RC Strasbourg : Pourquoi il n’y a plus d’incidents graves avec les supporters au stade de la Meinau

FOOTBALL Le stade de la Meinau est régulièrement cité parmi les plus belles ambiances de France

Thibaut Gagnepain
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Le kop du Racing, l'un des plus bruyants de France.
Le kop du Racing, l'un des plus bruyants de France. — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • Les incidents du match entre l’OL et l’OM l’ont tristement rappelé : des actes isolés peuvent arriver dans un stade et stopper un match.
  • A Strasbourg, des débordements ont déjà eu lieu. Comme en 2000 quand l’arbitre assistante Nelly Viennot avait été touché par un jet de pétard. Mais depuis, le stade de la Meinau n’est plus sujet aux débordements.
  • Le RC Strasbourg, sans vouloir « donner de leçon », dévoile sa méthode.

Un pétard jeté depuis les tribunes et une arbitre de touche qui s’écroule. En décembre 2000, le stade de la Meinau était le théâtre d’un grave incident. En plein RC Strasbourg-FC Metz, Nelly Viennot sortait sur une civière, en sang, avant que le match ne soit stoppé.

Deux décennies plus tard, l’enceinte alsacienne ne fait plus l’actualité pour des débordements. Mieux, l’ambiance qui y règne est régulièrement citée comme l'une des plus belles de France. « C’était extraordinaire. Franchement magnifique. On m’en avait parlé, je constate », s’enthousiasmait encore le défenseur strasbourgeois Gerzino Nyamsi mi-septembre. Après un derby de l’Est, toujours face aux Messins, sans accroc. La Meinau serait-elle devenue exemplaire ?

« Il y a encore des incidents réguliers mais qui sont gérés », nuance Alain Plet. Le directeur général adjoint du club cite notamment des « jets de projectiles [des gobelets] ou l’utilisation de fumigènes ». « Dans ces cas-là, on applique la loi Larrivé [de 2016] qui nous permet de prononcer des interdictions de vente de billets ou des suspensions d’abonnements », précise-t-il en expliquant que « tout comportement déviant doit être sanctionné ».

« Une relation de confiance » avec les supporters, selon le club

Pour les éviter au maximum, le RC Strasbourg mise depuis des années sur le dialogue avec ses fans. Comme dans la plupart des clubs, un poste « d’officier de liaison supporters » a même été créé en 2018. Arnaud Szymanski l’occupe. « Je suis en relation permanente avec les associations, les ultras encore plus. Ils ne sont pas toujours d’accord avec nous mais aucune ne pose problème, détaille-t-il. On fait aussi beaucoup pour eux, comme en leur laissant des accès au stade pour installer leur matériel. Une relation de confiance s’est installée et ils se sentent considérés. »

« On dialogue beaucoup et ça se passe très bien », confirme Philippe Wolff, le président de la Fédération de supporters du RCS. « Une sorte de respect s’est installée avec le club. Même quand il y a des problèmes sur le terrain, on ne cherche pas à marquer contre notre camp. » Mieux, les associations comme la sienne seraient plutôt du genre à éviter qu’un de leurs membres ne dérape. « Je ne peux pas être derrière les 600 mais quelqu’un qui fait n’importe quoi, ce n’est pas dur à voir. Et je n’irai pas le défendre ensuite. »

« Nos supporters seront les premiers à choper le fautif »

« Il y a eu pas mal de campagne de communication sur le sujet. Nos supporters seront les premiers à choper le fautif », prolonge Alain Plet, qui peut aussi s’appuyer sur un système de sécurité renforcé à chaque rencontre. Avec « 300 à 350 personnes mobilisées », sans oublier toutes les caméras. Combien précisément ? « Suffisamment pour couvrir tous les points névralgiques du stade, avec quatre opérateurs derrière les écrans », répond le directeur général adjoint, « sans vouloir donner de leçon à personne ».

Car le Racing le sait, toutes ces mesures peuvent être mises à mal par un acte isolé. Comme à Lyon dimanche soir, où un individu a jeté une bouteille d'eau au visage du joueur marseillais Dimitri Payet. « L’OL est un club très bien organisé. Un idiot qui jette un truc, ça peut arriver partout. C’est notre crainte, ça pourrait mettre le doute ici et ruiné tout le travail de plusieurs années. On n’est à l’abri de rien. »