Paris veut former ses clubs de sport et agents à la lutte contre les violences sexuelles

SOCIETE Mille cinq cents à 2.000 agentes et agents de la Ville de Paris vont être formés à partir du mois de septembre

Aude Lorriaux
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Anne Hidalgo lors du match PSG - OL en février 2020.
Anne Hidalgo lors du match PSG - OL en février 2020. — Lionel Urman/SIPA
  • La mairie de Paris veut mieux prévenir les discriminations et violences sexistes et sexuelles dans ses espaces sportifs.
  • Mille cinq cents à 2.000 agents de la direction de la jeunesse et des sports de la ville de Paris devraient suivre des formations à distance sur le sujet, dès le mois de septembre.
  • Les conventions d’objectifs des clubs sportifs subventionnés par la ville comporteront une obligation de former leurs professionnels et bénévoles.

Les révélations de l’ancienne championne de patinage Sarah Abitbol, qui accusait son ex-entraîneur de l’avoir violée et agressée sexuellement, ont joué le rôle de détonateur. La mairie de Paris s’apprête à lancer un grand d’action sur les violences sexuelles et les discriminations, à destination des clubs sportifs parisiens, ainsi que de ses agents.

Objectif : informer et sensibiliser. Et former, d’abord. Mille cinq cents à 2.000 agents de la direction de la jeunesse et des sports devraient suivre des formations à distance, dès septembre. Ces formations ne seront pas dans un premier temps obligatoires, explique à 20 Minutes Pierre Rabadan, adjoint d’Anne Hidalgo en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques, mais les agents et agentes seront fortement incitées à les suivre. Une matinée de sensibilisation a déjà eu lieu le 22 juin dernier.

Même chose pour les clubs subventionnés par la mairie de Paris. Ceux qui touchent plus de 5.000 euros de subventions par an, soit une grosse centaine de clubs sur les 450 subventionnés par la mairie, verront leurs conventions d’objectifs comporter cette obligation de formation de leurs cadres et bénévoles.

Dispositif de signalement et référents

Une campagne d’information sera également lancée dès septembre, que l’adjoint à la maire de Paris veut « mettre à hauteur d’enfants et pas seulement d’adultes ». « Elle sera accompagnée de messages explicites et numéros utiles aux victimes et aux proches de victimes, en rapport avec les faits subis et/ou constatés », énonce la communication qui doit être lue par la maire lors du Conseil de Paris.

Enfin, la capitale étudie la mise en place d’un « dispositif simple » de signalement des violences pour les victimes, qui pourrait passer par « un mot ou d’une phrase clé ». Une référente ou un référent devrait être nommé dans chaque club pour faire remonter plus facilement les cas problématiques. « L’idée n’est pas de recréer un énième numéro », explique Pierre Rabadan qui prévient : « L’accompagnement des victimes ne relève pas simplement d’une ville. »

Une initiative du groupe communiste

La mise en place d’une cellule ministérielle de signalement des violences, dans la foulée de la parution du livre de Sarah Abitbol, avait permis de faire remonter en avril 445 cas de personnes mises en cause dans le sport français. Des agents, des professeurs et des éducateurs ont été suspendus.

Cette communication est fortement soutenue par le groupe communiste, dont le représentant de groupe, Nicolas Bonnet-Oulaldj, avait déposé en décembre 2020 un amendement budgétaire de 100.000 euros. L’élu du 12e arrondissement se réjouit d’une « grande avancée » et promet qu’il sera « le premier à mettre en place ce plan ».