Oscar Pistorius sera fixé mercredi sur sa peine pour le meurtre de Reeva Steenkamp
DRAME•Il encourt jusqu'à 15 ans de prison...20 Minutes avec AFP
Le sprinter sud-africain Oscar Pistorius, amputé des deux jambes et ancien héros des stades, pourrait retourner derrière les barreaux mercredi, dans la foulée du prononcé de sa peine pour le meurtre de sa petite amie en 2013. Le sextuple champion paralympique est actuellement assigné à résidence chez son oncle, à Pretoria, après avoir passé un an en prison.
Il continue de purger, dans cette vaste demeure, ses cinq ans de prison pour «homicide involontaire», sa condamnation en première instance. Mais en appel, la justice a requalifié le crime en meurtre, passible d'au moins 15 ans de prison. Mercredi matin, la sentence tombera dans cette saga judiciaire qui tient en haleine les médias du monde entier depuis trois ans.
Le destin de Pistorius, 29 ans, est une nouvelle fois entre les mains de la juge Thokozile Masipa, très critiquée par le milieu judiciaire et l'opinion pour son verdict «laxiste» en première instance.
15 ans de détention réclamés
En appel, l'accusation a réclamé au moins 15 ans de détention. Appelé par le parquet à la barre en juin, le père de la victime, Barry Steenkamp, tremblant et en pleurs, a demandé que Pistorius «paie pour son crime», estimant qu'il avait tiré après une dispute.
La défense a aussi joué la carte de l'émotion: l'ancien athlète a retiré ses prothèses et marché d'un pas hésitant, tête baissée, sur ses moignons dans une salle du tribunal comble, pour témoigner de sa vulnérabilité et tenter d'amadouer la magistrate.
La juge «n'est pas tenue d'appliquer la peine plancher», a estimé un expert en droit, Llewelyn Curlewis. Le handicap du champion et le fait qu'il a déjà passé un an en prison pourraient aussi contribuer à réduire sa peine.
Un appel possible
Un argument qui n'est pas valable pour la justice qui a retenu l'intention de tuer - quelle que soit l'identité de la victime - et condamné Pistorius pour meurtre. La sentence mercredi ne signifiera pas nécessairement la fin de la longue procédure judiciaire. Comme en première instance, les deux parties peuvent faire appel de la peine.
Si la justice prononce une peine inférieure à 10 ans, «je ne serais pas surpris que le parquet fasse appel», a avancé Llewelyn Curlewis. A l'inverse, «si la juge opte pour une peine plus lourde que la peine plancher, par exemple 21 ans», la défense fera appel, prédit-il.
S'il est emprisonné, l'ancien champion pourrait retourner - compte tenu de son handicap - dans une cellule située dans l'aile de l'hôpital de la prison centrale de Kgosi Mampuru à Pretoria.



















