L'élite mondiale des chiens de traîneau au départ de la Grande Odyssée
L'élite des chiens de traîneau a pris samedi le départ de la Grande Odyssée, course de 1.000 kilomètres à travers les Alpes, considérée comme l'une des plus difficiles au monde.© 2011 AFP
L'élite des chiens de traîneau a pris samedi le départ de la Grande Odyssée, course de 1.000 kilomètres à travers les Alpes, considérée comme l'une des plus difficiles au monde.
A 18H00, l'humoriste Laurent Gerra a donné le coup d'envoi au premier attelage avant que les 21 autres ne s'élancent chacun leur tour, toutes les deux minutes, pour traverser le village d'Avoriaz.
Venus nombreux pour profiter de la douceur de l'air, les spectateurs, massés en bord de route ou sur les balcons, ont largement applaudi les concurrents, multipliant les photos.
Avec leurs près de 300 chiens, vingt-deux conducteurs de traîneau, communément appelés par leur appellation anglaise de "mushers", s'affrontent lors de cette compétition qui doit traverser 31 stations entre la Savoie et Haute-Savoie, avant une arrivée prévue le 19 janvier à Val-Cenis (Savoie).
"C'est une course vraiment spéciale au rythme intense, pleine de relief et parmi les plus dures techniquement", assure Jack Gaspard, musher professionnel, qui participe pour la troisième fois à la Grande Odyssée.
Course de longue distance à l'instar de la Finnmarkslopet en Norvège, ou de l'Iditarod (1.700 km à travers l'Alaska), la Grande Odyssée offre différents gains pour une montant total de 100.000 dollars.
"Habituellement, les courses de ce type organisées en Norvège ou au Canada se font sur des grandes étendues. Ici, la difficulté vient du dénivelé", de 25.000 mètres, explique Henry Kam, organisateur de cette compétition sportive cofondée en 2005 avec l'aventurier Nicolas Vanier.
"Il faut savoir diriger les chiens et les aider à prendre leurs appuis et ne pas se laisser embarquer dans les descentes", ajoute Jack Gaspard, alors que la majorité du parcours se déroule en dehors des domaines skiables et de nuit la moitié du temps.
"Particulièrement éprouvante" pour les animaux, cette compétition de longue haleine fait appel au sens "tactique" et à "l'expérience" de l'attelage, s'accordent à dire les mushers, qui sélectionnent au départ de chaque étape les 8 à 10 chiens, parmi une meute de 14 bêtes, qui les accompagneront. Sur les 22 concurrents, on retrouve onze nationalités et deux femmes.
"Il faut en garder sous le pied pour que les chiens ne soient pas fatigués pour les étapes longues, programmées en fin de parcours. Les bons mushers sont ceux qui ont des chiens qui s'économisent", résume Jack Gaspard.
"Les chiens sont des êtres vivants, pas des moteurs. Il faut absolument créer un lien privilégié avec eux si l'on veut qu'ils fassent des efforts dans les moments difficiles", explique pour sa part Daniel Juillaguet, kinésithérapeute de métier, qui s'engage pour la septième année dans la course.
En effet, le conducteur de chiens de traîneaux qui mène son attelage à la voix, sans fouet ni rêne, n'a aucun moyen de coercition pour faire avancer ses chiens, soulignent les organisateurs.
"Dans un esprit de liberté, sans contrainte, mais à force de pédagogie, il faut arriver à créer un attachement entre le chien et son maître afin d'obtenir le meilleur d'eux-mêmes", analyse Jack Gaspard.
"C'est un travail de tous les jours que l'on mesure lors de ces compétitions", ajoute-t-il.
En 2010, la Grande Odyssée avait a été remportée à la vitesse moyenne de 22 km/h par le Suisse Emil Inauen, en lice pour défendre son titre.


















