France - All Blacks : Les Bleus taillent la Nouvelle-Zélande en pièces, quel pied mais quel pied !

RUGBY Dominateurs et conquérants, les joueurs de Fabien Galthié ont offert une soirée mémorable aux supporters français à Saint-Denis (40-25)

Julien Laloye
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Romain Ntamack inscrit un essai lors de France - Nouvelle-Zélande le 20 novembre 2021
Romain Ntamack inscrit un essai lors de France - Nouvelle-Zélande le 20 novembre 2021 — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Au Stade de France

Qu’on nous donne la Coupe du monde tout de suite, avec Léa Seydoux et la mallette Vuitton. Et puis des lunettes plaquées d’or de chez Gucci pour Fabien Galthié. Ah, et aussi le Ballon d’Or pour Toto Dupont. On s’emballe un peu, et alors ? La dernière fois qu’on a regardé un France – All Blacks in situ, en 2015, les Bleus en avaient ramassé 60 et ne savaient plus où se cacher dans les couloirs du Millenium pour sécher leurs larmes de honte. Six ans après, le rugby français a réussi à sortir du cercueil plus vite qu’Uma Thurman dans Kill Bill. 40-25 contre des Blacks rincés, certes, des Blacks en blanc, pour une fois qu’on les rouste les salopiots, mais les Blacks quand même.

Une première mi-temps magique

Comment raconter ce match de déglingos ? Une mi-temps à ne voir que du bleu, des cocottes comme on en fait plus, et un Mauvaka qui soigne ses stats en sélection malgré un ou deux lancers égarés en route. Le Stade de France avait à peine le temps de reprendre son souffle entre deux Marseillaises, et les Tout Noirs se faisaient mâcher sur chaque impact, renversés par l’autobus Danty et la férocité des avants tricolores. 24-6 à la pause, on s’amusait à faire les comptes.

Ce serait-y pas le plus gros écart ever contre la Nouvelle-Zélande ? Il manquait un point, réflexion faite, dont on ne verrait pas la couleur après le repos. Un mauvais coup de pied de Jaminet, le seul depuis que l’arrière tricolore a débarqué comme une boule de bowling à Marcoussis, un ou deux coups de sifflet déplaisants de Wayne Barnes, par ailleurs fort aimable avec nos garçons, et les Blacks étaient revenus à 27-25 en deux coups de cuiller à pot.

La relance de Ntamack a tout changé

Le drame était tout proche, puisqu’on ne mène pas de 20 points contre les Blacks tous les jours, ni même tous les dix ans, et notre colonne vertébrale frissonnait de peur sur un coup de pied à suivre dans les 22 tricolores. Et là, le mi-mi, le ra-ra, le miracle. Enfin, l’inspiration phénoménale de Romain Ntamack. La logique commandait à l’ouvreur toulousain d’aplatir dans son en-but quitte à concéder une mêlée à cinq mètres, mais le fils de Milou a vu quelques relances du paternel depuis l’espace, alors il a fait demi-tour torse en-avant, et rebondi entre les défenseurs blacks dans un moment irréel. 80 mètres plus loin, Savea prenait un jaune pour éviter un essai presque fait, et les Bleus recliquaient le cerveau d’un coup.

Dix dernières minutes à presque profiter de l’instant après une interception volante de Damien Penaud. 40-25, un résultat à encadrer, à deux ans du match d’ouverture de la Coupe du monde au même endroit. Et à savourer, aussi. On a bien cru que les hommes de Galthié ne quitteraient jamais Saint-Denis, après de longues étreintes avec leurs adversaires et un tour d’honneur à vous foutre les poils. Il y a des soirées qu’on aimerait ne jamais voir finir.