Roland Garros 2022 : Les petits secrets du préparateur physique de Léolia Jeanjean et Hugo Gaston

TENNIS Kevin Blandy est le préparateur physique des deux attractions françaises de la première semaine de Roland-Garros Léolia Jeanjean et Hugo Gaston

François Launay
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Hugo Gaston et Léolia Jeanjean
Hugo Gaston et Léolia Jeanjean — SIPA
  • Kevin Blandy raconte comment il a façonné le physique d’Hugo Gaston et Léolia Jeanjean pour Roland-Garros.
  • Les deux attractions françaises de la première semaine du tournoi parisien se sont entraînées à Toulouse avec le préparateur physique.

A Roland-Garros, 

De Toulouse à Paris, de l’ombre de la Ville rose aux spots de la Ville lumière, Léolia Jeanjean et Hugo Gaston, qui disputent ce samedi le 3e tour de Roland-Garros, ont construit leur succès avec le même tortionnaire. On exagère un poil car Kevin Blandy est plutôt du genre sympa et surtout fier des résultats de ses protégés.

« On travaille pour ça et on est content quand il y a des résultats probants », apprécie le préparateur physique de 35 ans à l’origine des bonnes surprises de 2022. En charge d’un groupe de pros au Stade Toulousain section tennis, il s’occupe aussi des jeunes licenciés de la Ligue Occitanie. Il nous raconte comment il a forgé le physique de deux chouchous du public français.

Kevin Blandy, le préparateur physique de Jeanjean et Gaston
Kevin Blandy, le préparateur physique de Jeanjean et Gaston - F.Launay/20 Minutes

La rencontre

Toulousain pur jus, Kevin Blandy connaît Hugo Gaston depuis ses premiers biberons ou presque. « Je l’ai connu quand il avait 7 ans. Il était à peu près aussi haut que le filet. Et même s’il a pu évoluer dans d’autres structures, on ne s’est jamais perdu de vue », raconte en souriant le préparateur physique. Avec Léolia Jeanjean, les relations ne sont pas si anciennes. S’il avait croisé la révélation de Roland-Garros dans sa jeunesse « elle sortait avec l’un de mes joueurs quand elle avait 14 ans », Kevin Blandy n’avait pas travaillé avec elle avant septembre 2020.

« On s’était vu en juin lors d’un stage organisé par la Ligue Occitanie à La Grande-Motte. Elle revenait des Etats-Unis où elle était partie faire des études. Physiquement, elle n’était pas au mieux. Elle avait l’idée de reprendre un peu le circuit principal mais ce n’était pas encore bien défini. C’est comme ça qu’elle est venue s’installer à Toulouse en septembre. »

Le travail

En bossant depuis le début avec Gaston, le coach physique a clairement participé à la construction du joueur de 21 ans. « On a connu toutes les étapes avec Hugo. C’est ça qui est hyper intéressant avec lui. Je l’ai vu grandir. On se connaît quasiment par cœur. Tous les deux, on a pu travailler tous les aspects de la performance au niveau physique d’un joueur de tennis. » Un boulot qu’a toujours apprécié le joueur.

« On bosse très bien, on bosse ce dont j’ai besoin et ce que j’ai "acquis", même si rien n’est acquis. Il me fait beaucoup de bien. Il sait que j’ai besoin de bosser en faisant des "exos" assez ludiques », racontait à 20 Minutes Hugo Gaston à l’issue de sa qualification pour le troisième tour.

Avec Jeanjean, qui a fait un break avec le tennis de haut niveau pendant quasiment dix ans, le travail a été bien différent. « Physiquement, elle n’était pas au mieux. Au début, le plus gros problème, c’était le volume d’entraînement où il fallait augmenter la dose. Dans un premier temps, on a fait un travail de fond, de prévention et après on a vraiment axé le travail sur les déplacements où elle avait des carences notamment dans la capacité à reproduire les efforts. »

Objectif atteint à en croire la joueuse. « J’ai beaucoup bossé sur le plan physique. Aux Etats-Unis, j’avais quand même perdu un peu de condition physique, j’avais pris un peu de poids, ce n’était pas évident de revenir. C’est là où j’ai fait le plus gros travail », apprécie Léolia Jeanjean.

Les axes de progression

A 21 ans, Hugo Gaston a encore une grosse marge de progression au niveau physique. « Il doit progresser partout. Il faut renforcer ses qualités de couverture de terrain, de déplacement, de travail d’appui sur lequel on a beaucoup travaillé ces dernières années et qu’il fait de mieux en mieux sur le terrain. »

Pour Jeanjan, le travail se situe surtout au niveau de l’hygiène de vie. « Elle doit se remettre dans l’état d’esprit d’une joueuse de tennis pro mais elle n’y est pas encore. Elle n’est pas du tout organisée comme une pro. Elle a beaucoup de talent mais en termes de préparation, il y a encore beaucoup de travail à faire », tranche Kevin Blandy.

L’avenir de la relation

Si avec Hugo Gaston, c’est un peu à la vie à la mort vu la durée de leur relation, on n’est pas du tout dans le même schéma avec Léolia Jeanjean. Alors que la joueuse était censée préparer Roland-Garros avec Blandy, elle a planté son préparateur physique il y a dix jours sans lui dire officiellement. Classe.

« J’ai appris via les réseaux sociaux qu’elle était sur Paris avec d’autres coachs. J’ai essayé de la contacter mais je pense qu’elle m’évite. J’espère qu’on pourra communiquer différemment et qu’on pourra avoir une explication à l’issue du tournoi », conclut le préparateur physique avec un brin d’amertume dans la voix.