JO : La boxe risque gros après la réélection (comique) du Russe Kremlev à la tête de l’IBA

BOXE Le différend entre l’IBA et le CIO autour de la gouvernance de la boxe pourrait coûter à la discipline sa place aux JO après Paris 2024

W.P.
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A gauche, Kremlin, à droite, Kremlev.
A gauche, Kremlin, à droite, Kremlev. — Gavriil Grigorov/SPUTNIK/SIPA

La boxe ne fait pas grand-chose pour arranger son cas. Sommée par le CIO de faire le ménage au sein de l’instance sous peine de disparaître du programme olympique après les JO de Paris 2024, la fédération internationale (IBA) a réélu Umar Kremlev à sa tête. Ce dernier avait succédé en 2020 à Gafur Rakhimov, écarté en un an plus tôt par le CIO en raison de ses accointances avec le crime organisé. Deux ans auparavant, c’était le Taïwanais Ching-Kuo Wu, qui, rattrapé par les casseroles - voire toute la cuisine - avait démissionné de la présidence en 2017.

Umar Kremlev passe plutôt pour un saint homme par rapport à ses prédécesseurs. Mais le CIO n’est pas pleinement satisfait de la gouvernance actuelle. Comme mentionné par L’Equipe, le comité olympique réclame des réformes structurelles, notamment liées au financement, l’IBA étant très dépendante de Gazprom. Celles-ci tardent à arriver, et le CIO finit par craquer : la boxe est retirée du programme olympique après les JO de Paris 2024. Avec un petit sursis jusqu’à 2023, quand même, au cas où la situation s’améliorerait.

Un simulacre de réélection

La réélection (qui n’en porte que le nom) de Kremlev ne va pas tout à fait dans cette direction. On vous la fait courte : en mai, le Néerlandais Boris Van der Vorst se présente contre le président sortant au cours du congrès de l’IBA. Sa candidature est dans un premier temps invalidée pour des raisons obscures, et Van der Vorst porte l’affaire devant le TAS, qui lui donnera raison. Nouveau congrès à Erevan, la semaine dernière. Défaite de Van der Vorst. Enfin pas tout à fait.

Plutôt que de procéder à un vote pour départager les deux candidats, l’IBA s’est tournée vers les délégués pour leur demander s’il fallait organiser de nouvelles élections, parce que mine de rien, c’est un peu relou. Résultat, 106 contre, 36 pour. La fédé internationale de boxe considère que le résultat a valeur de réélection d’Umar Kremlev.

Le CIO inquiet, l’IBA riposte

Le CIO s’est dit « extrêmement préoccupé » par ce cirque. « À la suite de ces développements dérangeants, la commission exécutive du CIO réétudiera la situation dès sa prochaine réunion (5 au 7 décembre à Lausanne). » « Le CIO devrait demander à nos observateurs indépendants, le professeur Richard McLaren et le président du comité d’éthique, Bernhard Welten, de leur parler des" circonstances chaotiques de la procédure de vote "qu’ils ont mentionnées" », a pour sa part réagi le secrétaire général de l’IBA, George Yerolimpos à Inside The games. « Nous avons eu des superviseurs lors des élections, et nous devons tous respecter la volonté démocratique du Congrès de l’IBA, qui s’est exprimée de manière transparente. » Pas sûr que cela suffise à arranger le cas de la boxe, qui pourrait disparaître bien assez vite des JO, auxquels certains de ses représentants ne tiennent pas plus que ça.