Affaire Clémence Calvin : Auditionnée pendant onze heures par les juges de l'antidopage, l'athlète risque gros

ATHLETISME La marathonienne ne sait pas encore quelle sera sa sanction après son audition devant les membres de l’AFLD

A.L.G. avec AFP

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Clémence Calvin lors d'une conférence de presse exceptionnelle, le 10 avril 2019.
Clémence Calvin lors d'une conférence de presse exceptionnelle, le 10 avril 2019. — Christophe Ena/AP/SIPA

La grande explication : la marathonienne Clémence Calvin, soupçonnée de s’être soustraite à un contrôle inopiné au Maroc le 27 mars 2019, a fait face mercredi aux juges de l' antidopage en compagnie de son mari et entraîneur Samir Dahmani, dans une affaire qui a sérieusement ébranlé l’athlétisme français.

La vice-championne d'Europe 2018, qui s’est toujours défendue d’avoir fui un contrôle, risque une longue suspension (quatre ans maximum), l’infraction étant punie aussi sévèrement par le code mondial antidopage que s’il s’agissait d’un contrôle positif à l’EPO.

L’enjeu, pour la commission des sanctions de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui rendra sa décision ultérieurement, est de déterminer avec exactitude ce qui s’est réellement passé dans une rue de Marrakech, le 27 mars.

L’athlé français dans l’embarras

La Française a-t-elle été agressée, comme elle le dit, par un étrange trio dont le meneur, le directeur des contrôles de l’AFLD Damien Ressiot, se serait présenté comme un policier et aurait exigé qu’elle les mène à son mari ? Ou bien a-t-elle tout simplement été abordée de manière régulière pour un contrôle antidopage inopiné, qu’elle aurait cherché à tout prix à éviter, avec la complicité de Samir Dahmani, lui aussi sous la menace d’une suspension de quatre ans ?

« C’était long mais c’était bien d’être confrontée à cette commission », a réagi Clémence Calvin, fatiguée à sa sortie de cette audience vers 20h30, près de 11 heures après son arrivée au siège de l’AFLD. L’affaire a déjà ruiné l’année 2019 de Clémence Calvin, suspendue provisoirement et privée des Mondiaux d’athlétisme au Qatar, et qui voit l’avenir s’écrire en pointillé, notamment la route des JO de Tokyo 2020. Elle jette aussi un trouble sur ses performances.

Le cas Calvin a également mis dans l’embarras la Fédération française d’athlétisme (FFA) en posant la question du suivi de ses athlètes de haut niveau, notamment lors de stages à l’étranger. Clémence Calvin était clairement dans le collimateur de l’AFLD pour que l’agence antidopage décide de dépêcher une équipe au Maroc.