Vendée : « J'ai dû batailler pas mal »... Seul surfeur pro du coin, Tristan Guilbaud côtoie le sommet de la vague

SUR LA VAGUE Parti des plages de Vendée, Tristan Guilbaud fait aujourd’hui parti des meilleurs surfeurs mondiaux. Il est aujourd’hui le seul surfeur professionnel de la région. Retour sur un parcours atypique avant les championnats de France qui ont lieu chez lui, aux Sables-d’Olonne

Pierre-Alexandre Aubry
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Tristan Guilbaud sera présent aux Championnats de France de surf, aux Sables-d'Olonne.
Tristan Guilbaud sera présent aux Championnats de France de surf, aux Sables-d'Olonne. — Nicolas Michon
  • Tristan Guilbaud est le seul surfeur professionnel de Vendée. Il revient sur son parcours, loin d'être linéaire.
  • Il sera présent aux Championnats de Fance de surf qui se déroulent du 23 au 31 octobre aux Sables-d'Olonne. 

Retour aux sources pour Tristan Guilbaud. À l’occasion des championnats de France de surf du 23 au 31 octobre, ce Vendéen originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sera présent sur la côte de son département. A 30 ans, le surfeur retrouvera les vagues de son enfance. Celles qu’il a domptées dès l’âge de 11 ans, sur sa première planche, fabriquée par son père. « C’est lui qui m’a donné cette passion. On essaye de surfer ensemble quand je rentre en Vendée », raconte Tristan, surfeur professionnel depuis dix ans.

Son parcours professionnel n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Alors qu’il prend ses premiers bouillons sur le tard, à l’âge de 11 ans, le Vendéen intègre ensuite le seul sport-études de surf en France, à Bayonne. Une transition « spéciale » pour lui, où il découvre un nouvel environnement de glisse. « En Vendée, le surf n’était pas hyper développé par rapport aux Landes ou aux Pays basque. Il n’y a pas de parcours tout tracé pour devenir surfeur professionnel. J’ai dû batailler pas mal », raconte-t-il.

De la Vendée au top mondial

Le jeune vendéen fait alors face à une forte concurrence et doit « se battre » pour se faire sa place. « Ça a pris des années. Surtout quand tu arrives d’une région pas trop reconnue… ». Il tape pourtant dans l’œil de Quicksilver, qui le soutient jusqu’à ses 20 ans. Puis plus rien. Dans le creux de la vague, Tristan remet en question son avenir. « Je sortis pourtant d’une bonne saison, où j’étais 8e Européen chez les moins de 21 ans. Mais sans sponsor, ce n’est pas possible. »

Puis c’est la marque Protest qui le fait signer dans ses rangs. Marque qu’il représente toujours aujourd’hui, et avec laquelle il enchaîne les bonnes performances sur les plages du monde entier. Dans le Top 8 européen, le Vendéen tâte désormais « le haut du panier mondial » et s’est qualifié pour la première fois cette saison, aux Mondiaux, qui réunissent les 80 meilleurs surfeurs de la planète. Il faut dire que le surfeur a mis les bouchées doubles pour atteindre ce niveau. Renforcement musculaire trois fois par semaine et surf tous les jours, « peu importe les conditions » : voilà la recette de Tristan Guilbaud.

« Beaucoup mieux qu’à 20 ans »

Celui qui vit désormais à Cap breton, dans les Landes, retrouvera les vagues de sa jeunesse à l’occasion des Championnats de France, qui débutent ce samedi aux Sables-d’Olonne. Il y surfera non loin de ses spots préférés en Vendée : Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Brétignolles-sur-Mer.

« Je suis content de représenter la région. C’est toujours un plaisir de surfer pour la Vendée ». Même s’il ne vise « pas de place particulière », Tristan fera la fierté de tout un département. « Je me sens beaucoup mieux qu’à 20 ans. C’est limite grisant de voir qu’à 30 ans, je performe comme ça ! » Le Vendéen a encore de belles sessions devant lui.