Insultes racistes: Tout comprendre sur «l'affaire» Chafni

FOOTBALL L'Auxerrois accuse l'arbitre assistant de lui avoir lancé «casse-toi l'Arabe»...

R.S.

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Le joueur auxerrois Kamel Chafni (en bleu à droite), après l'incident qui l'a opposé à l'arbitre assistant du match Brest - Auxerre, le 17 décembre 2011.
Le joueur auxerrois Kamel Chafni (en bleu à droite), après l'incident qui l'a opposé à l'arbitre assistant du match Brest - Auxerre, le 17 décembre 2011. — F.Tanneau/AFP

Les faits - A l’origine, c’est un hors-jeu brestois qui provoque l’énervement de Kamel Chafni. Le milieu auxerrois se précipite vers Johann Perruaux, l’arbitre assistant de 42 ans qui officiait samedi soir pour la douzième fois en L1 cette saison au stade Francis Le Blé, pour épauler Tony Chapron. Le ton s monte, ce qui a pousse l’arbitre principal à avertir Chafni d’un carton jaune. Puis un rouge. C’est à ce moment que le joueur marocain sort de ses gonds, bousculant le Brestois Jonathan Zébina et son propre partenaire Roy Contout pour s’expliquer avec Johann Perruaux  à qui il reproche d’avoir proféré une insulte raciste, «casse-toi, l’Arabe», pour accompagner sa sortie. Le joueur est finalement raccompagné au vestiaire, tout en clamant son indignation. Dimanche, il maintient ses accusations sur RMC, assurant que plusieurs témoins pouvaient confirmer sa version.

Ce qu’en pensent les intéressés - Contacté dimanche, Johann Perruaux est resté injoignable. L’arbitre assistant a laissé Tony Chapron s’exprimer en qualité de représentant du corps arbitral. Deux heures après la rencontre, il a immédiatement «réfuté toute accusation concernant ces propos». Selon lui, les mots évoqués ne ressemblent pas du tout à l’homme qu’il connaît depuis vingt ans, et avec lequel il était il y a deux ans au Bénin pour former des arbitres locaux. «S'il était raciste ça m'étonnerait qu'il soit venu avec moi», a argumenté maladroitement l'arbitre principal. Gérard Bourgoin, le président auxerrois, a lui évoqué un incident important qui pourrait être «très grave» s’il était vérifié. Il a également exigé des «excuses publiques». Du côté des témoins évoqués par Chafni, deux joueurs brestois auraient confirmé les propos. «Larsen Touré a tout entendu, tout comme le kiné de Brest. Roy Contout, mon coéquipier, a également entendu...», glisse le joueur auxerrois. En privé, Contout et le kiné auraient confirmé le début de la phrase «Casse-toi». Mais pas la fin. Larsen Touré aurait eu l’oreille un peu plus attentive et serait en mesure de confirmer l’intégralité des propos dénoncés par Chafni.

Quelles conséquences - Moins de 24 heures après l’incident, la Ligue a annoncé l’ouverture d’une enquête par le biais d’un communiqué. Frédéric Thiriez a demandé «que toute la lumière soit faite le plus rapidement possible sur cette affaire». Les conclusions de l’enquête sont attendues, «le plus rapidement possible, a priori en début de semaine», indique un proche du président de la LFP. De son côté, Kamel Chafni comptait porter plainte dimanche au commissariat d’Auxerre, après avoir effectué une déclaration sur l’honneur. Joint également par RMC, Marc Batta demandait «des preuves» avant de se prononcer officiellement sur la question. Le directeur national de l’arbitrage évoquait sur RMC des «accusations graves qu’il faut vérifier et confirmer», même si l’adjoint lui aurait assuré ne pas avoir tenu de tels propos. Il aurait juste lancé «Casse-toi» à Chafni, «un terme pas très approprié pour un arbitre», concède Batta, qui refuse pour l’heure d’évoquer les sanctions encourues par Johann Perruaux si les accusations racistes étaient vérifiés. Chafni a déjà annoncé qu'il n'avait «plus rien à faire dans le foot français» s'il n'est pas écouté.