Retraite de Federer (1/5) : « J’ai pleuré quand il a gagné Roland »… Nos lecteurs rendent hommage à son immense carrière

tennis Voici un recueil des plus beaux témoignages sur Roger Federer reçus par « 20 Minutes » après l’annonce de la retraite du Suisse

Nicolas Camus
Roger Federer lors de sa victoire contre Marin Cilic en finale de Wimbledon 2017.
Roger Federer lors de sa victoire contre Marin Cilic en finale de Wimbledon 2017. — Noriaki Sasaki/AP/SIPA
  • Roger Federer a annoncé la semaine passée qu’il prendrait sa retraite après la Laver Cup, qui se déroule le week-end prochain.
  • Joueur immensément talentueux, élégant, au palmarès hors-norme, le Suisse a marqué toute une génération depuis ses débuts, il y a près de 25 ans.
  • « 20 Minutes » a recueilli les témoignages de ses lecteurs, dont certains resteront marqués à vie par les émotions procurées devant les matchs et l’attitude du champion.

Il est de ces événements inéluctables auxquels on refuse de se préparer. Trop douloureux. L’annonce de la retraite de Roger Federer en fait incontestablement partie. Personne ne voulait imaginer à quoi ressemblerait le tennis sans le Suisse. Mais il faut désormais se rendre à l’évidence. Le Suisse a fini par dire stop, après 20 titres du Grand Chelem en presque 25 ans de carrière. Avant les derniers coups de raquette du maître, à partir de vendredi lors de la Laver Cup, 20 Minutes consacre une série d’articles à celui qui restera une légende du jeu. Premier épisode ce lundi, l’hommage de nos lecteurs à l’immense carrière de Rodgeur.

Il y a plusieurs façons de faire son deuil. Certaines personnes ont besoin de parler, encore et encore, pour évacuer le trop-plein d’émotion, d’autres ne peuvent aligner que quelques mots, la gorge nouée. Dire adieu à quelqu’un est avant tout un voyage intérieur. Alors certes, on ne parle là que de la mort sportive d’un homme, mais s’agissant de Roger Federer, tout prend toujours des proportions démesurées. Le Suisse, joueur si talentueux, si élégant, a marqué les esprits au-delà du monde du tennis. Nos lecteurs ont été nombreux à vouloir apporter leur contribution à ce papier hommage. Chacun à leur manière.

« Respect. Le meilleur », commente ainsi sobrement Marylin, qui fait partie des personnes pudiques. Ils sont quelques-uns dans ce cas, comme Anne («simplement The Best ») ou François : « Federer restera le meilleur joueur de tous les temps. La classe absolue. » Peut-être est-ce aussi qu’il n’y a rien à dire de plus. La carrière de Rodgeur, 20 titres du Grand Chelems, 103 trophées ATP au total, plus de 1.300 victoires sur le circuit et 310 semaines cumulées au rang de numéro 1 mondial, parle d’elle-même. Le Suisse n’a pas d’équivalent dans l’histoire du jeu.


Certains ont eu la chance de le voir jouer. Parfois très jeune, à l’image de Jean-Pierre, qui exhume un souvenir du début des années 90. « En conduisant mon fils jouer dans son club des Old Boys (Bâle), Roger avait 10 ans, je l’ai vu jouer, taper dans cette balle. C’était déjà impressionnant et cette image de lui m’est toujours restée », nous écrit-il. Ancien conseiller technique régional de la FFT, Serge a « eu le plaisir de le voir en lives quelques fois ». On comprend à son témoignage qu’il ne s’est jamais autant régalé à regarder du tennis. « Cela dépassait tout ce que l’on pouvait de voir chez un champion », observe-t-il.

Parmi les fans, on constate plusieurs catégories. Les pondérés, avec la hauteur de vue qui sied à Sa Majesté. Prenez Pierre, par exemple, qui nous a envoyé un petit paragraphe qui colle parfaitement à l’image gendre idéal du Bâlois. « Un champion au grand sens du jeu, élégant, fair-play, sobre, chaleureux, doublé d’un homme bon, avec une image parfaite, qui nous a procuré de si nombreux bons moments, écrit-il. Bravo et respects. » On retiendra également le mot de Laurence, qui évoque « un joueur exceptionnel à tous les niveaux ». « Sa technique, sa sportivité, sa gentillesse et son palmarès font de lui un champion fabuleux qui aura marqué son époque et qui est entrée dans l’histoire sportive, complimente-t-elle. Simplement merci Roger Federer de nous avoir permis de passer des moments extraordinaires. »

Les archivistes…

Et puis il y a les fans invétérés, du genre capables de zapper l’anniversaire de leur propre mère pour voir le maître à l’œuvre. Dans cette catégorie, notre champion restera Damien, que l’on imagine en larmes quand il a appris la nouvelle, jeudi. « Je criais, pleurais, chantais, espérais, hurlais, stressais, quand Federer jouait. Jamais un sportif ne m’a fait cette sensation, décrit notre lecteur. Une fois la télé éteinte, je passais à autre chose, mais avec Federer, j’avais l’impression que quelqu’un de ma famille jouait. Je l’ai suivi partout en Europe quand je pouvais. Ce fut des moments magiques que je garderai toute ma vie. » Courage pour la suite, Damien.

Dans un autre genre, on a débusqué quelques beaux spécimens de ceux qu’on pourrait appeler les archivistes. On parle là de personnes qui se mettent de temps en temps une petite vidéo d’une grande victoire de Rodgeur, à la pause dej ou entre deux slides de la dernière présentation de Jean-Michel PowerPoint au bureau. Leur chef : Julien, qui doit mieux connaître la carrière de Fed que Fed lui-même.

Jugez plutôt : « Il est mon idole. Sa finale contre Hewitt en 2004 à l’US m’a émerveillé et a éveillé une passion pour le tennis qui ne s’est depuis jamais éteinte. J’ai pleuré quand il a gagné Roland en 2009. Merci pour la demie 2011 contre djoko, pour les premiers mois de l’année 2017 où il était énorme et offensif, et les années 2005-2006-2007, injouables ❤️ ! Wim 2019 reste un crève-cœur mais à 37 ans il a battu Nadal en demie et dominé un Djoko énorme en finale, qu’il aurait dû gagner. Des matchs qui m’ont marqué : contre Del Potro à l’Open d’Australie en 2009, contre Blake au Masters en 2006, contre Murray) Wim en 2015, contre Nadal à Miami en 2017. Et puis les finales de Wimbledon 2008 et 2019, défaites mais sensationnelles. LÉGENDE ! »


Federer et Nadal après la fameuse finale de Wimbledon terminée à la bougie en 2008.
Federer et Nadal après la fameuse finale de Wimbledon terminée à la bougie en 2008. - AFP

Le catalogue est complet. Jean-Marc, fin connaisseur également, n’en cite pas autant mais se rattrape sur les détails. « Je retiens sa victoire à l’open d’Australie 2017 face à Nadal. Il revient après 6 mois d’arrêt, n’a pas gagné un Grand Chelem depuis 2012 et bat l’espagnol pour la 1re fois depuis 2007 en finale d’un Majeur. Sa défaite en finale à Wimbledon 2019 contre Djokovic, aussi. 40-15 sur son service, deux balles de match. S’il avait pu rejouer ces deux points, 99/100, il gagne. » C’est ce genre de défaite qui a, aussi, magnifié le parcours du Suisse, comme on l’écrivait dans ce papier la semaine passée.

… et le GOAT des fans

Enfin, il y a les fans qui ne savent plus s’arrêter. Qui ont besoin de tout déverser pour remplir le vide qui va inévitablement s’installer. Tristan a pondu un pavé de 3.000 signes pour nous raconter le lien unique qui s’est tissé avec Roger Federer, sans même le connaître. Le genre de témoignage à la frontière entre le magnifique et le flippant, tellement le Suisse était présent dans sa vie de tous les jours. Au point de le considérer comme « un ami jamais rencontré ». « Il est celui sur tous mes mots de passe, celui que je passais deux fois par jour sur Google, celui qui faisait garder le lien avec des amis éloignés par le partage d’articles ou de vidéos, relate Tristan. Je me vois même parfois avoir la même démarche que toi, ces moments où il m’arrive de penser à toi sont assez irrationnels, je m’en rends compte et je m’en moque. »

Mais attendez, le meilleur est à venir. Sa dévotion va même jusqu’à s’immiscer dans le choix du prénom de ses enfants. Il poursuit, s’adressant directement à son idole : « Ma fille aînée, plus âgée que les tiennes, s’appelle Rose (ce prénom te parle évidemment), mon fils s’appelle Côme et je voulais Rodgeur en troisième prénom. Ma femme a râlé car elle savait que je voulais mettre "on" en second prénom, ce qui aurait fait Come On Rodgeur. » Tout en précisant que ceci est une « histoire vraie ». On l’aura compris, Federer a accompagné chaque moment de la vie de Tristan, qui a regardé ses matchs « sur [son] canapé, dans le train, dans sa chambre, au bureau », qui a parlé de lui « à tout le monde », qui a dans sa bibliothèque trois biographies et un roman consacrés au Suisse, et qui « ne mange que [ses] pâtes ». True story, encore une fois. Le pire dans tout ça (ou le meilleur ?), c’est qu’on est sûrs qu’il y a plein de Tristan partout dans le monde. Ne leur demandez pas ce qu’ils vont faire le week-end prochain.