Masters 1000 de Paris-Bercy : « J’ai beaucoup crié »… Comment le box d’Hugo Gaston l’a aidé à renverser Carreño Busta

TENNIS Très mal embarqué à Bercy, Hugo Gaston s'est offert une remontada grâce au public et à son clan

William Pereira, à Bercy
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La rage du Français Hugo Gaston face à l'Espagnol Pablo Carreno Busta lors de la troisième journée de l'ATP Paris Masters à l'AccorHotels Arena de Paris le 3 novembre 2021.
La rage du Français Hugo Gaston face à l'Espagnol Pablo Carreno Busta lors de la troisième journée de l'ATP Paris Masters à l'AccorHotels Arena de Paris le 3 novembre 2021. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Franck Moses, « comme Bruce Willis dans Red », s’accoude à la barrière qui délimite le box d’ Hugo Gaston, tout juste vainqueur de Pablo Carreño Busta en 16es de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy. « J’ai beaucoup crié, aujourd’hui. » Il n’a en effet plus de voix, et vient tout juste de remettre sa veste par-dessus le seul maillot du Stade Toulousain qu’il portait pendant la rencontre. L’air est pourtant frais en tribune, on se les pèle un peu avec notre combo pull-t-shirt ; mais bon, l’ami de longue date et capo de circonstance du joueur français n’a pas vraiment eu le temps de le sentir pendant les trois heures de baston.



Entre chaque point, il se lève, applaudit, crie, chante et harangue le public qui finit par le suivre, le tout avec l’appui des meilleurs amis d’Hugo, avec qui ce dernier a été champion de France en minimes par équipes. « Ils lui ont fait la surprise de venir, on a roulé cette nuit en voiture. Tout le monde est venu [en dernière minute]. On voulait lui faire la surprise pour marquer le coup pour son entrée dans le top 100. » Top 80, même, grâce au succès du jour, le plus grand de sa carrière avec celui contre Stan Wawrinka à Roland-Garros en 2020, même si l’intéressé refuse la comparaison. Profitons de ces deux monstres.

Gaston promet de continuer à se servir du public de Bercy

Comparons quand même ce qui est comparable. Mené d’un set contre un joueur classé 17e mondial – curieuse coïncidence – et même d’un break contre lui à 4-3, le jeune Toulousain est revenu de là où peu l’en pensaient capable.

« C’était très mal embarqué mais j’ai pu compter sur un très bon public, qui a joué un rôle très important pour moi dans ce match, c’est pour ça que je demandais l’aide du public, j’en ai besoin. »

Franck n’a pas attendu de voir son pote dos au mur pour jouer les chauffeurs de salle. Ce rôle, il le connaît pour avoir écumé les ambiances de Coupe Davis et pour avoir déjà pris part au spectacle contre Wawrinka, et il n’ignore pas qu’il peut aider un homme éreinté par les qualifs à surpasser ses douleurs dorsales – Hugo Gaston a encore fait appel au kiné mercredi. « Il fallait un supplément d’âme. Je l’ai dit à Hugo : "Si on peut t’apporter le petit supplément d’énergie qui va te manquer, on va essayer." A la fin, ça a même pesé sur Pablo, on l’a vu plus crispé, même au service où il finit par faire une double faute. »

La team Gaston
La team Gaston - Franck Moses

Hors de question pour autant de retirer le mérite à celui que son pote imagine déjà en « Schwartzman français », rapport à la taille (1m73) et à la grinta de l’Argentin. Mais Hugo Gaston n’est pas dupe et renvoie la balle dans l’autre sens. « Le public, ça m’aide. Je vais continuer à m’en servir parce que je sais que ça peut me rendre fort. » Au point de battre Sinner ou Alcaraz au tour suivant ?