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Roland-Garros: Le pas de géant de Paul-Henri Mathieu
TENNIS•Le Français remporte son deuxième tour face à John Isner au terme d'un match légendaire de 5h41...Romain Scotto
Et dire qu’il craignait les matchs en cinq sets. Les rencontres à rallonge qui pouvaient malmener sa jambe meurtrie, son corps de 30 ans en reconstruction. Paul-Henri Mathieu, qui n’avait plus joué en Grand Chelem depuis plus d’un an avant de débarquer à Roland-Garros, a poussé le vice jusqu’à disputer un match de légende. 5h41 de jeu, sept balles de match sur le Central pour s’offrir une nouvelle place au troisième tour du tournoi, au terme du deuxième match le plus long de l’histoire du tournoi 6-7, 6-4, 6-4, 3-6, 18-16.
Pour cela il fallait forcément un adversaire d’exception. Le sort lui a réservé John Isner, l’homme de tous les records qui avait déjà écrit l’histoire du tennis à Wimbledon. C’était déjà face à un Français classé au-delà du top 100 (Mahut). Et déjà dans un match à rallonge, conclut à la bougie. Il manquait juste le soutien d’un Central en transe, bluffé par la persévérance du revenant.
«Avant, je voulais tellement gagner que je me crispais»
«Par moments, j’ai pensé au match de Nico, qui est un ami. C’est pour cela que j’avais du mal à croire que c’était fini. C’est l’un des plus grands moments de ma carrière. Je me suis battu pour revivre ça, ces moments là», savoure PHM, à qui certains chirurgiens conseillait d’arrêter le tennis il y a un an. «Paul-Henri, c’est Robocop, c’est l’homme bionique, l’homme qui valait trois milliards», s’incline son kiné Christophe Gaillard au sujet de celui qui se baladait l’année dernière en béquilles à Roland, tout juste remis d’une ostéotomie tibiale.
Douze mois plus tard, personne n’aurait imaginé Mathieu sortir vainqueur d’un marathon aussi éprouvant. Jérôme Pottier qui le coache pendant le tournoi, est le premier à saluer l’exploit: «Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi acharné et je n’ai jamais rencontré un joueur aussi facile à entraîner.» Cela peut paraître paradoxal, mais il y a quelque chose en plus chez le 261e joueur mondial. L’ancien Mathieu n’aurait peut-être pas gagné ce genre de match. «Cette blessure m’a fait prendre beaucoup de recul. Avant, je voulais tellement gagner que je me crispais.» S’il se crispe encore, c’est juste pour se remettre de ses exploits sur le Central.


















