Masters 1000 Paris-Bercy : 7e finale à Paris et 7e fin d'année sur le trône de l'ATP pour Djokovic

TENNIS Novak Djokovic a battu Hubert Hurkacz en trois manches pour s'ouvrir les portes de la finale à Bercy

William Pereira, à Bercy
— 
Novak Djokovic
Novak Djokovic — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Novak Djokovic a battu Hubert Hurkacz en demi-finale du Masters 1000 de Paris-Bercy
  • Cette victoire lui permet d'atteindre sa 7e finale à Bercy
  • Le Serbe est assuré de terminer l'année à la première place mondiale pour la 7e fois, un record

On l’oublierait presque après le petit burn-out dans la foulée de ses échecs à l’US Open et aux Jeux olympiques, mais quelle année Novak Djokovic est en train de nous pondre. En venant stopper le joli parcours d’Hubert Hurkacz à Bercy (3-6, 6-0, 7-6) en trois manches intenses (surtout la dernière), le Serbe s’offre la septième finale de sa carrière à Bercy et, puisque le chiffre 7 lui porte-bonheur, le droit de terminer l’année à la première place mondiale pour la septième fois de sa carrière. De quoi enorgueillir la bête : « je suis très fier et reconnaissant de pouvoir marquer l’histoire avec cette position de numéro 1. »

Personne ne fait aussi bien, pas même « l’idole » Pete Sampras, désormais dans le rétroviseur du Serbe, lequel ne se cachait pas vendredi être venu à Paris pour « conserver cette place ». Ce à quoi il ajoutera, encore tout essoufflé de sa baston avec Hurkacz : « et quel match pour y arriver ! »

Opposition de style

C’est vrai qu’on s’est surpris à passer un bon moment dans une Arena certes moins bouillonnante que pendant les matchs d’Hugo Gaston mais aussi plus remplie qu’en semaine. Avec quelques désagréments, comme celui de ne pas pouvoir s’étaler comme sur le canap en tribune presse mais bon, pas de quoi faire un drama non plus. Bref, le match. Une bonne vieille baston comme on les aime, chacun dans son style – Djoko tout en variations, Hubert tout à plat et en force – et pas grand-chose à jeter sur les deux heures de film.



Allez, si, il y a bien eu ce deuxième set où, complètement à côté de ses pompes après le gain de la première manche, le Polonais s’est vu punir d’une roue de vélo express, comme à chaque fois qu’on se relâche 30 secondes contre Sa majesté. « Son service et sa relance sont incroyables, s’incline Hurkacz après le match, et ça exerce beaucoup de pression sur les épaules de l’adversaire. Il faut se battre sur toutes les balles. »

Le retour du manque affectif

On sent quand même bien que la machine est un peu rouillée. Nole jouait son troisième match depuis l’US Open et a encore besoin de minutes dans les pattes pour se mettre dans le rythme de ses adversaires, surtout ceux qui comme le Polonais, couraient depuis des semaines derrière une place pour la grand-messe de fin d’année à Turin. C’était beaucoup mieux à partir du deuxième, mais on n’oubliera pas le trou d’air à 4-2, un break d’avance dans le troisième set, qu’il aurait pu conclure autrement que dans la douleur au tie-break s’il ne s’était pas laissé rattraper par son éternel manque affectif, lui qui rêvait à Paris d’une vague d’amour comme celle de Flushing Meadows. Le Djoko qui gagne n’accepte pas toujours d’affronter un public acquis à la cause de l’adversaire, comme en témoigne l’applaudissement ironique en direction des tribunes sur la double-faute précédent le débreak d’Hurkacz.

Ce sont des matchs à haute intensité, avec une grande foule qui soutient les deux adversaires et, dans l’intensité de la bataille, on peut se prendre au jeu. Bien sûr, je n’ai pas aimé ça sur le coup, mais peu importe. Je ne pense pas qu’un groupe soit venu pour m’ennuyer. Il y a juste des gens qui soutiennent leur favori. Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois que je vais vivre cela. »

En finale, Novak Djokovic retrouvera Daniil Medvedev, l’homme qui l’a privé de Grand Chelem à l’US Open mais aussi celui qui lui a permis de goûter à la compassion qu’un stade de tennis offre à ceux qui savent perdre. Ce qui n’est ni la qualité première du Serbe, ni son intention. « La dernière fois que nous nous sommes joué Daniil m’avait débordé, je l’avais battu en Australie. Il y a 10 jours, on s’est entraîné. On a fait un set ensemble. C’était franchement très tendu, et drôle. J’espère que les fans pourront apprécier un match haletant demain. » Il y a des chances, oui.