CAN 2022: « On a soif de victoire », prévient le sélectionneur des Comores, Amir Abdou

FOOTBALL Les Comores, et leur sélectionneur Amir Abdou, participent à la première Coupe d'Afrique des Nations de leur histoire

Adrien Max
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Amir Abdou, le sélectionneur des Comores.
Amir Abdou, le sélectionneur des Comores. — Kenzo Tribouillard / AFP
  • Les Comores affrontent le Maroc ce vendredi (17h) pour leur deuxième match de la Coupe d'Afrique des Nations.
  • Le sélectionneur des Cœlacanthes, Amir Abdou, a accordé une interview à « 20 Minutes ».
  • Malgré la défaite du premier match contre le Gabon (1-0), il espère toujours accrocher une qualification pour les huitièmes, alors que les Comores fêtent leur première participation dans cette compétition.

Des Comoriens ambitieux. A la veille de leur deuxième match de la Coupe d'Afrique des Nations contre le Maroc (ce vendredi, 17h), Amir Abdou, le sélectionneur des Comores, a accordé un entretien à 20 Minutes. Après une première défaite contre le Gabon (1-0), ses joueurs n’ont plus le droit à l’erreur pour arracher une qualification pour les huitièmes de finale. Car c’est bien l’objectif des Cœlacanthes pour leur première participation à la CAN.

Comment se passe votre début de CAN ?

On est un peu déçu du résultat, on s’attendait à mieux contre le Gabon. Je pense que l’équipe a réalisé une bonne prestation mais on est rentré timoré dans cette première rencontre. Il y a un petit peu eu ce côté émotionnel très difficile à gérer et on l’a payé cash en prenant rapidement ce but. Après on s’est réveillé, on a commencé à jouer, et on a même eu la possession du ballon. On méritait mieux. Je suis aussi un peu déçu au niveau de l’arbitrage, il y a une faute de main flagrante du gardien adverse qui prend le ballon en dehors de la surface. Et la Var ne fonctionnait pas alors qu’on aurait aussi pu obtenir un penalty en début de deuxième mi-temps. Mais le moral est bon et on se prépare pour le match de vendredi avec détermination.

N’est ce pas normal d’être un peu timoré pour votre première participation, ressentez-vous de la pression ?

Bien sur, c’est normal. Mais on ne ressent aucune pression. C’est difficile de rentrer dans une compétition, surtout quand on la découvre. On veut bien faire, et ça passe par la gestion des émotions. J’avais prévenu mes joueurs, lors du dernier rassemblement de septembre, qu’il fallait faire abstraction de ça. Mais on a du mal à y échapper et on l’a payé cash avec ce but qu’on a pris rapidement.

Quel est votre objectif pour votre première participation à cette CAN ?

On est compétiteurs donc l’objectif c’est une qualification pour les huitièmes de finale même si on sait que ça va être difficile. On a soif de victoire. Les matchs se jouent sur terrain neutre, les adversaires veulent aussi se qualifier et le Maroc, vendredi, voudra enchaîner sur une deuxième victoire pour se mettre à l’abri. Pour aller chercher un résultat, il faut toujours y croire. On a déjà pris en compte tous les paramètres de nos adversaires, qui ont un fort potentiel, dans ce groupe de qualité. Mais on connaît aussi nos possibilités pour les contrarier, il faudra en conséquence être très performants.

Qu’est-ce qu’il vous a manqué dans ce premier match contre le Gabon ?

On a eu la possession de balle mais on a flanché dans les 20 derniers mètres. C’est juste la finition qui nous a manqué, on n’a pas été performant dans ce domaine et il faudra gommer tout ça. On s’est remobilisé, les joueurs sont au diapason, les compteurs sont remis à zéro pour le match contre le Maroc.

Est ce un rêve pour vous et vos joueurs de participer à cette CAN ?

On est très contents de jouer cette CAN, mais ce n’est pas un rêve. On y est, et on n’a pas volé notre qualification. On est allé la chercher tous ensemble. Quels que soient nos adversaires, la seule chose qui compte c’est le résultat.



Racontez-nous comment vous êtes parvenus à bâtir cette sélection et obtenir cette qualification en CAN ?

Le travail a été de bâtir un collectif, de structurer cette équipe-là en essayant d’avoir les meilleurs joueurs à tous les postes. On a réussi à poser les fondations, avec un travail cohérent qui nous a permis d’aller titiller les autres équipes.

Est-ce que c’est compliqué de convaincre des joueurs de rejoindre la sélection des Comores ?

Il n’y a pas vraiment besoin de les convaincre vu les résultats qu’on a, et pour jouer des compétitions comme celle-là. Tous les joueurs ont envie d’y participer. S’il a fallu les convaincre, c’est par le projet qu’on leur a présenté et ses orientations. Ils ont tous pu y croire en les accompagnant à être performant.

Comment jugez-vous l’organisation de cette CAN, alors qu’en France beaucoup ont injustement moqué les erreurs d’arbitrage ou l’absence de l’hymne de la Mauritanie ?

Nous sommes en immersion totale, entre l’hôtel et le stade, et nous n’avons pas rencontré de souci sur le plan de l’organisation. Pour les erreurs d’arbitrage, il y en a partout, en Afrique, mais aussi en Amérique du Sud, en Europe. C’est tombé sur la Tunisie, mais nous aussi on a vécu des erreurs d’arbitrage. Ça fait partie du jeu et il faut en faire abstraction. Ce qui est important, c’est d’arriver à marquer plus de buts que nos adversaires.