Rugby : « La cinquième ville de France doit être au moins en Pro D2 », estime le patron du Stade niçois

INTERVIEW Nice accueille les deux demi-finales du Top 14 ce vendredi et samedi. L’occasion de mettre en lumière son club qui fait tout pour revenir dans l’élite après un passage à vide. Régis Brandinelli, le président du Stade niçois, a répondu aux questions de 20 Minutes

Propos recueillis par Fabien Binacchi
Régis Brandinelli avec le pilier fidjien Sunia Vola
Régis Brandinelli avec le pilier fidjien Sunia Vola — Stade niçois rugby
  • Vice-champion de France en 1983, le Racing rugby club de Nice, devenu Rugby Nice Côte d’Azur puis Stade niçois rugby renaît peu à peu de ses cendres.
  • Après avoir évolué en Fédérale 3 dès 2012 et retrouvé rapidement des couleurs jusqu’à intégrer la Nationale en 2020, le club de la cinquième ville de France, qui accueille ce week-end les demi-finales du Top 14, espère même pouvoir bientôt retrouver l’élite.
  • Son président, Régis Brandinelli, parle d’avenir avec 20 Minutes.

Nice, capitale du rugby français pour le week-end. La ville accueille les deux demi-finales du Top 14 ce vendredi et samedi sur la pelouse de l’Allianz Riviera. De quoi raviver encore un peu la flamme qui renaît depuis quelques années dans le cœur des supporteurs azuréens de l’ovalie. Et dans celui de son équipe locale.

Vice-champion de France en 1983, le Racing rugby club de Nice, devenu Rugby Nice Côte d’Azur et aujourd’hui Stade niçois rugby renaît peu à peu de ses cendres. Après avoir évolué en Fédérale 3 dès 2012 et retrouvé rapidement des couleurs jusqu’à intégrer la Nationale en 2020, le club de la cinquième ville de France espère même pouvoir bientôt retrouver l’élite. Son président, Régis Brandinelli, parle d’avenir avec 20 Minutes.

Après un passage à vide, on sent, depuis plusieurs années, le retour d’un certain engouement pour le rugby à Nice…

Ce sport y a toujours eu son importance. Mais les choses se sont un peu arrêtées depuis les années 2000, tout simplement parce qu’on n’a pas correctement pris le virage de la professionnalisation. On est en train d’y revenir. Aujourd’hui, oui, il y a un vrai engouement. On a la chance d’avoir une municipalité et des collectivités qui nous suivent et qui nous aident beaucoup. Pas mal d’entrepreneurs niçois également. Petit à petit, on remet ce sport à sa place. Notamment avec le Stade niçois qui remonte à un niveau plus cohérent et qui devrait l’être encore plus dans les années à venir. J’ai toujours été au club et cela fait sept ans que j’en suis l’un des dirigeants. Ça n’a plus rien à voir avec tout ce que j’ai connu à l’époque, lorsqu’on était en Fédérale 3. À part les passionnés, les mordus, personne ne venait voir le rugby. Aujourd’hui, ce n’est plus comme ça. Puis, on voit bien qu’on redevient une ville qui compte entre notre partenariat avec le Stade Français, la fédération écossaise, l’équipe de France qui est venu à plusieurs reprises et qui est encore là cette semaine, les demi-finales du Top 14, la Coupe du monde… Il y a une vraie dynamique. Et par effet domino, les autres clubs de la région en profitent également.

La professionnalisation dont vous parliez a pris un sérieux coup d’accélérateur. Un gros effort a également été fait sur les équipements… Que manque-t-il encore ?

Tout simplement qu’on monte en Pro D2 ou mieux. Le fait que Nice, cinquième ville de France, ne soit pas dans la deuxième division ou même en Top 14, ce n’est pas normal. Et c’est ce qu’il nous faut. Que le club revienne à un niveau qui soit attractif pour les spectateurs et pour créer un engouement encore plus fort.

Le club vient justement de restructurer son staff. Cela va-t-il dans ce sens-là ?

L’arrivée d’Arnaud Vercruysse et d’Alexandre Compan en tant qu’entraîneurs va nous apporter un nouveau souffle. C’est un duo expérimenté dans l’accompagnement de joueurs du monde amateur vers le monde professionnel. Exactement ce que l’on recherche. Ils ont été entraîneurs principaux dans des clubs qui ont eu de belles ascensions. Et ils ont une double caractéristique que je trouve intéressante, c’est qu’ils sont très bons techniquement et qu’ils sont de vrais managers d’équipe.

En plus de Steffon Armitage, de retour à Nice « où il a tous [s]es souvenirs d’enfance », le club a également investi sur d’autres recrues…

Oui, mais l’équipe ayant déjà un effectif très bien étoffé, qui doit pouvoir jouer la montée, on a fait le choix de ne pas changer grand monde. On veut construire petit à petit et pas tout chambouler sans arrêt. Nous avons six arrivées. Notamment celle du demi de mêlée Matthieu Lorré, qui a joué au Racing 92 et qui a une expérience assez importante du très haut niveau. Il a lui même participé à plusieurs montées. Il y a aussi un deuxième ligne, un centre très véloce et très puissant, un talonneur, un arrière et un troisième ligne sauteur. Ma conviction profonde, c’est qu’il faut des profils complémentaires. Je crois peu aux grands noms. Les joueurs doivent avoir envie de se donner ensemble. Le rugby, c’est un sport de combat qui se joue en groupe.

Avec tout ça, si vous deviez prendre le pari, Nice en Top 14, c’est pour quand ?

Ma conviction profonde, c’est que ce sera plus simple pour le club de jouer en Pro D2 qu’en Nationale. Le jour où on passera cette étape, le tissu économique, les spectateurs, tout le monde aura envie de venir au stade régulièrement et c’est tout le département qui poussera pour qu’on puisse encore monter. Alors, raisonnablement, je pense que si on a la chance de passer en Pro D2 la saison prochaine, on jouera le haut du panier pour pouvoir être dans les phases finales à horizon 5 ou 6 ans.

A l’Allianz Riviera ?

Oui, ou dans un autre stade. Dans la majorité des grandes villes, il y a toujours deux stades : un de 35.000 places, où on peut accueillir de très grandes affiches comme celles de ce week-end, et un autre de 10.000 ou 12.000 places qui pourra être plein tous les week-ends.