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William Servat: «Je ne pouvais pas refuser»

William Servat: «Je ne pouvais pas refuser»

RUGBYLe talonneur international du Stade Toulousain sera le futur entraîneur des avants de son club...
Propos recueillis par Nicolas Stival à Toulouse

Propos recueillis par Nicolas Stival à Toulouse

Il n’y avait pas plus de suspense dans les salons du stade Ernest-Wallon en ce mercredi après-midi que dans les studios de TF1 quelques heures plus tard. D’officieuse, la nouvelle est devenue officielle. Actuel talonneur de Toulouse et de l’équipe de France, William Servat (34 ans, 45 sélections) va arrêter sa carrière en fin de saison pour succéder à Yannick Bru (qui officiera à plein-temps avec les Bleus) comme entraîneur des avants du champion de France. Le Commingeois, un temps très proche d’une signature à Toulon, résilie sa dernière année de contrat de joueur pour signer un bail de technicien jusqu’en 2015.

Quelle est votre première réaction?

Je suis très content. C’est une marque d’honneur de la part de Guy (Novès, le manager général toulousain) et René (Bouscatel, le président). Je suis au club depuis vingt ans, j’ai grandi ici, j’ai toujours porté ce maillot. Dans le monde professionnel d’aujourd’hui, j’aurai eu la chance de ne connaître qu’un club.

«Je pensais réellement aller à Toulon»

Avez-vous vraiment failli signer comme joueur à Toulon

Je pensais réellement y aller. Mais j’avais encore une année de contrat ici. On en avait parlé avec Mourad (Boudjellal, le président du club varois) et Bernard (Laporte, le manager), et il n’y avait pas de sous-entendus. Mais pour le Stade, il n’était pas question de me laisser partir. Ensuite, Guy m’a proposé d’entraîner. C’est quelque chose que je ne pouvais pas refuser. Je suis honoré et fier.

Votre carrière de joueur s’arrête plus tôt que vous l’aviez prévu.

Je trouve que c’est une chance pour moi de pouvoir choisir seul ma date de fin de carrière. On dit que c’est une petite mort quand on arrête. Si on finit blessé, fatigué, usé ou à ne plus pouvoir jouer, on peut le vivre comme cela. Aujourd’hui, je ne suis pas dans cette position et j’ai la chance d’être bien physiquement. Dans quelques années, quand je profiterai de balades en montagne avec mes enfants, je ne regretterai pas ce choix.

«Je vis mes dernières sélections. Peut-être ma dernière»

Restez-vous le talonneur de l’équipe de France ?
(Il sourit) Vous ne posez pas la question à la bonne personne. Je reste joueur. Je sais que je vis mes dernières sélections. Peut-être ma dernière (en Ecosse, le 26 février), mais j’espère mes dernières.

En avez-vous parlé avec le sélectionneur Philippe Saint-André?

J’ai tenu à le prévenir mardi matin. Il n’y a pas eu de soucis. Il m’a remercié de mon honnêteté. C’est vraiment quelqu’un à qui on peut parler. Je comprendrai tout à fait ses choix. J’espère continuer, mais dans ses critères de sélection, il faut qu’il sache que je ne suis pas un joueur sur lequel il pourra compter la saison prochaine.

«Pas sûr qu’à 37 ans, l’équipe de France aurait eu besoin de moi»

Si vous aviez signé à Toulon, pensiez-vous disputer la Coupe du monde 2015?

Il s’agissait d’un contrat de trois ans, donc cela m’aurait amené au prochain Mondial. Je pouvais toujours espérer. Mais je ne suis pas sûr qu’à 37 ans, l’équipe de France aurait toujours eu besoin de moi. On parle dans le vide. On ne le saura jamais.

Est-ce que le regard de vos coéquipiers a changé?

Je me suis fait chambrer. Mais ça aurait chambré avec n’importe lequel d’entre nous. Les joueurs avec qui j’en ai parlé me disent qu’ils sont contents pour moi. J’ai la chance d’avoir de bonnes relations avec les joueurs aujourd’hui. J’espère que ça continuera.