Pascal Papé: «Je préfère regarder l'avenir, le passé je m'en branle»

RUGBY Longtemps blessé la saison passée, le deuxième-ligne du Stade Français s'installe enfin comme la poutre du pack parisien…

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Le deuxième ligne du Stade Français, Pascal Papé (au centre), lors d'un match face à Castres, en mars 2008.
Le deuxième ligne du Stade Français, Pascal Papé (au centre), lors d'un match face à Castres, en mars 2008. — G. SPOSITO / REUTERS

Ce n’est pas une foulure qui va l’abattre. Après un entraînement légèrement écourté et un passage par la case kiné, le deuxième ligne parisien nous rassure sur son état de santé. Les blessures, Pascal Papé a déjà donné et préfère mettre ça loin derrière lui.

Votre cheville est bandée, plus de peur que de mal?

C’est trois fois rien, je serai à Bath dimanche.

Justement, que vous inspire cette équipe de Bath?
C’est anglais, dont très solide. C’est une équipe avec un gros collectif, au style bien anglo-saxon. Leur défaite la semaine dernière contre l’Ulster m’a surpris mais ne reflète pas leur niveau. Question puissance et défi physique, je pense que c’est un niveau au-dessus d’Edimbourg (battu 31-7 par le Stade Français samedi dernier). On a une grosse poule cette année, très homogène. L’Ulster s’est renforcé par rapport à la saison passée. Il ne faut pas négliger Edimbourg. Malgré leur lourde défaite chez nous, on en reparlera de cette équipe.

Depuis l’arrivée du Jacques Delmas et Didier Faugeron, on sent qu’il y a plus de vie dans le groupe du Stade Français et les résultats suivent d’ailleurs…

On découvre un nouveau fonctionnement, une autre façon de travailler. C’est sympa. Mais très honnêtement, je n’ai pas envie de revenir sur le passé et dire du mal des entraîneurs précédents (Ndlr: Ewen McKenzie et Christophe Dominici). Je préfère regarder l’avenir, le passé je m’en branle.

Qu’est-ce que vous Jacques Delmas apporte de plus?
Il amène un renouveau dont on avait besoin et surtout son expérience. Jacques a été deux fois champion de France avec Biarritz, ce n’est pas négligeable. C’est une aubaine d’avoir un entraîneur comme lui.

Est-ce vous avez mis à profit votre longue indisponibilité, la saison passée, pour réfléchir à votre jeu, au rugby en général?
Pas du tout! Cette période remonte à plus d’un an, c’est déjà loin. J’ai pris cette blessure comme une blessure normale. J’en ai surtout profité pour me refaire une fraîcheur mentale et pour me perfectionner physiquement comme tout sportif blessé.

Vous pensez être revenu à votre top niveau?
Le jour où on est top ça veut dire qu’on est arrivé au bout de ses possibilités. Donc, j’espère que je suis encore très loin de mon top niveau.

Pensez-vous déjà à la liste de Marc Lièvremont pour la tournée d’automne?
Le XV de France ça reste l’objectif de tous les joueurs professionnels. C’est l’objectif ultime. Donc bien sûr que j’y pense, j’ai envie de m’y installer. Une fois qu’on y a pris goût, c’est comme une drogue, on a beaucoup de mal à s’en passer. 

Bernard Laporte suit de près le Stade Français en tant que membre du conseil d’administration. Est-ce que vous avez-vous eu l’occasion de reparler dernièrement de votre non-convocation pour la Coupe du Monde 2007?
Je n’ai aucune rancœur envers lui. Deux ans sont passés depuis cette Coupe du monde. En tant que sélectionneur il a dû prendre une décision, qui était ce qu’elle était, aujourd’hui il a une autre fonction dans le club. Je suis content qu’il soit avec nous, c’est un homme d’expérience qui a un gros charisme. Je me répète, mais le passé c’est le passé.