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5e des séries mais éliminé, Ndoye Brouard victime de la pire règle de l’histoire ?

Championnats d’Europe de natation : 5e des séries mais éliminé, Ndoye Brouard victime de la pire règle de l’histoire ?

polémiqueVainqueur de sa série sur 200 m dos, Yohann Ndoye Brouard est quand même passé à la trappe à cause de quotas empêchant plus de deux nageurs d’un même pays d’accéder au tour suivant
Diplômé en ingénierie informatique, famille de nageurs, recordman... On vous dit tout sur Léon Marchand
William Pereira

William Pereira

«Il ne faut pas croire que tout est derrière moi. On ne sait jamais, je peux avoir un problème encore sur cette compétition. » Yohann Ndoye Brouard s’était montré visionnaire quand nous lui demandions, au détour d’une opération avec son équipementier Arena, s’il avait épuisé son quota de malchance après avoir été freiné par une commotion cette année. Effectivement, il y a bien eu un problème.

Troisième meilleur français sur les séries du 200 m dos des championnats d’Europe de natation en 1’55” 91 - et 5e des séries - le champion d’Europe et médaillé de bronze aux Mondiaux de Singapour 2025 sur la distance est passé à la trappe ce mardi matin. Le Français a bien géré sa série en 1’55” 91, un chrono largement meilleur que celui qui lui avait permis de décrocher le titre de champion de France le mois dernier (1’56” 73).

Lundi, Bertille Cousson avait été la première victime française des quotas

L’ironie de l’histoire veut d’ailleurs que son dauphin des championnats nationaux, Antoine Herlem, soit l’autre malheureux de l’histoire. Treizième temps des séries en 1’56” 99, il aurait théoriquement dû accéder, lui aussi, aux demi-finales de mardi soir. La veille, la championne de France Bertille Cousson - décidément - avait également été victime de la densité tricolore sur les séries du 200 m dos féminin

Mais le règlement est formel, seuls deux nageurs par pays peuvent se qualifier pour le tour suivant, et lors des séries du 200 m dos masculin, il y avait deux Français plus forts que les autres : le phénomène Nathan Muratory, 18 ans, qualifié avec le record du monde junior (1’54” 87) et Mewen Tomac (1’55” 14). « Je ne fais pas la course à fond, j'en ai encore dans les jambes mais je pensais que moins de 1'56'' ce serait suffisant, j'ai sous-estimé mes adversaires, reconnaissait Ndoye Brouard après la course. Je suis content que le dos français ait ce niveau-là. »

Une règle pensée pour limiter l’hégémonie des nations majeures

Reste à savoir si ce point de règlement propre aux compétitions internationales, initialement pensé pour enrayer l’hégémonie de nations majeures comme les Etats-Unis et l’Australie, est aussi équitable qu’il n’entend l’être. En plus de réaliser une sélection dans la sélection, il oblige les concurrents d’un même pays à courir à bloc dès les séries, là où les meilleurs nageurs de nations moins dominantes, comme, au pif, Hubert Kos, peuvent se permettre de gérer leur effort de manière classique. Il est vrai que le Hongrois n’était pas assez dominant et qu’il méritait bien ce petit coup de pouce.

A l’inverse, il conviendra de surveiller les demies des deux Français supersoniques de la matinée, et espérer qu’ils n’aient pas laissé trop d’énergie dans une bataille qu’ils étaient les seuls à livrer.