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Copilotes malgré eux
DAKAR•Ils n'ont pas choisi leur rôle, mais ils assurent...Matthieu Payen (à Antofagasta, Chili)
De notre envoyé spécial au Chili.
Le hasard fait parfois bien les choses. Sur le Dakar, ils sont plusieurs à avoir atterri de façon un peu impromptue sur le siège passager. Parmi eux, Tina Thörner assise aux côtés de Guerlain Chicherit. «C'est mon neuvième Dakar, avance la Suédoise. J'ai débuté il y a vingt ans. A l'époque, je n'y connaissais rien en mécanique, mais mon copain était pilote et un jour son copilote est tombé malade. J'ai dû le remplacer.» Et voilà comment on en vient à assister Colin McRae ou encore Jutta Kleinschmidt.
Tout gêrer
L'histoire est similaire chez Matthieu Baumel, qui officie aux côtés du Portugais Carlos Sousa. «Je me suis mis à la voiture parce que j'aimais la vitesse, explique-t-il. Mais je n'avais aucune connaissance du sport automobile, j'ai donc décidé de devenir copilote dans un premier temps. Et depuis, je n'ai pas changé.»
Etrange coïncidence entre ces deux profils, mais compréhensible. Rares sont les jeunes passionnés de bagnoles qui rêvent de tenir une carte, à défaut de tenir le volant. Et copilote n'est pas vraiment un job de touriste: étudier la route dans les moindres détails, savoir parfaitement quoi faire en cas de pépins, connaître le moteur du véhicule sur le bout des doigts et même réserver à l'avance les hôtels ou gérer l'intendance. «Il faut que le pilote n'ait qu'une chose à penser: la conduite», résume Matthieu Baumel.
«La bise tous les matins»
C'est dans cette optique que ce dernier a créé à Alès en 2003 la première formation de copilote en France: «Les jeunes qui débutaient me posaient plein de questions, je me suis donc dis qu'il manquait une structure pour apprendre avant de se lancer. La formation donne les bases pour comprendre les réglementations complexes du sport auto, à écrire des notes sur un parcours, à les prononcer correctement même quand ça chahute dans l'habitacle, à interpréter correctement une carte.» Et ça marche. Ils sont trois sur le Dakar à avoir suivi ces préceptes et «ils tournent pas mal», soutient fièrement le professeur.
Il reste cependant un point que la théorie ne peut remplacer: les rapports entre les deux équipiers. Un point que Tina Thörner ne néglige pas. «Moi, je fais la bise tous les matins à Chichi [le surnom de Guerlain Chicherit], souligne la pétillante Suédoise. Et puis, je lui donne des petits conseils. Par exemple, je lui dis, 'Chichi, tu es trop maigre, il faut que tu manges pour tenir la distance. Regarde Sainz ou Peterhansel, ils sont en forme, mais ils ont un peu de gras en plus.'» Matthieu Baumel est moins aux petits soins avec son pilote mais il reconnaît lui aussi que le succès d'un équipage réside dans l'entente entre les deux personnes. «Pour le moment, j'ai toujours eu des pilotes avec qui je m'entends bien. La chance!»



















