Violences sexuelles : « Nous ne pouvons plus nous taire ! »… Des athlètes français appellent à briser le silence

OMERTA Ils sont une cinquantaine, dont Teddy Riner, Nathalie Péchalat, Tatiana Golovin, Astrid Guyart ou Marie Martinod, ) à avoir signé une tribune publiée dans « Le Parisien »

N.C. avec AFP

— 

Astrid Guyart fait partie des signataires de la tribune des athlètes appelant à briser le silence sur les cas de violences sexuelles dans le sport.
Astrid Guyart fait partie des signataires de la tribune des athlètes appelant à briser le silence sur les cas de violences sexuelles dans le sport. — ALBERTO PIZZOLI / AFP

« Briser le silence, c’est aussi servir le sport » : plusieurs athlètes français de haut niveau ont appelé mardi dans une tribune à « donner de la voix » à la suite des révélations sur les abus sexuels dans le milieu du patinage français.

« Les révélations récentes d’agressions sexuelles subies par plusieurs jeunes sportifs font trembler le système et réveillent notre colère », ont écrit dans Le Parisien les membres de la Commission des athlètes de haut niveau du CNOSF (le Comité olympique français), parmi lesquels figurent Teddy Riner, Nathalie Péchalat, Tatiana Golovin, Astrid Guyart ou Marie Martinod.

« Nous ne pouvons plus nous taire ! »

« Nous exprimons notre soutien et notre solidarité avec les victimes (…) Nous ne pouvons plus nous taire ! Il est temps d’agir collectivement et de prendre conscience que briser le silence, c’est aussi servir le sport », ont poursuivi les quelque 50 signataires. La tribune a été publiée sur le site du Parisien quelques heures après l’annonce de l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, pour viols et agressions sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime.

Le scandale a éclaté avec la publication jeudi d’un livre témoignage de celle qui fut dix fois championne de France de patinage artistique en couple, multimédaillée européenne et mondiale en couple. Dans « Un si long silence » (éditions Plon), Sarah Abitbol accuse son ancien entraîneur de l’avoir violée alors qu’elle était âgée de 15 à 17 ans, des faits qui se seraient produits entre 1990 et 1992, une période en principe couverte par la prescription.

Vendredi, Gilles Beyer, 62 ans, a reconnu, dans une déclaration écrite «des relations intimes» et «inappropriées» avec Sarah Abitbol, lui présentant des « excuses » que cette dernière a refusées. D’autres anciennes patineuses ont émis des accusations contre Gilles Beyer et d’autres entraîneurs.

Mardi, les signataires de la tribune ont plaidé pour « la création d’une cellule d’écoute des victimes, indépendante des fédérations », ainsi qu’un contrôle systématique des casiers et antécédents judiciaires « des bénévoles, des entraîneurs et des dirigeants de clubs et de fédérations ». Ils ont aussi appelé à mettre en place des « actions de formation, de sensibilisation et de prévention » et des « mesures législatives » pour les personnes impliquées dans des affaires de violences sexuelles.