France - Afrique du Sud: la honte et la défaite

FOOT L'équipe de France quitte la Coupe du monde sur une nouvelle défaite (2-1). Et un sentiment d'humiliation générale...

Romain Scotto

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Djibril Cissé, le 22 juin 2010 à Bloemfontein.
Djibril Cissé, le 22 juin 2010 à Bloemfontein. — A. Abidi / REUTERS

De notre envoyé spécial à Bloemfontein

En voyant les Bleus réunis en cercle, juste avant le coup d’envoi, on a d’abord cru à un mirage. Les joueurs, unis, soudés, comme on n’a cessé de nous le vendre pendant une compétition qui laissera le souvenir d’une grande débâcle. Un crash monumental, conclu sur une dernière correction, face aux Bafana Bafana (2-1). Les Bleus sont arrivés ici avec des rêves de finale. Ils quittent l’Afrique du sud sans même avoir gagné un match ou montré un semblant de combativité et de maîtrise. Voilà pour le terrain. Comme pour signifier son enterrement, cette équipe, qui n’en est pas une, ne s’est pas arrêtée là.

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Elle a ruiné sa propre image, s’est enferrée dans ses affaires de clans, sa chasse à la taupe et sa défiance vis-à-vis de son sélectionneur. Depuis mardi soir, Raymond Domenech n’est plus le patron d’une équipe qu’il n’a pas fait évoluer depuis l'échec de l’Euro 2008. A vrai dire, on ne pensait pas pouvoir tomber plus bas. C'est pourtant le cas.

Dans la cuvette vuvuzélée de Bloemfontein, l'ex-sélectionneur des Bleus s’est peut-être revu deux ans en arrière. Les Bleus quittent la Coupe du monde sur le même bilan (un nul et deux défaites en trois matchs). Ils ont aussi réduit à néant leurs derniers espoirs en craquant par deux fois (Khumalo et MPhela) lors de leur dernier match. Le défi s’est aussi corsé après l’exclusion d’un Bleu avant la pause, Yoann Gourcuff, sévèrement puni pour avoir carressé un visage avec son coude. La réduction du score de Florent Malouda évitera juste d'écrire que cette équipe n'est pas capable de marquer un but pendant un Mondial.

Sinon? On retiendra que le dernier «coup» de Domenech fut de bouleverser la moitié de son équipe de départ, pour entretenir l’espoir. Six changements par rapport au dernier match. Sur le banc, il n’a pas hésité à laisser son capitaine, Patrice Evra, dont le brassard a été confié un ancien remplaçant, Alou Diarra. Trop léger pour battre le pays hôte sur un score large, et oublier le score de l’autre match, entre l’Uruguay et le Mexique. Cette fois, l’aventure est bien terminée. Pour certains joueurs (Henry, Gallas, Anelka, Govou, Malouda?), elle devrait marquer la fin d’une carrière internationale. A moins qu’ils se sentent capables de reconstruire un semblant d’équipe, sur les ruines de cette campagne de sinistre mémoire. En termes d’image, cette Coupe du monde 2010 est déjà à ranger à côté de l’affaire VA-OM ou du scandale Festina. Elle fera date. Elle fera mal. A Laurent Blanc d’en effacer tous les dégâts. Pour cela, il lui faudra plus que du courage.