La marathonienne ougandaise Rebecca Cheptegei est décédée à 33 ans, après avoir été brûlée par son compagnon
ATHLETISME•L’athlète ougandaise, qui avait participé au marathon des JO de Paris 2024 en août, est morte ce jeudi des suites de ses brûlures, qui auraient été causées dimanche à son domicile par Dickson Ndiema MarangachJ.Lau. avec AFP
Le monde de l’athlétisme est endeuillé ce jeudi matin. La marathonienne ougandaise Rebecca Cheptegei est décédée des suites de ses brûlures, vient d’annoncer le président du comité olympique ougandais, quatre jours après qu’un homme présenté comme son compagnon l’a immolée par le feu dans l’ouest du Kenya. « Nous avons appris le triste décès de notre athlète olympique Rebecca Cheptegei à la suite d’une violente agression de son petit ami. Que son âme repose en paix et nous condamnons fermement la violence contre les femmes », a déclaré Donald Rukare dans un message publié sur X.
Rebecca Cheptegei était brûlée « à plus de 80 % »
« Il s’agit d’un acte lâche et insensé qui a conduit à la perte d’une grande athlète. Son héritage perdurera », a-t-il ajouté. « Tous ses organes ont cessé de fonctionner la nuit dernière », a confirmé, sous couvert d’anonymat, un médecin du Moi Teaching and Referral Hospital (MTRH) de la ville d’Eldoret (Kenya) où l’athlète de 33 ans était soignée. Celle-ci avait participé le mois dernier au marathon des Jeux olympiques de Paris 2024, où elle s’était classée 44e.
Elle se trouvait dans « état critique », brûlée à « plus de 80 % », avaient indiqué les médecins. Un membre du personnel de l’hôpital avait affirmé mercredi, sous couvert d’anonymat, que son état s’était aggravé, après avoir « développé une infection bactérienne de septicémie ». La fédération ougandaise d’athlétisme s’est dite « profondément attristée » du décès de son athlète « victime tragique de violences conjugales », dans un message sur X. « Nous condamnons de tels actes et appelons à la justice », indique la fédération.
Le drame s’est déroulé dimanche et selon un rapport de police, le suspect identifié comme Dickson Ndiema Marangach s’est introduit dans la propriété de Rebecca Cheptegei vers 14 heures, alors qu’elle se trouvait à l’église avec ses enfants. La marathonienne vivait avec sa sœur et ses deux enfants dans cette maison qu’elle avait fait construire à Endebess, localité où elle s’entraînait située à 25 kilomètres de la frontière ougandaise, comme a détaillé son père Joseph Cheptegei, présent mardi à Eldoret.
Plusieurs drames récents dans l’athlétisme au Kenya
A leur retour de l’église, Dickson Ndiema Marangach l’a arrosée d’essence et il a mis le feu sous les yeux de ses enfants, deux fillettes âgées de 9 et 11 ans, selon le quotidien kényan The Standard. La relation exacte entre l’athlète et le suspect, qui souffre également de brûlures et est hospitalisé au MTRH d’Eldoret, n’était pas clairement établie. Le rapport de police les a présentés comme « un couple qui avait constamment des disputes familiales ». Mais selon le père de Rebecca Cheptegei, sa fille « s’est liée d’amitié avec cet homme, mais ils ont eu des différends et il est parti vivre avec sa femme ».
Ces dernières années, plusieurs drames ont endeuillé le monde de l’athlétisme au Kenya. En avril 2022, le corps d’une athlète bahreïnie d’origine kényane, Damaris Mutua, avait été retrouvé à Iten, célèbre lieu d’entraînement pour la course de fond sur les plateaux de la vallée du Rift. Son compagnon est soupçonné de l’avoir tuée.
En octobre 2021, la prometteuse athlète de 25 ans Agnes Tirop, double médaillée de bronze mondiale du 10.000 m (2017, 2019) et 4e des JO de Tokyo sur 5.000 m, avait été retrouvée poignardée à mort à son domicile d’Iten. Son mari Emmanuel Ibrahim Rotich est poursuivi pour meurtre. Il nie les accusations. Son procès est en cours.


















