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Teddy Tamgho, le «bad boy» de l'athlétisme français?

Teddy Tamgho, le «bad boy» de l'athlétisme français?

ATHLETISMELe triple sauteur doit s'expliquer mardi après une altercation avec une athlète lors d'un stage à Boulouris...
Romain Scotto

Romain Scotto

A sept mois des Jeux de Londres, la fédération française d’athlétisme se serait bien passée de ce conseil de discipline forcé. Mardi, Teddy Tamgho fera une halte au siège de la FFA à Paris pour s’expliquer sur l’altercation qui l’a opposé à une jeune athlète lors d’un stage fédéral. L’été dernier à Boulouris, le triple sauteur français en serait venu aux mains pour régler ce différend, sous le regard de plusieurs éducateurs et sportifs locaux. L’histoire se répète pour le recordman du monde en salle (17,92m) puisqu’il avait déjà vécu le même type d’incident en 2008, qui lui avait valu une exclusion de l’Insep.

En tant que récidiviste, Tamgho risque donc gros. L’éventail des sanctions va du «simple rappel au règlement à la radiation», explique Christian Roggemans, le président de la commission. Cinq mois après le pugilat entre Baala et Mekhissi-Benabbad à Monaco, le sujet est jugé hautement sensible à la fédération et a tendance à crisper beaucoup de monde. Laurence Bily, qui coachait Tamgho en 2010 n’a pas souhaité s’épancher. Même constat pour Jean-Hervé Stievenart, l’entraîneur de ses débuts qui préfère rester sur l’image d’un jeune champion qui ne lui a apporté que des «bons souvenirs sportifs, avec des titres de champion du monde (junior et en salle).»

L’anti Lemaître

De l’athlète impulsif et extraverti qui enflamme les sautoirs, seul Karl Taillepierre livre quelques mots. Celui qui côtoyait l’élève de Pedroso à l’Insep jusqu’en 2008, puis lors des stages de l’équipe de France, évoque «des petits coups sanguins. Mais jusqu’à présent pendant l’entraînement, on n’a jamais eu de soucis. Il est naturel.» Dans le groupe France, Tamgho est l’anti Christophe Lemaître. Un «Usain Bolt» à crête de coq, très démonstratif avec son bandeau enfilé de guingois et ses diamants scotchés aux oreilles.

Même s’il est impulsif, le champion du monde en salle n’a rien d’un «bad boy», selon Taillepierre qui n’a jamais vu l’athlète de 22 ans s’énerver réellement. Il décrit juste un sauteur qui n’apprécie pas toujours les railleries. Mêmes amicales. «Il l’accepte, mais ça dépend de qui ça vient. Et puis, il y a des gens plus susceptibles que d’autres. Teddy ne réagit pas sur tout, mais comme tout sportif de haut niveau, il a un tempérament assez fort. Voilà, des fois, on peut réagir durement, ça peut aller vite.» De l’avis de ses proches, c’est aussi ce tempérament qui est à la base de sa réussite et le pousse à réaliser de grandes performances. Même s’il risque gros, il serait donc étonnant que la FFA mette fin prématurément aux rêves d’un champion olympique français en puissance. D’autant qu’ils ne courent pas les tartans ces derniers temps.