Euro 2022 : Selon Laura Georges, « il n'y a pas de malédiction des quarts de finale » pour l'équipe de France

FOOTBALL L’équipe de France, qui reste sur cinq défaites d’affilée en quart de finale d’une grosse compétition, affronte les Pays-Bas à ce stade de l’Euro, samedi. Mais selon l’ancienne défenseuse des Bleues (188 sélections), il n’y a aucun complexe à nourrir

L'ancienne défenseuse des Bleues, Laura Georges, ici en juin 2022 à Nyon (Suisse).
L'ancienne défenseuse des Bleues, Laura Georges, ici en juin 2022 à Nyon (Suisse). — Fabrice COFFRINI / AFP
  • L'équipe de France affronte les Pays-Bas en quart de finale de l'Euro, ce samedi.
  • Les Bleues ont échoué à ce stade de la compétition lors des cinq dernières tentatives.
  • Mais Laura Georges, l'ancienne capitaine, est optimiste en vue de ce choc face aux tenantes du titre.

Ça y est, les choses sérieuses commencent enfin. Après l’amuse-bouche de la phase de groupe, que les Bleues ont terminé invaincues, l’équipe de France aborde le plat de résistance. Copieux, lourd et sûrement difficile à avaler. Ce samedi, en quarts de finale de l’Euro, l'équipe de France affronte les Pays-Bas, tenantes du titre. Si les Néerlandaises avancent un peu à tâtons, avec des forfaits, des performances en-deça, les coéquipières de Grace Geyoro, elles, ont enfin envie de terrasser le boss de milieu de jeu : les quarts.

Car lors des cinq dernières compétitions (Euro, JO, Mondiaux), les pupilles de Corinne Diacre n’ont jamais réussi à franchir le seuil des quarts de finale. Laura Georges en sait quelque chose. L’ancienne défenseuse des Bleues, 188 sélections entre 2001 et 2018, est restée bloquée à trois reprises à ce stade de la compétition. Mais elle n’en fait pourtant pas une fatalité.

Est-ce qu’il y avait, à votre époque, une appréhension particulière avant d’aborder les quarts de finale ?

Non, l’échéance des quarts de finale ne nous a jamais fait peur. En fait, une compétition, on l’aborde de deux façons. Il y a d’abord la phase de groupe, où on sait qu’il faut se qualifier, donc on se concentre sur ça. Et après, on entre dans la phase éliminatoire, mais ça ne fait pas plus peur. On se dit juste que c’est un match où tu peux rentrer chez toi à la fin et qu’il ne faut avoir aucun regret. On était surtout dans cet esprit-là, à l’époque.


Mais, à force d’échouer, vous ne pensiez pas à une malédiction qui vous entourait ?

Non, il n’y a pas de malédiction. C’est juste une histoire de médias, qui rappellent qu’on avait perdu à différentes reprises. Mais, au fond de nous, il n’y avait jamais un moment où l’on se disait : « Tiens, on a l’habitude de perdre à ce moment-là. » On n’y pensait vraiment pas.

Vous évoquiez une compétition en deux phases. Est-ce qu’il y a une différence d’état d’esprit entre la phase de groupe et le match à élimination directe ?

L’état d’esprit est toujours le même : celui de conquérir, gagner le match. Mais on sait que, forcément, un match à élimination direct, tu n’as pas de plan de secours. C’est vraiment se dire : « Il n’y a pas de calcul à faire, on y va pour gagner, point. » Il faut vraiment un état d’esprit conquérant, ne pas aborder le match en se disant qu’on va faire tourner le ballon. Je ne parle pas du point de vue du coach, mais nous, les joueuses, on était vraiment dans le « ne pas avoir de regrets ».

Quand on aborde mentalement un quart de finale face aux championnes d’Europe en titre ?

Si je me mets à la place des filles, il faut absolument se sortir de l’idée qu’elles affrontent les tenantes du titre. Après, il ne faudra pas trop penser à la rencontre disputée en février, quand les Bleues avaient battu les Oranjes 3-1, avec deux buts de Katoto. C’est évidemment un adversaire de qualité, mais la France est aussi forte. Il faut avoir confiance en ses capacités. Elles ont ce qu’il faut pour battre les Pays-Bas. Elles ne vont pas regarder l’adversaire. Ça serait une erreur de se focaliser sur elles. Il faut juste savoir comment on peut leur faire mal. Après, les championnes en titre sont toujours favorites.

Vous parliez de Marie-Antoinette Katoto… A quel point son absence va être préjudiciable ?

En fait, je suis contente de voir ce que l’équipe de France a montré avec Melvine Malard à la pointe de l’attaque [buteuse face à l’Islande], même s’il est possible qu’Ouleymata Sarr soit titularisée. Ce qui est intéressant, c’est que l’équipe de France a des joueuses qui peuvent prendre le relais, qui ont du talent qui peut déstabiliser les Néerlandaises. Je ne dirais pas que l’absence de Katoto soit préjudiciable. Les Bleues doivent aussi apprendre à compenser avec d’autres joueuses, qui jouent dans de grands clubs, qui jouent la Ligue des champions. Je ne me fais pas de souci sur le visage qui sera affiché par les Bleues lors de ce quart de finale.

N’êtes-vous pas inquiète sur les performances des Bleues en seconde période, qui baissent un peu le pied ?

Non, pas du tout. Ce match, ça va se jouer dans la « consistance » dans l’effort, la concentration, la solidité, l’efficacité… L’essentiel, c’est de gagner les matchs à la fin. Souvent, les médias [décidément…] sont là à dire que la seconde période était moins aboutie. Mais, à la fin du match, on vous demande quoi ? On en a vu des équipes qui jouent bien et qui perdent. L’essentiel, c’est que les filles sachent comment elles doivent continuer à progresser.