 contre l’Allemagne), il doit gagner en sélection de tirs/adresse, et Chris Paul devrait l’aider à y parvenir.

Peut-il quitter le Top 3 des ballons perdus ?

Oui, c’est même pour le coup une priorité dans son jeu créatif encore trop à hauts risques. La saison passée, ses 3,7 balles perdues, pire moyenne de la ligue après les 4 du glouton slovène Luka Doncic, sont la principale tache de son bulletin. Là aussi, l’arrivée de Chris Paul, véritable horloger de la gestion de la balle (2,3 turnovers de moyenne en carrière, et même 1,3 à Golden State l’an passé), va lui éviter d’avoir en permanence le ballon dans les mains et de s’éparpiller à la création.

La doublette Victor Wembanyama-Chris Paul a de quoi exciter la NBA cette saison.
La doublette Victor Wembanyama-Chris Paul a de quoi exciter la NBA cette saison. - M. Gonzales / NBAE / Getty Images / AFP

Va-t-on le voir en tête du Top 10 avec Chris Paul ?

Oh que oui, préparez-vous à des tripotées de alley-oops en très haute altitude avec ce binôme « CP3-Wemby » fait pour s’entendre à merveille. On a hâte de voir Chris Paul distribuer les caviars dans les airs comme il le faisait à tout va aux Clippers pour Blake Griffin et DeAndre Jordan dans les années 2010.

Peut-il rafler le titre de « Most improved player » ?

Ce qui est génial pour un prodige chassant les records comme notre « Wemby », c’est qu’il y a autant de distinctions individuelles en NBA qu’aux Oscars. Rookie 2023, c’est fait, meilleur défenseur 2024, c’est quasiment dans la poche, et on pourrait presque mettre une piécette sur le trophée de « Most improved player », à savoir la meilleure progression de la saison.

Remporté en 2006 par Boris Diaw après une immense saison à Phoenix, ce titre de « MIP » récompense parfois des joueurs déjà confirmés franchissant un nouveau cap, comme la star des Sixers Tyrese Maxey en 2024 (de 20,3 à 25,9 points). S’il calque sa progression en saison 2 sur celle d’un glorieux aîné européen comme Luka Doncic (de 21,2 à 28,8 points), il devrait être dans la course à cette récompense.

Un quintuple-double, dinguerie ultime ?

Le moyen le plus fou de définitivement marquer l’histoire de la NBA est sans doute là. On parle en effet d’une performance qui n’a jamais été réalisée, même si cet exploit est parfois attribué à Wilt Chamberlain en 1968, mais à une époque où les interceptions et les contres n’étaient pas officiellement comptabilisés par la ligue américaine. Concrètement, il faut claquer dans le même match plus de 10 points, 10 rebonds, 10 passes décisives, 10 contres et 10 interceptions pour décrocher le bingo absolu.

Bon, Victor Wembanyama n’a signé « que » deux triple-doubles sur sa saison rookie, dont un très rare grâce à 10 contres et non 10 passes dé en février. Si le quintuple-double semble aussi inatteignable que les 100 pions de Wilt Chamberlain, sa folle régularité aux blocks peut raisonnablement lui permettre de réaliser un quadruple-double dans une soirée parfaite. Cela n’a été fait que par quatre joueurs dans toute l’histoire de la NBA, Nate Thurmond (1974), Hakeem Olajuwon (1990), Alvin Robertson (1986 grâce à 10 interceptions) et David Robinson (1994). Les deux derniers cités évoluaient aux Spurs lors de leur perf XXL, on dit ça comme ça…

Y a-t-il un monde où il peut être MVP dès 2025 ?

Minute papillon, il y a une tripotée de stars NBA plus âgées et en avance sur lui pour le moment, surtout dans leur projet collectif pouvant les mener à la bague de champion. On pense bien entendu à Nikola Jokic, Joel Embiid, Giannis Antetokounmpo, mais aussi à quelques icônes pas encore sacrées MVP comme Luka Doncic, Shai Gilgeous-Alexander, Anthony Edwards et Jayson Tatum. On espère surtout que Gregg Popovich va se détendre côté temps de jeu, en faisant péter la barre des 35 minutes de moyenne à son phénomène (après 29,7 minutes en 2023-2024), ce qui aura bien entendu des conséquences sur ses stats.

Notre dossier sur Victor Wembanyama

Quand on garde en tête la masterclass estivale de « Wemby » (26 points à 11/19) en finale des JO de Paris 2024 contre Team USA, on se dit que son nom entrera vite dans la discussion du meilleur joueur de l’année. Mais pas dès 2025, vu qu’on a beaucoup de mal à croire en une qualif en play-offs des Spurs. N’abusons pas trop avec la précocité sans limite du gaillard.