Tournoi de Bercy : Djokovic versus Medvedev, la nouvelle réalité (et rivalité) du circuit ?

TENNIS Le Serbe a pris sa revanche après l’US Open dans une affiche qui pourrait bien devenir un classique des mois (années ?) à venir

Julien Laloye
— 
Daniil Medvedev et Novak Djokovic ont livré une superbe finale à Bercy.
Daniil Medvedev et Novak Djokovic ont livré une superbe finale à Bercy. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Novak Djokovic s’est imposé en finale du tournoi de Bercy après un match très disputé face à Daniil Medvedev (4-6, 6-3, 6-3).
  • Le Serbe a pris sa revanche de l’US Open face à son plus dangereux adversaire des derniers mois.
  • L’affiche entre les deux hommes est aujourd’hui la plus excitante que peut offrir le circuit ATP.

A Bercy,

C’est un match qu’on s’est tâté à liver avant de se lancer et dieu sait qu’on aime le tennis, pourtant. Mais voilà, c’est dur pour tout le monde de se faire à l’idée que Federer et Nadal sont bientôt à l’hospice et que le choc le plus affriolant du tennis aujourd’hui, c’est un duel entre Novak Djokovic, encore frais comme un gardon malgré ses 34 ans, et Daniil Medvedev, numéro 2 mondial et tourmenteur du Serbe à New-York début septembre.

« Je savais qu’il voudrait une revanche »

Cette fois, cela a basculé en faveur de Novak. Trois petits rien, alors que Le Russe semblait jouer à sa main dans le premier set. Lui-même n’a pas vraiment identifié « de tournant » dans la rencontre. Juste un Djoko de plus en plus précis sur le court. « C’était un bon match de tennis contre un des meilleurs joueurs de l’histoire. Il a été plus fort que moi dans les moments clés. Je savais qu’il voudrait une revanche et j’ai rapidement senti qu’il voulait absolument gagner ».

Tout était réuni, en effet. Le souvenir douloureux de Flushing, un public largement acquis à sa cause, puisque toute la communauté serbe de Paris avait acheté ses places pour le dimanche et même la présence de ses deux enfants, Stefan et Tara, que Djokovic a embrassés fissa après la victoire. « C’est la première fois que toute ma famille est réunie pour un de mes matchs en France et c’était une très belle sensation de l’avoir avec moi ». On peut penser que le papa gaga, comme n’importe quel papa, n’avait pas spécialement envie de perdre devant ses deux petits monstres et qui sait, ça a peut-être aidé un peu, notamment dans un jeu très accroché à 5-3 dans le deuxième set.



« Un joueur qui tire Djokovic vers le haut »

On frôlait alors une qualité de jeu indécente, avec d’un côté la couverture de terrain impayable de Daniil et de l’autre les élans offensifs de Novak, qu’on a jamais vu aussi aventureux au filet. « Ce qui est hyper riche dans ce match, c’est qu’on a vu que Novak Djokovic était obligé de sortir de sa filière alors que contre n’importe qui d’autre, quand il est fort du fond, il gagne, juge Arnaud Clément, qui a commenté la rencontre sur Eurosport. Là il rencontre un joueur qui le tire vers le haut, comme seul pouvait le faire Nadal, Federer, ou Murray ». Le seul dans ce cas, alors que Tsitsipas, par exemple, n’a jamais vraiment semblé pouvoir plier la finale de Roland malgré deux sets d’avance au printemps dernier ?

« On voit que Medvedev est capable de rivaliser avec un grand Djokovic sur les grands matchs. Pour l’instant on n’avait pas vu les jeunes pouvoir le faire, lui le fait systématiquement. C’est officiellement le dauphin, celui qui pourrait le contester l’année prochaine ». Celui qui le rend meilleur, alors que les glorieux adversaires d’antan sont bientôt rangés des voitures. Personne, d’ailleurs, n’a forcé Djoko a parlé d’une « rivalité qui s’écrit » dans son discours de victoire, non sans avoir pris le temps de demander la traduction précise de sa pensée à Sébastien Grosjean, venu remettre le trophée du vainqueur 20 ans après sa finale.

La rivalité du futur ?

Les deux hommes s’étaient d’ailleurs entraînés ensemble récemment dans le sud de la France, où ils vivent à l’année et le secret avait été bien gardé sur l’issue du set d’entraînement disputé par les deux hommes. « Un tie-break très serré », a simplement voulu lâcher Medevedev dans la semaine.



Commentaire de Novak, après sa victoire dimanche : « Daniil n’a pas de points faibles dans son jeu, il a beaucoup amélioré son coup droit et il est capable de prendre le point à son compte, sa défense est extraordinaire pour sa taille. Je pense que c’est le leader de la génération qui arrive, il se rapproche de la place de numéro 1 mondial, je suis sûr qu’il y parviendra un jour. D’ici là, moi et quelques autres vont tenter de résister un peu »

Le bilan des face-à-face après Bercy, six victoires à quatre pour Djokovic, reflète un rapport de force équilibré, le propre d’une rivalité capable de s’installer dans le temps et dans la rétine du public, même si à 34 ans, l’homme aux 37 Masters 1.000 (record absolu) est plus près de la fin que du début. « Quand on connaît Novak, je pense que c’est impossible de dire qu’on a pris un ascendant psychologique sur lui. Je ne me pose pas de questions quand je le rencontre de savoir qui a l’avantage ou pas. C’est ça la vie de compétiteur ». Prochain épisode à Turin, pour le Masters de fin d’année. Prévoyez le pop-corn.