Maroc : Un trek solidaire vire au cauchemar sanitaire pour des centaines de participantes
intoxication•Plus de 300 participantes du « trek Rose Trip », organisé dans le désert marocain fin octobre, sont tombées malades et accusent l’organisateur de négligence sanitaireN.C.
Un trek solidaire pour sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein a viré au cauchemar pour les participantes, la semaine passée au Maroc. Organisé dans le désert à partir du 26 octobre, le « trek Rose Trip » s’est rapidement transformé en calvaire pour des centaines d’entre elles, qui ont commencé à ressentir les syndromes de la gastro-entérite. Certaines ont même dû être rapatriées d’urgence, pendant que sur place, le chaos était total, ont raconté des témoins à plusieurs médias ces derniers jours.
« Je m’écroule devant la tente médicale dans une atmosphère apocalyptique. Les filles autour de moi se font littéralement dessus. Des filles en détresse sont laissées démunies sur des matelas dehors », raconte par exemple au Parisien Sarah, qui s’est sentie malade dès le premier jour de compétition. Le soir même, Karine recense une soixantaine de femmes contaminées, explique-t-elle à France 3, et repère un élément d’explication : « On se rend compte que la fosse septique est à ciel ouvert, qu’elle se situe à peine 10 mètres près des cuisines et des tentes où l’on dort. »
Les conditions d’hygiène dans lesquelles s’est tenue la course font l’objet de vives critiques, tout comme le manque de moyens pour soigner les malades. « J’ai vécu 48 heures où nous étions dans notre vomi, dans nos déjections, c’était indescriptible », a témoigné sur France Inter une autre participante, restée deux jours sur le camp avec des symptômes graves sans pouvoir être évacuée. « Je me sens partir, je convulse par terre pendant plusieurs heures, et on me dit que mon cas n’est pas prioritaire », raconte-t-elle.
Une association est en train d’être mise en place pour se retourner contre l’organisateur, le voyagiste Désertours. Ce dernier a publié un communiqué dans lequel il indique simplement que « les symptômes de gastro-entérites aiguës sont fréquents au Maroc mais ont été d’une virulence et d’une ampleur exceptionnelle ». « S’il est difficile de répondre en temps réel, individuellement, à l’ensemble des demandes que nous recevons, soyez assurées qu’il ne s’agit aucunement de désinvolture de notre part et que votre sécurité est toujours notre priorité », ajoute-t-il à destination des participantes.
Enquête en cours et action en justice
Selon un rapport que France Bleu Gard Lozère a pu se procurer, Mutuaide Assistance, assureur de l’événement, estime « la réaction de [l’équipe médicale de Désertours sur place] face à un afflux de victimes a été extrêmement rapide et parfaitement adéquate malgré le stress et la pression sur place ».
Deux versions s’affrontent donc, jusqu’au nombre de participantes tombées malades. Elles sont 325 (sur 816 au total) selon le futur collectif de victimes, dont 39 ont dû être hospitalisées. Désertours avance de son côté le chiffre de 200 intoxiquées et 18 hospitalisations. Selon France 3, la piste privilégiée est celle d’une infection à l’E-Coli ou Shigella. Une enquête est en cours de la part des autorités sanitaires marocaines, et le collectif prépare une action en justice.


















