OM - PSG : « C’est l’un des plus beaux tifos qu’on a fait », se félicitent les ultras marseillais

A JAMAIS LES PREMIERS Le choc a été marqué par un magnifique tifos en 3D, symbolisant la ferveur marseillaise à travers ses ultras et l’allumage de plusieurs dizaines de fumigènes

Adrien Max
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Le tifo du virage sud pour OM - PSG.
Le tifo du virage sud pour OM - PSG. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Les deux groupes du virage sud du Vélodrome, le Commando Ultra 84 et les South Winners ont réalisé un magnifique tifo en 3D dimanche lors d'OM - PSG. 
  • Ils regrettent que les médias français débattent plus des jets de projectiles que de leur prouesse. 
  • Hamza, l'un des capos des Winners, raconte les coulisses de la confection d'un tifo qui restera dans les mémoires locales. 

Vingt-quatre heures après le coup de sifflet final du classique entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain (0-0), ils étaient encore quelques membres du Commando Ultra et des South Winners à s’affairer au stade Vélodrome, lundi dans la soirée. Pour finir de démonter l’immense tifo qui a illuminé le virage sud du stade Vélodrome dimanche.

« On est super satisfaits. Honnêtement que ce soit pour les jeunes ou les anciens, c’est l’un des plus beaux tifos qu’on a fait. Encore aujourd’hui, on reçoit plein de messages. On est choqués de l’impact qu’il a pu avoir », savoure Hamza, l’un des capos des Winners.

Un magnifique tifos en 3D, symbolisant la ferveur marseillaise à travers ses ultras, et l’allumage de plusieurs dizaines de fumigènes, resteront aussi gravé dans la mémoire des 67.000 personnes présentes dimanche. Un spectacle qui se peaufine depuis deux ans, déjà. « En fait on l’avait prévu pour le match OM - Paris de 2020 qui a finalement été annulé à cause du confinement. On s’était déjà mis d’accord sur les dessins, leurs positions et on avait commencé à tracer tout ça. Avant de tout laisser en suspension », relate-t-il.

Pablo Longoria a passé une tête au local

C’est en début de semaine dernière qu’une cinquantaine de personnes des deux groupes, s’est activée. Avec une organisation « quasi militarisée ». « Il y a ceux qui donnent les consignes, et ceux qui les exécutent. On a dû faire les remplissages, les détails des visages, les lundi et mardi. Ensuite le jeudi, vendredi et samedi on a fait les découpes et les poses sur le filet. On a des gens qui dessinent, d’autres qui peignent, et un voilier nous coud notre grande voile », liste le spécialiste.

Pablo Longoria, le président de l’OM est même venu leur rendre une petite visite pour les encourager dans leur travail. « Ça fait chaud au cœur de voir la direction impliquée dans le travail des supporteurs, ça montre son respect envers les supporteurs », estime Hamza.

Des essais ont eu lieu dès samedi au stade Vélodrome parce que « tout est chaud, à tous les niveaux ». « À partir du moment où tu projettes le dessin il ne faut pas se louper sur le traçage. Après il ne faut pas être un milliard pour lever le tifo parce que s’il n’y a qu’une petite erreur, tout est foutu ». Et c’est un sans-faute qu’ont réalisé les supporteurs du Commando Ultra et des South Winners, dimanche.

« On va être sanctionnés, mais ça restera à jamais gravé dans notre mémoire »

Une réussite éclipsée dans les commentaires par le comportement de certains supporteurs pendant la rencontre. Et ça a le don d’énerver Hamza. « Que ce soit en Amérique Latine, en Angleterre ou ailleurs en Europe, tout le monde vante notre mérite et celui des ultras français. Et en France, on débat pour les fumigènes. Pourquoi les autorités ne se servent pas de ce savoir-faire ? Ce n’est pas en infligeant des punitions comme à l’école, que ça va résoudre le problème », déplore-t-il.

Ultras comme Winners savent d’ailleurs qu’ils seront lourdement sanctionnés, alors que tous les groupes de supporteurs de l’OM étaient sous le coup d’une fermeture, pour usages d’engins pyrotechniques. « On payera le prix, on est des grands garçons. On sait qu’on va être sanctionnés mais ça restera à jamais gravé dans notre mémoire. On assumera notre passion », clame Hamza.