VIDEO. Marseille : « Un peu professeur Tournesol », Nelson Lukes veut rendre le sport auto écolo

START-UP Nelson Lukes, ancien pilote et patron d’une écurie automobile, développe un moteur électrique aux performances comparables aux véhicules thermiques. Qui se cache sous le micro casque ?

Jean Saint-Marc

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Nelson Lukes est manager d'une écurie automobile et inventeur d'un nouveau genre de moteur.
Nelson Lukes est manager d'une écurie automobile et inventeur d'un nouveau genre de moteur. — Nicolas Delpierre
  • Le patron de la start-up aubagnaise K-Motors est aussi manager d’une écurie automobile, K-Worx, qui tente ce samedi d’être championne de France.
  • En parallèle, le trentenaire invente un moteur électrique doté d’un innovant système de stockage d’énergie. Il souhaite lancer un championnat avec 16 voitures en 2022.

Nelson Lukes dit parfois qu’il a des « un côté professeur Tournesol ». En rencontrant ce gars au visage juvénile, on se demande si ce n’est pas Tintin, plutôt, qu’on interroge. Cet entrepreneur n’est pas fan de l’exercice médiatique, « mais bon, je commence à m’habituer. » Sa start-up, K-Motors, basée à Aubagne, commence à faire autant de bruit qu’une Ginetta G55 au démarrage.

Les deux véhicules de son écurie K-Worx sont au départ de la dernière étape du championnat de France, ce samedi, au Castellet (Var). Une dernière course sous le micro-casque pour le manager Nelson Lukes, qui compte se consacrer désormais à son deuxième métier : celui d’inventeur.

« Nelson a toutes les connaissances techniques »

Dans six mois, son prototype de voiture de course doit rouler pour qu’en avril 2022, 16 voitures soient prêtes. C’est le minimum exigé par la Fédération pour lancer un championnat. Un championnat de sport auto écolo : « Nous faisons une voiture de course électrique, mais qui matche les performances des thermiques », résume Nelson Lukes. « Nous », car ils sont trois associés. Et Nelson Lukes l’avoue sans souci, il « serait sans doute toujours dans (son) garage avec (son) invention » s’il n’avait pas rencontré Loïc Macqueron.

Cet autre trentenaire, dont Nelson Lukes sera le témoin de mariage, est le « marketeux » de la bande. « Nelson a toutes les connaissances techniques, le réseau dans le sport auto. Moi, j’apporte mes connaissances dans l’entreprenariat », précise ce sémillant start-upper, par ailleurs patron d’une boîte d’évènementiel.

Pour lui, c’est certain : Nelson Lukes va réussir à « disrupter le sport auto. » Comment cette idée d’associer des super-condensateurs à une batterie lithium classique est-elle apparue ? Clémence Vuchot, compagne de ce « savant fou » (ce sont ses mots), se souvient de ce jour où il a débarqué tout content : « Clémence, j’ai une idée ! » Elle raconte la suite :

Comme c’est un petit génie, très cultivé, qui bosse tout le temps… A force d’écouter les actualités, à force d’y penser, les idées avaient fini par s’imbriquer. »

Elle l’aide à monter un dossier de candidature au concours de la Fédération française du sport auto, qu’il remporte dans la foulée. C’était en décembre 2018, mais l’idée est évidemment bien plus ancienne.

« Arrêter de cramer de l’essence et du pneu chaque week-end

« Quand j’ai créé ma première écurie de course à 26 ans, je me demandais si je ferais ce métier toute ma vie », se souvient Nelson Lukes. La réponse était négative : « Avec tous les enjeux environnementaux et sociétaux, on va arrêter de cramer de l’essence et du pneu chaque week-end. »

C’est ce que faisait son père, Eric, ancien pilote auto. Ce passé vrombissant ne l’empêche pas de penser que son fils « prend le bon virage, le tournant va inexorablement avoir lieu. » La mère de Nelson, Martine, « écolo à 100 % », ajoute que Nelson, passé par le département mécanique énergétique de Polytech Marseille, « voulait aussi utiliser son diplôme. » Et ses connexions dans l’industrie photovoltaïque : pendant 18 mois, il était ingénieur en recherche et développement à CNIM, à la Seyne-sur-Mer.

Mais cet ancien pilote avait bien trop la bougeotte pour rester dans un bureau. Il doit désormais foncer vers une nouvelle étape : celle de la levée de fonds. Sa société doit trouver 1,3 million d’euros pour créer un prototype, puis les véhicules de course eux-mêmes. Si un généreux Capitaine Haddock veut mettre à profit une partie du trésor de Rackham le Rouge, il peut se signaler du côté d’Aubagne…