Roland-Garros 2022: Inspiré par son ami Tsonga, Gilles Simon crée l’exploit et repousse ses adieux

TENNIS A 37 ans, Gilles Simon dispute son dernier Roland-Garros. Le désormais 158e mondial a éliminé le 18e, Pablo Carreño Busta, en cinq sets, dans la nuit de mardi à mercredi

N.S. avec AFP
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Gilles Simon, en route pour le deuxième tour lors de son dernier Roland-Garros.
Gilles Simon, en route pour le deuxième tour lors de son dernier Roland-Garros. — Thomas Samson / AFP

Cinq sets et 3h54 minutes de jeu. Gilles Simon a fait du Gilles Simon pour écarter Pablo Carreño Busta dans la nuit de mardi à mercredi : 6-4, 6-4, 4-6, 1-6, 6-4. A 37 ans, le Niçois a prolongé le plaisir d’au moins un match contre l’Américain Steve Johnson (92e mondial) pour son dernier Roland-Garros. Pour cela, celui qui dispute son ultime saison sur le circuit a donc estoqué un Espagnol, 18e à l’ATP et très dangereux sur ocre, dans une ambiance de stade de foot créée par quelques centaines de courageux supporteurs qui ont bravé le froid et la nuit.



« C’est énorme ! Quand j’arrive sur le terrain, j’ai l’impression que je n’ai pas gagné un match depuis trois ans, je joue Pablo qui est tellement fort, et finalement ça se passe bien, je sens que vous êtes là dès le début, mes bonshommes qui sont normalement couchés à 9 heures sont là… C’est juste irréel, parce que la victoire, quand je rentre sur le terrain, putain elle est loin… », a-t-il lancé au public du court Simonne-Mathieu.

« Et puis tu fais un bon set, tu te dis "c’est cool, je joue bien, je profite, il y a une ambiance de dingue, c’est génial". Tu te bats, tu en fais un deuxième [set], tu mènes deux sets à zéro et tu te dis "allez, ça pique, j’ai une ampoule à chaque doigt mais c’est pas grave" », a raconté l’ex-n°6 mondial, désormais 158e.

« C’est tellement improbable »

« Puis tout devient dur, gagner un jeu devient le bout du monde. Au début du cinquième, il faut y aller point par point, jeu par jeu, chaque fois que je demande, vous [le public] êtes là. J’essaie d’être courageux, je mets vraiment tout ce qu’il me reste, j’ai une crampe à chaque service. Et puis finalement, tu gagnes, c’est tellement improbable… », a-t-il poursuivi.

Simon, trois fois 8es de finaliste à Roland-Garros (2011, 2013, 2015) s’est dit inspiré par son ami Jo-Wilfried Tsonga, éliminé avec panache quelques heures plus tôt par Casper Ruud. « Il y a un truc important qui s’est passé aujourd’hui [mardi], c’est que mon pote Jo [Tsonga] a joué. Lui c’est pareil, ça fait trois ans qu’il ne gagne pas un match non plus. Vous ne vous rendez pas compte, mais il y a une petite peur du ridicule qui est là… »

« Ce que j’ai trouvé fantastique, c’est qu’on a vraiment vu Jo une dernière fois, on a vu le Jo qu’on a tous aimé, admiré. Il était fantastique et je me suis dit, peu importe les dernières semaines, il était là une dernière fois, il a fait un match énorme, et j’avais envie de faire pareil. Qu’on voit Gilles Simon une dernière fois sur le terrain, et grâce à vous tous, ça a été le cas », a-t-il encore lancé au public fanatique.