Violences sexuelles dans le sport : Plus de 600 signalements ont été enregistrés depuis 2020

ABUS Près de 90 % des affaires concernent des faits à connotation sexuelle, 10 % étant des faits de violences physiques ou psychologiques, et 80 % concernent des personnes de sexe féminin

M.F avec AFP
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Illustration d'un vestiaire
Illustration d'un vestiaire — Caneva

En accusant publiquement de viol son entraineur, la patineuse Sarah Abitbol semble avoir libéré la parole d'autres victimes. Depuis ces révélations début 2020, la cellule ministérielle qui recense les violences sexuelles dans le sport a enregistré de nombreux signalements. Au total, 655 personnes sont mises en cause, dont 97 % d’hommes, dans le cadre de 610 affaires au total, concernant 54 fédérations sportives, à la date de fin décembre 2021.

Ces chiffres ont été dévoilés mercredi lors de la 3e convention de prévention des violences dans le sport qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale, en présence de Roxana Maracineanu, ministre chargée des Sports, et de plusieurs autres ministres comme Jean-Michel Blanquer (éducation), Eric Dupond-Moretti (justice), et Adrien Taquet (enfance). « Le temps du silence est terminé » s’est félicité Roxana Maracineanu, devant quelques-unes des sportives victimes de violences par le passé : la patineuse Sarah Abitbol, la joueuse de tennis Isabelle Demongeot, ou encore l’athlète Catherine Moyon de Baecque.

Beaucoup d’éducateurs sportifs parmi les accusés

Fabienne Bourdais, déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport, a fait état d’une centaine d’affaires pour 2021 et d’encore « trente signalements depuis le début de l’année » 2022. « Ce sujet n’est pas derrière nous », a-t-elle commenté. « Cela témoigne que cette libération de la parole, sans doute encore relative, est effective » et aussi que les remontées ne concernent « pas que des faits anciens ». « La cellule est mieux connue et les faits remontent de manière plus systématique », a-t-elle dit.

Parmi les personnes mises en cause, il y a une « représentation importante des éducateurs sportifs », à plus de 60 % (365). 90 % des affaires concernent des faits à connotation sexuelle, 10 % étant des faits de violences physiques ou psychologiques, et 80 % concernent des personnes de sexe féminin. « Les garçons qui sont victimes le sont très jeunes, à moins de 15 ans », a aussi précisé Fabienne Bourdais.

Près de 70 % des enquêtes sont closes, a encore précisé Fabienne Bourdais. 47 % des mis en cause dans les affaires remontées à la cellule ont fait l’objet d’une plainte au pénal ou d’une main courante. Au niveau administratif, 291 mesures ont été prononcées par les préfets.