Mondiaux de para athlétisme : Pourquoi cette compétition est le vrai test event avant les JO de Paris
REPETITION•1.350 athlètes de 107 pays différents doivent animer les dix jours de compétition de ces championnats du monde de para athlétisme, qui s’annoncent comme une répétition générale à un an des JOPLaure Gamaury
L'essentiel
- Ce samedi s’ouvrent à Paris, au stade Charléty les championnats du monde de para athlétisme, un an avant la grand-messe des Jeux olympiques et paralympiques dans la capitale.
- L’occasion pour les athlètes, les staffs mais aussi pour les organisateurs de mesurer le chemin parcouru et de se tester sur un événement d’ampleur.
«La France en avait besoin », a clamé haut et fort la présidente du comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie Le Fur, ex-athlète handisport multimédaillée, lors de la conférence de presse avant les Mondiaux de para athlétisme, qui s’ouvrent ce samedi au stade Charléty à Paris. A J-400 des Jeux, on a encore besoin de visibiliser les athlètes paralympiques, de faire rêver les enfants en situation de handicap en leur montrant des modèles ». C’est aussi l’occasion d’accueillir public, délégations, staff dans ce qui s’annonce comme une « répétition presque grandeur nature de ce qui s’annonce l’an prochain », affirme aussi Guy Ontanon, responsable de la haute performance pour la fédération handisport.
« Paris 2023 sera spectaculaire », a de son côté annoncé Guislaine Westelynck, la présidente de la fédération française de handisport et présidente du comité d’organisation des championnats du monde de para athlétisme 2023. 1.350 athlètes de 107 pays différents doivent rallier la capitale pour ces dix jours de compétition où sont attendues quelque 100.000 personnes. 1.500 bénévoles sont mobilisés alors que la France accueille pour la troisième fois des mondiaux de para-athlétisme, après Villeneuve-d’Ascq en 2002 et Lyon en 2013. Et que les athlètes de para athlétisme n’ont pas eu de Mondiaux depuis 2019.
« Le Paris gagnant » en vue de 2024 ?
Pour Paris et son adjoint aux sports et aux Jeux olympiques et paralympiques (JOP), Pierre Rabadan, c’est l’ouverture d’une séquence internationale de sport intense, qui se refermera l’été prochain. « Une telle compétition, c’est le deuxième événement parasportif au monde après les Jeux, rappelle-t-il. L’occasion de mettre un coup d’accélérateur sur l’accessibilité de cette vieille ville, peu adaptée aux personnes en situation de handicap, qu’est Paris, et d’identifier des figures de proue du parasport pour les plus jeunes ». Car même si Paris 2023 est une compétition à part entière, 2024 est dans toutes les têtes et même dans les discours de certains officiels.
D’ailleurs, les médias ne s’y sont pas trompés : dix télévisions ont acheté les droits, dont la chaîne L’Equipe pour la diffusion en France. « Le Paris gagnant » en vue de 2024 ? « J’apprends à domestiquer la pression de concourir à Paris, confie la lanceuse française Gloria Agblemagnon. Et je suis fière de montrer qu’un handicap n’empêche pas de relever des défis dans la vie ». Car cette compétition est aussi l’occasion d’appuyer sur la volonté d’inclusivité des Jeux de Paris. Et quel sport est plus symbolique que l’athlétisme pour représenter les JO ?
Entrées payantes et médiatisation, la nouveauté de ces mondiaux
Et pour l’occasion, les organisateurs ont mis le paquet : un village de sensibilisation avec des activités handisports, une volonté très forte d’en faire un événement écoresponsable, un concert chaque soir, en plus des 171 épreuves prévues sur la piste réputée rapide de Charléty. Et des entrées… payantes ! Une première pour ces mondiaux de para-athlétisme. « Ça fait quasiment trois ans qu’on travaille sur ce projet et la décision s’est prise dès le début, confie Adrien Balduzzi, président de Paris 2023. Faire payer les gens pour du handisport, ce n’était pas naturel. »
Pourtant, les athlètes qui participent dédient bien leur vie à leur pratique et réalisent des exploits. « C’est normal que les gens paient pour venir nous voir, s’exclame en riant Arnaud Assoumani. Peut-être que jusqu’ici ce n’était pas la norme, mais c’est légitime. On s’entraîne dur et autant que les autres sportifs de haut niveau ». « C’est une mise en lumière de leur travail, abonde encore Guy Ontanon. C’est mettre le focus sur le handicap en montrant que ce sont des athlètes à part entière, qu’ils travaillent au quotidien pour atteindre ces performances ».
« On se prépare pour 2024 tout en étant focus sur 2023 »
« Un athlète ne se prépare pas pour la compétition d’après. Il est dans le moment présent, prêt pour le jour J de son épreuve. Il est là pour être performant et essayer de gagner une médaille à domicile, tout en prenant ses marques pour les Jeux dans un an », tempère le « facilitateur de performance » de la fédération handisport, Guy Ontanon. Mais « prendre ses marques » n’est-ce pas déjà une façon de se tourner vers 2024 ? « Disons qu’on se prépare pour 2024 tout en étant focus sur 2023 », concède-t-il. Et notamment sur la gestion de la pression d’un championnat à domicile.
Si pour Arnaud Assoumani, l’un des leaders de cette équipe de France composée de six athlètes du sport adapté, 28 athlètes handisports, depuis le forfait de Dimitri Pavadé, et six guides, « notre but c’est de faire le show, de performer devant notre public qui parle notre langue », l’enjeu pourrait bien prendre le pas sur les vibes positives annoncées. « On a renouvelé cette équipe de France quasiment à 50 %, elle est en construction et les jeunes qui arrivent ont besoin de se tester. Ces mondiaux à Paris, un an avant les Jeux, c’est une chance magnifique, un véritable terrain de jeu pour rester positif en recherchant l’excellence », ajoute Guy Ontanon.
« On aime accueillir en France, on espère que chacun va vivre de bons championnats, sur le plan sportif comme humain et que tous auront hâte de revenir l’an prochain », clame Nanténin Keita, co-capitaine de cette équipe de France. Réussir ces mondiaux sur tous les plans pour mieux se projeter vers 2024 en somme. Et si vivre Paris 2023, c’était déjà souffler sur la flamme ?


















