Guerre en Ukraine : Les joueurs brésiliens du Shakhtar Donetsk réclament de l'aide pour quitter le pays

FOOTBALL La nombreuse colonie brésilienne du club ukrainien est exilée à Kiev, où elle assiste fébrilement aux événements depuis un hôtel du centre-ville

J.L.
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Tete, l'un des nombreux joueurs brésiliens qui évoluent au Shakhtar Donetsk.
Tete, l'un des nombreux joueurs brésiliens qui évoluent au Shakhtar Donetsk. — Irina R Hipolito/Shutterstock/SIPA

Ils viennent de rentrer d’un stage hivernal en Turquie, alors que la reprise du championnat ukrainien était prévue pour ce week-end, avant une suspension pour au moins 30 jours en raison de l'invasion russe dans la nuit de mercredi à jeudi. Les 13 joueurs brésiliens du Shakhtar Donetsk et leurs familles ont publié depuis un salon de l’hôtel Opéra à Kiev une longue vidéo sous forme d’appel à l’aide pour quitter le pays au plus vite.



« La situation est désespérée » pour les Brésiliens du Shakhtar

Junior Moraes, avant-centre du Shakhtar, a diffusé un message audio relayé par le journaliste de TNT Sports. « La situation est désespérée, lance le joueur de 34 ans. Je vous demande de divulguer cette vidéo afin qu’elle parvienne au gouvernement. Les frontières sont fermées, les banques, il n’y a pas de carburant, il n’y aura pas de nourriture, pas d’argent. Nous sommes réunis en attendant un plan pour quitter l’Ukraine. »

Joint par la Gazzetta Dello Sport, Roberto De Zerbi, l’entraîneur italien du club, explique lui aussi être présent à l'hôtel, d’où il regarde les files de voitures à l’arrêt qui tente de fuir vers l’Ouest de la capitale :

« Je suis dans ma chambre, c’est une mauvaise journée. J’ai attendu longtemps que la fédération suspende le championnat, depuis ce qui s’est passé avec le Donbass. Mais je n’ai pas bougé, parce que je suis là pour faire du sport et je ne pouvais pas tourner le dos au championnat, aux supporters qui nous suivent, j’ai treize Brésiliens, mon staff… on aurait pu rentrer chez nous au moins jusqu’à ce qu’il y ait la sécurité, mais nous avons attendu et ce soir les explosions nous ont réveillés. L’ambassade d’Italie nous avait exhortés à partir mais je ne pouvais pas tourner le dos au club et partir comme ça. Maintenant l’espace aérien est fermé et on est coincés »,

Mircea Lucescu, son homologue du Dynamo Kiev, par ailleurs longtemps entraîneur du Shakhtar, s’est lui aussi exprimé de manière décidée : « Je ne quitterai pas Kiev pour rentrer en Roumanie, je ne suis pas un lâche. J’espère que ces gens importants qui n’ont pas de cerveau vont stopper cette guerre. Je n’aurais jamais pensé que c’était possible ».