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Redresser la billetterie des Paralympiques, le prochain défi de Paris 2024

Jeux paralympiques : Redresser la barre de la billetterie du « match retour », le prochain défi de Paris 2024

CA RAMEAu dernier pointage, seulement 900.000 billets ont été vendus pour les Jeux paralympiques de Paris 2024, dont une immense majorité par des acteurs publics. Une configuration qui rappelle Londres, où tout s’était joué à la dernière minute
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • A l’approche des J-100 avant les Jeux paralympiques 2024, il reste de nombreuses places disponibles pour l’événement, même si certaines sessions affichent déjà complet (para-tir sportif, escrime fauteuil, etc.) Cependant, l’exemple des Jeux de Londres 2012 et Rio 2016 laisse croire à un dernier rush vers les billets à l’approche de l’événement.
  • Pour booster les ventes auprès du grand public, Tony Estanguet a récemment souligné la disponibilité de billets abordables, notamment pour la natation au Stade de France et les épreuves au Champ-de-Mars.
  • Certaines disciplines comme l’athlétisme attireront du public grâce à la présence de stars parathlètes, mais l’organisation entend accentuer ses efforts de communication pour donner envie au grand public de découvrir des sports moins connus.

Le contraste est saisissant. En naviguant d’une part sur ce qu’il reste de la billetterie en ligne des Jeux olympiques 2024, où les miettes restantes valent de l’or, et de l’autre sur celle des Jeux paralympiques, où les disciplines les plus populaires restent abordables, on devine facilement l’état d’avancement disparate dans lequel se trouvent les deux événements. Attention à ne pas traîner tout de même, certaines sessions affichent déjà complet : c’est le cas du para-tir sportif ou de l’escrime fauteuil.

En tout, ce sont seulement un tiers des billets (900.000 environ) qui avaient été déclarés vendus au dernier pointage, au début du printemps, dont 80 % à des acteurs publics, à savoir des partenaires des Jeux ainsi que l’Etat (qui pèse à lui seul 300.000 places). Un nouveau point d’étape est attendu cette semaine, à J-100 de ce que Paris 2024 appelle « le match retour ». En attendant, l’organisation dit constater « un fort engouement pour la billetterie des Jeux paralympiques » et « continue d’avancer dans cette voie ». Flou.

Toujours dans les temps par rapport à Londres et Rio

Pas de panique à bord, dit la tendance, ne serait-ce que parce que la jurisprudence Londres 2012 et Rio 2016 – Tokyo est logiquement exclu de l’équation – vont dans le sens d’un engouement de dernière minute. Il y a douze ans, plus de 2,7 millions de billets avaient été vendus, dont 600.000 lors des dernières semaines précédant la cérémonie d’ouverture des JO 2012. Au Brésil, l’avant Jeux paralympiques s’annonçait désastreux et avait finalement accouché du deuxième meilleur score de l’histoire derrière Pékin 2008, là encore à la faveur d’une ruée vers les billets de dernière minute.

Une légère inquiétude subsisterait néanmoins du côté des organisateurs, soucieux de peaufiner leur communication pour toucher le grand public. Tony Estanguet en personne est sorti du bois mercredi pour rappeler, dans des propos relayés par France Info, qu’il « reste des places assez exceptionnelles au Stade de France pour la natation, mais aussi au Champ-de-Mars, place des Invalides ». La suite de l’argumentaire traduit en revanche un léger manque de créativité et beaucoup de lieux communs. « Vous allez retrouver la passion du sport, les émotions des Jeux olympiques, et découvrir en plus un événement qui est quand même très émouvant. […] Au-delà des performances sportives, on est aussi impressionné par cette capacité, ce courage, cette détermination, cette résilience des athlètes paralympiques. »

Il en faudra un peu plus pour lancer la hype. « 2012 avait été un succès car Londres avait réussi à faire des stars, rappelle Axel Zorzi, parathlète, détenteur du record de France sur 100m en 10.83 et chance de médaille cet été. Pour faire des stars, il faut du storytelling, de la présence médiatique des athlètes et réussir à susciter l’intérêt des gens. Mais c’est à qui de faire la com ? Aux organisateurs des JO ? Aux organisateurs des Jeux paralympiques ? Aux médias ? »

Les parathlètes choyés, la boccia délaissée

Le sprinteur ne craint cependant pas de courir dans un Stade de France vide, le parathlétisme restant une discipline phare des Jeux, comme il a pu le humer lors des Mondiaux 2023, au stade Charléty.

« L’année dernière, on a un peu pu toucher cette hyper sollicitation, cette hyper présence médiatique. On nous a prévenus que ça serait pareil aux Jeux. Aux mondiaux de Paris, j’ai couru devant 10.000 personnes, rien à voir avec ce que j’ai pu vivre auparavant. C’était incroyable. Mais c’est sûr que ça ne sera pas forcément le cas pour toutes les disciplines. » »

Comme la boccia, qui propose encore des places pour chacune des sessions. Pour elle et les autres disciplines moins prisées, l’organisation devra redoubler d’idées.